Résumé

Charles Schoebel Le Râmâyana au point de vue religieux…

Si la magie même, sitôt qu'elle entre en scène, réclame son droit à l'existence comme si elle était une réalité positive, à plus forte raison les autres faits extraordinaires se refuseront à être pris pour des abstractions. La magie est d'ailleurs une des chevilles-ouvrières de tout le poème, bien que les bhâgavatas râmânujas, ces disciples extrêmement nombreux du Viçishtadvaita, (un idéalisme mitigé du Védanta) qui rendent à Râma un culte d'adoration, repoussent la magie et sa source, la Màyâ. Mais n'importe, dans notre poème la magie est considérée comme une réalité.
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Charles Schoebel Le Râmâyana au point de vue religieux…

Dans les idées indiennes où l’influence du çivaïsme prédomine c’est donc une certaine perfection, la perfection qui est le fruit de l’ascétisme, d’un ensemble de pratiques mécaniques appliquées sans pitié mais toujours exorbitantes, qui est seule en puissance de magie. Or, comme dans notre épopée un des représentants les plus fanatiques de l’ascétisme est Viçvamitra, voyons comment ce kshatriya devint le modèle et le parangon des ascètes et, par suite, le rishi des brahmanes, le maître du mantra.
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Charles Schoebel Le Râmâyana au point de vue religieux…

Cela n’est heureusement pas plus vrai pour les agents et les actions des personnages du poème que pour les personnages mêmes. Comme sous la plume d’Arioste, de Cervantes et de Shakespeare, tout respire et se meut sous le calame de Vâlmîki. Râma n’est donc point le symbole de la lune ni ne représente en son exil la saison hivernale, de même que Sîtâ n’est ni la figure symbolique du sillon ni son amour pour Râma une allégorie pour nous dire l’attraction que le sillon a pour le clair de lune, etc.
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