Résumé

K. Hillebrand Une énigme de l’histoire : la captivité de Jeanne la Folle

Il est vrai que ces entretiens sont bizarres ; mais ce n’est point du fait de la reine, laquelle est pleine de sens dans ses observations, rusée et politique en ses demandes : c’est du marquis lui-même que vient cette bizarrerie. Si tous les morts ressuscitent dans ces étranges conversations, c’est Dénia qui leur rend la vie, ce n’est point la pauvre Jeanne, à laquelle il cachait avec le plus grand soin d’abord la fin de son père Ferdinand, puis celle de Maximilien d’Allemagne, son beau-père, à propos duquel il inventa même une petite fable touchante.
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K. Hillebrand Une énigme de l’histoire : la captivité de Jeanne la Folle

Une réconciliation eût détruit d’un seul coup le rêve de toute la vie de Ferdinand, le but suprême de sa politique depuis son avènement au trône, l’union de l’Aragon et de la Castille [1] ; elle eût en même temps porté un coup mortel à l’institution dont dépendait le règne du clergé en Espagne, à la sainte inquisition. La loi salique n’étant pas admise dans la Péninsule, Ferdinand aurait dû, à la mort de sa femme Isabelle, céder la corona (Castille) à sa fille et se contenter de la coronilla (Aragon) .
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K. Hillebrand Une énigme de l’histoire : la captivité de Jeanne la Folle

La grande loi qui se dessine dans l’histoire n’en est pas moins de nature à fortifier ceux qui se sentent faiblir dans la lutte, à consoler ceux qui se laisseraient aller à désespérer, car elle proclame l’impuissance des idées fausses. Voilà une idée que le moyen âge a caressée pendant mille ans, pour laquelle les cœurs les plus nobles ont lutté, que les plus pervers ont défendue par des forfaits : l’idée de l’unité politique et religieuse de l’Europe.
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