Résumé

F.-J. Granger Le Vigneron lorrain, entretien familier sur la politique et le socialisme… (1849)

Aux yeux de l'homme d'argent, l'ouvrier n'est plus qu'une machine en concurrence avec l'air, le vent, l'eau et le feu. Et moins il y a d'ouvrage, plus l'ouvrier en recherche et plus le salaire baisse. Et plus le salaire est bas, plus il faut travailler pour vivre, et plus alors est cruelle la concurrence. Pour l'esclave antique, le travail était la peine, le pain et le logement étant toujours assurés; pour l'ouvrier, le travail n'est rien, c'est l'inquiétude qui le tourmente.
Source : Gallica

F.-J. Granger Le Vigneron lorrain, entretien familier sur la politique et le socialisme… (1849)

C'est notre mauvaise organisation sociale qui prive du nécessaire ceux qui créent, qui produisent la richesse. Le vigneronne boit que le vin malade, le laboureur mange le hauton et souvent l'orge : à lui le chant du coq pour l'appeler au travail dès l'aurore, mais la chair succulente de la volaille est destinée au palais du capitaliste inutile. Souvent même celui qui arrose la terre de ses sueurs n'a pas la satisfaction d'en être propriétaire; elle appartient à son maître, à celui qui, peut-être, le tramera devant les juges pour arracher le loyer de sa ferme.
Source : Gallica

F.-J. Granger Le Vigneron lorrain, entretien familier sur la politique et le socialisme… (1849)

Tout compté, il en coûte beaucoup moins à une association pour faire disparaître la misère, que dans le système actuel pour nourrir les mendians et punir les voleurs.
Et en supposant même que l'a dépense fut égale ou supérieure, n'est-il pas doux de songer que nul n'est poussé au crime par la nécessité ? que nul n'est tenu de chanter dans les rues pour un verre d'eau ou pour loger à l'étable ? qu'aucun infirme, aucun vieillard n'est sans pain, sans logement, sans feu ? que nulle femme n'est exposée à l'infamie par la misère ?
Source : Gallica

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