Résumé

Lettre à un archéologue sur les hiéroglyphes égyptiens (1840)

Personne n'ignore que les anciens croyaient notre monde partagé entre deux principes, le bon et le mauvais, connus sous les deux noms d'Oromase et d'Arimane, dont l'un exprime la lumière, l'intelligence et la droiture, l'autre, la force, la bassesse et la folie brutale. Le premier de ces génies occupait le pôle radieux ou l'Europe, le second, le pôle ténébreux ou l'abîme. L'Europe était terminée, à son sommet, par un immense foyer, séjour de l'esprit pur, qui présidait à la terre, et des Ors et des Els , qui composaient sa cour.
Source : Gallica

Lettre à un archéologue sur les hiéroglyphes égyptiens (1840)

C'est ce second déluge, probablement celui de Deucalion, que la Genèse raconte en détail, mais aussi, selon moi, avec beaucoup de circonstances qui sembleraient se rattacher plutôt au premier; tant il est vrai que tout, dans les anciens écrits, n'est que cahos, équivoque et anachronisme ! Et il ne pouvait pas en être autrement : les livres qui nous restent ne furent composés, après le grand naufrage, qu'avec des souvenirs confus ; le vrai sens même des termes de la langue s'oublia, parce que rien n'existait plus des choses auxquelles ils avaient été appliqués.
Source : Gallica

Lettre à un archéologue sur les hiéroglyphes égyptiens (1840)

Mais est-il bien certain que, dans les traductions, le texte sacré n'ait pas été altéré par l'ignorance ou la mauvaise foi, surtout quand l'amour-propre national et la haine de peuple à peuple étaient si puissans, et que d'ailleurs on traduisait d'une langue où chaque mot, où chaque phrase offre toujours trois ou quatre sens divers ? Ceci expliquerait les difficultés insolubles que les hommes les plus éminens en savoir et en religion avouent se rencontrer à chaque pas dans la Genèse.
Source : Gallica

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