H. Emile Chevalier

Résumé

H. Emile Chevalier La fille des indiens rouges

Le morse se débat; il halète; il rugit. Sous ses griffes la glace vole en mille éclats, et sa queue la fait sonner comme le marteau sur une enclume. Bientôt, néanmoins, par un brusque soubresaut, il s'est débarrassé du fer, et Dubreuil, pris à l'improviste, s'en va rouler à quelques pas, son croc dans la main.
Avant qu'il ait eu le temps de se relever, l'animal a couru sur lui. De ses pieds pesants il lui écrase les jambes. Guillaume sent la bouillante baleine du monstre passer sur-son visage, et ses tranchantes canines lui labourer la cuisse. La mort est là, livide, décharnée, affreuse.
Source : Gutenberg

H. Emile Chevalier La fille des indiens rouges

C'est qu'en côtoyant le rivage d'une île, son oeil avait vu ce que l'oeil de Guillaume n'aurait certainement pas découvert,—la trace du glissement d'un kaiak sur un banc de sable que la marée avait maintenant recouvert de dix pieds d'eau; c'est que, dans l'atmosphère qui semblait si pure, cet oeil de lynx avait encore vu une imperceptible spirale de fumée.
—Mon frère redoute-t-il donc un ennemi? fit Dubreuil en cherchant vainement ce qui excitait la défiance du chef boethic.
—L'homme doit être comme le renard, toujours veiller, dit sentencieusement Kouckedaoui.
Source : Gutenberg

H. Emile Chevalier La fille des indiens rouges

Reçois le sacrifice que je fais par la mort de ton ennemi. Il sera brûlé et mis dans la chaudière. Je te donnerai son coeur et son foie. On lui enlèvera la chevelure, on boira dans son crâne. Tu ne feras donc plus entendre de gémissements; tu seras pour jamais satisfait. Va, mon fils, va, noble fruit de mes entrailles, ta mère te venge!
Sa main droite avançait en même temps la torche vers les yeux de
Dubreuil, qui jeta une plainte douloureuse.
Mais cette plainte fut étouffée sous une explosion de cris soulevés par la terreur:
—Les Indiens Bouges! voici les Indiens Rouges!
Source : Gutenberg

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