Résumé

Portrait de Jean Hess Jean Hess La Vérité sur l’Algérie

La guerre est sauvage partout. Mais on dirait qu’un infernal génie la rend plus sauvage en cette Afrique du Nord où les hommes de toutes nations, dès qu’entre eux le glaive est tiré, semblent s’ingénier à vouloir faire pâlir le souvenir des cruautés de Carthage.
Ils n’étaient pas des agneaux les vétérans de l’Empire. Ils avaient passé comme des loups sur l’Europe. L’Algérie en fit des êtres plus féroces. Tout ce que les imaginations les plus apocalyptiques rêveront de plus épouvantable et d’horrible, vous le trouverez dans le récit de nos guerres d’Algérie.
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Portrait de Jean Hess Jean Hess La Vérité sur l’Algérie

Il ne m’est jamais entré dans l’esprit qu’il y eût là le moindre héroïsme, ni que cela valût qu’on en parlât. Et certes si je ne devais demeurer dans la mémoire des hommes que pour avoir eu les bras et la peau solides, comme dit l’autre, je ne serais pas fier pour un sou. Le héros de guerre n’est en ultime analyse qu’une parfaite brute. Et que nous ayons fait de la couleur du sang la couleur emblématique de l’honneur, cela prouve que nous sommes une majorité de brutes.
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Portrait de Jean Hess Jean Hess La Vérité sur l’Algérie

J’ai vu les villages de colonisation. Je les ai vus en fête pour les réjouissances commandées où les drapeaux, les lampions, les pétards et les libations donnent aux chefs, tel un président de république en tournée, l’illusion de la prospérité. Et je les ai vus dans l’existence ordinaire. Alors, ce n’est plus la même chose. Ce n’est même pas ce que l’animation de quelques ports aurait permis de supposer : l’exubérance de vie, la vie intense, la vie joyeuse, la vie. Une indicible mélancolie fait une atmosphère lourde. On sent que les gens ne sont pas chez eux.
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