Résumé

Henry d' Yvignac J'avais une marraine... : petit roman de la Grande guerre… (1918)

Je m'étais promis de ne plus vous parler de Madeleine, mais est-ce possible ? Je sens, à la violence des sentiments qu'elle m'inspire, que je ne puis pas agir comme si elle n'avait jamais existé. Claire-Yvonne, regardez-moi avec compassion, car je suis un pauvre homme qui vient d'affronter de nouveau, dans son horreur accrue, l'effroyable guerre moderne, et cela sans même connaître le réconfort d'un souvenir doux et joli. Loin de là : j'ai la sensation que ma marraine s'est amusée de moi.
Source : Gallica

Henry d' Yvignac J'avais une marraine... : petit roman de la Grande guerre… (1918)

Alors, bonsoir, Monsieur d'Estolle, bonsoir !
Et elle est partie, comme on s'enfuit, sans même me tendre la main !
Elle est partie, Claire-Yvonne, et jusqu'à demain, Dieu seul sait à quelle heure, je ne la verrai plus ! Je me sens le plus malheureux des hommes !
Ai-je donc trouvé le secret de la mécontenter ? Jugez de l'embarras où je me trouve, ne sachant rien d'elle, sinon qu'elle est exquise. Son veuvage lui pèse-t-il ou bien lui donne-t-il la sensation vivifiante de la liberté ? Que sait-elle de l'amour ? Le connait-elle seulement ?
Source : Gallica

Henry d' Yvignac J'avais une marraine... : petit roman de la Grande guerre… (1918)

Mais moi, je serai fou, Claire-Yvonne, s'il me faut vivre ces nombreuses journées sans rien savoir d'elle, de ce qu'elle sent, de ce qu'elle pense, de ce qu'elle dit. Je vous en supplie, au nom de notre vieille amitié, faites l'impossible pour moi, dites ? Allez à Paris, renseignez-vous, voyez Madeleine... Votre cœur et votre intelligence feront le reste.
Au secours ! Je suis capable de faire une folie — tenez, de repartir au front, sans même attendre mon congé de convalescence, et là, de demander à être versé dans l'infanterie : qu'est-ce que la vie pour celui que le bonheur abandonna ?
Source : Gallica

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