Conrad Kilian

Conrad Kilian

Au Hoggar (1925)

Résumé

Portrait de Conrad Kilian Conrad Kilian Au Hoggar (1925)

Le Gassi Touil, entre les deux régions de dunes du Grand Erg Oriental, est un passage absolument plat au sol de cailloutis, large par endroits d’une cinquantaine de kilomètres.
Je le longe pendant une dizaine de jours.
Quel spectacle d’une infinie singularité que celui de cette immensité plate et noire, d’une désolation inouïe, sans rien, rien jusqu’à l’horizon ; c’est le pays le plus nu du monde peut-être ; l’on n’y trouve pas la moindre végétation, le moindre point d’eau (250 km. sans puits) ; les Arabes l’appellent le « pays de la peur ».
Source : Gutenberg

Portrait de Conrad Kilian Conrad Kilian Au Hoggar (1925)

Si le chameau aime des plantes piquantes comme le Had qu’il dévore ainsi qu’un mets velouté, s’il aime des espèces de paquets de verges comme le Damran et l’Ageran, bref, si beaucoup de ses mets préférés semblent trouver chez lui de l’affection par suite d’un fond de vice dans sa nature, il a également un goût marqué pour les fleurs les plus délicates, les plus parfumées et les plus charmantes, comme les fleurs d’Acheb, de Teleh, de R’tem, et semble ne pas être insensible, loin de là, à la poésie et à la tendresse de cette nourriture.
Source : Gutenberg

Portrait de Conrad Kilian Conrad Kilian Au Hoggar (1925)

A l’horizon paraissent des dunes de l’autre rivage du Gassi Touil teintées du bleu le plus tendre au rose le plus délicat ; par le mirage elles sont déformées en falaises, en villes fortifiées ; dans le mirage elles se noient, elles se reflètent comme dans des nappes d’eau calmes et miroitantes, ainsi que des lacs d’argent ; parfois il semble que l’on voit les ports lointains d’une paisible mer d’azur.
Constamment le mirage change à l’horizon ; on n’a pas le temps de s’en lasser qu’il s’est évanoui en une vision nouvelle et qu’il a pris ce charme de plus d’avoir été trop éphémère.
Source : Gutenberg

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