Résumé

Haussonville Les Non-Classés et l’Émigration des femmes aux colonies

On appelle communément des déclassées les femmes qui, nées dans une certaine condition sociale, n’ont pas su s’y maintenir, et qui sont tombées au-dessous du rang où les circonstances les avaient placées. J’appelle, au contraire, des non-classées les femmes, ou plutôt les jeunes filles, qui, nées dans un milieu populaire, ont fait effort pour s’élever au-dessus, sans y avoir encore réussi, et qui oscillent, incertaines de leur avenir, entre la condition qu’elles ont quittée et celle qu’elles n’ont pu encore atteindre.
Le nombre des non-classées est grand dans notre société moderne.
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Ce n’est pas davantage la nature du travail, ni le genre de vie. Dans la confection d’un chapeau, d’une guirlande de fleurs, dans l’apprêt d’une robe de bal, il y a une part pour l’adresse, pour l’imagination, pour l’art. Au contraire, compter des coupons ou additionner des chiffres dans un bureau, le plus souvent à la lueur d’un bec de gaz, et cela toute la journée, toute sa vie, est une des besognes les plus fastidieuses qui se puissent imaginer.
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Dans un bureau, ce n’est pas la même chose. Une fois qu’on y est entrée, si on fait consciencieusement son service, c’est pour la vie. L’administration dont on dépend est peut-être plus rigide que paternelle ; mais elle est absolument juste. Pour l’avancement, elle ne tient compte que des notes et de l’ancienneté. Elle ne vous renvoie pas arbitrairement, et quand on a fait avec régularité des additions pour son compte pendant vingt-cinq ans, elle vous assure souvent une petite retraite. L’employée est une sage qui renonce à la vie joyeuse et aux rêves d’avenir.
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