Edmond Scherer

Edmond Scherer

Résumé

Portrait de Edmond Scherer Edmond Scherer Revue des Deux Mondes

Et tel est l’homme, tel est l’écrivain : plus de solidité que de pureté ; à défaut de finesse le poids, à défaut de grâce ou d’éloquence quelque chose qui va au but. Que si l’on demandait ce qu’a été Grimm, en définitive, et ce qui fait que la Correspondance n’est pas une vieille gazette, mais une œuvre, et même une œuvre derrière laquelle on sent un homme, nous répondrions sans hésiter que c’est la fermeté de l’esprit, la sincérité du jugement, l’incorruptibilité de la raison, et, comme il arrive d’ordinaire à la droiture intellectuelle, un certain honnête bonheur d’expression.
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Portrait de Edmond Scherer Edmond Scherer Revue des Deux Mondes

Non moins facile à attendrir et non moins extrême dans l’attendrissement, la lecture d'un roman, la représentation d’une tragédie la font pleurer, et, quand elle pleure, elle hurle. Nous la verrons profondément émue à la mort d’Orlof et de Potemkin, abîmée de douleur en perdant Lanskoï.
Catherine, disons-nous, est énigmatique, elle est compliquée, mais elle ne joue pas de rôle, elle ne pose pas : « Je hais toute affiche, » dit-elle. Et, par aversion pour les airs à prendre, elle fuit la contrainte. Elle redoute la visite des princes : il faut, avec eux, se tenir droite et raide de corps.
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Grimm sait que Diderot ne brille ni par la discrétion et l’usage du monde, ni par la sûreté du jugement. « C’est l’homme, écrit-il, le moins capable de prévoir ce qu’il va faire ou ce qu’il va dire, mais, quoi qu’il dise, il crée et il surprend toujours. La force et la fougue de son imagination seraient quelquefois effrayantes si elles n’étaient tempérées par la douceur des mœurs d’un enfant et par une bonhomie qui donne un caractère singulier et rare à toutes ses autres qualités. »
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