Résumé

Dubuisson De la responsabilité de l'imprimeur en matière de presse… (1872)

Benjamin Constant, qui combattit, avec autant d'énergie que de talent, cette disposition de loi sur la responsabilité de l'imprimeur, s'exprimait ainsi dans cette discussion :
« Un imprimeur est un homme qui concourt avec un écrivain à la publication d'un ouvrage ; l'écrivain y concourt par sa pensée, l'imprimeur par sa presse l'un est l'auteur de l'écrit : à lui en reviennent, si l'écrit est bon, le profit durable et toute la gloire ; l'autre est l'instrument de la publication : il n'a de profit que le salaire d'une industrie matérielle. »
Source : Gallica

Dubuisson De la responsabilité de l'imprimeur en matière de presse… (1872)

Dans tout délit politique par écrit, l'écrivain seul fait un écrit politique; pour lui trouver des complices, il faut trouver des volontés associées à la pensée de l'oeuvre ; mais la volonté de l'imprimeur y est tellement étrangère, qu'il n'en a pas même conscience. Or, punir un homme comme complice d'un délit dont il n'a pas conscience, c'est le renversement de tous les principes du droit.
Source : Gallica

Dubuisson De la responsabilité de l'imprimeur en matière de presse… (1872)

Le Jury comprendra donc avec quelle puissance de logique et de vérité les membres de la Chambre des députés soutenaient que l'imprimeur ne pouvait être déclaré complice en matière de délit de presse.
Admettre sa responsabilité, c'est vouloir interdire la profession d'imprimeur, c'est l'annihiler. Faudra-t-il donc, si des circonstances l'appellent au dehors, que l'imprimeur ferme ses ateliers et prive ses ouvriers de leurs moyens d'existence ? Ce seraient là cependant les conséquences d'une jurisprudence qui le rendrait complice de l'écrivain.
Source : Gallica

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