Gaston Leroux

Gaston Leroux

Résumé

Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux Le Fantôme de l’Opéra (1910)

Je ne viens pas ici... pour te parler du comte Philippe... mais pour te dire que... je vais mourir...
— Où sont Raoul de Chagny et Christine Daaé ?...
— Je vais mourir.
— Raoul de Chagny et Christine Daaé ?
— ... d’amour... daroga... je vais mourir d’amour... c’est comme cela... je l’aimais tant !... Et je l’aime encore, daroga, puisque j’en meurs, je te dis... Si tu savais comme elle était belle quand elle m’a permis de l’embrasser vivante, sur son salut éternel... C’était la première fois, daroga, la première fois, tu entends, que j’embrassais une femme...
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Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux Le Fantôme de l’Opéra (1910)

— Et pourquoi que c’est l’avis de ta mère ?
— Chut ! M’man dit que le fantôme n’aime pas qu’on l’ennuie !
— Et pourquoi qu’elle dit ça, ta mère ?
— Parce que... Parce que... rien... »
Cette réticence savante eut le don d’exaspérer la curiosité de ces demoiselles, qui se pressèrent autour de la petite Giry et la supplièrent de s’expliquer. Elles étaient là, coude à coude, penchées dans un même mouvement de prière et d’effroi. Elles se communiquaient leur peur, y prenant un plaisir aigu qui les glaçait.
« J’ai juré de ne rien dire ! » fit encore Meg, dans un souffle.
Mais elles ne lui laissèrent point de repos et elles promirent si bien le secret que Meg, qui brûlait du désir de raconter ce qu’elle savait, commença, les yeux fixés sur la porte :
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Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux Le Fantôme de l’Opéra (1910)

Je dis : « Malheur à ceux qui ont le bonheur d’avoir un nez, un vrai nez à eux et qui viennent se promener dans la chambre des supplices !... Ah ! ah ! ah ! » Maudite voix du formidable ventriloque ! Elle était partout, partout !... Elle passait par la petite fenêtre invisible... à travers les murs... elle courait autour de nous... entre nous... Erik était là !... Il nous parlait !... Nous fîmes un geste comme pour nous jeter sur lui mais, déjà, plus rapide, plus insaisissable que la voix sonore de l’écho, la voix d’Erik avait rebondi derrière le mur !...
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