Résumé

Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand Nietzsche et la Méditerranée

Sans cesse en contact avec le barbare, le civilisé amolli par le bien-être, affiné par une culture morale ou intellectuelle trop négligente des réalités, y sent la nécessité de se rebarbariser pour s’adapter à son nouveau milieu. Il y reprend le sens de l’ennemi, qu’une sécurité toujours provisoire lui avait fait perdre. Certes, malgré sa rudesse acquise, le colon n’est point, ni ne doit être un barbare. Au contraire, en face de la barbarie, il se sent l’envoyé de la civilisation, et il en est fier.
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Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand Nietzsche et la Méditerranée

Jamais nous n’avons eu plus besoin de la force pour défendre notre droit, et jamais la nécessité d’être forts ne s’est montrée à nous plus inexorable. Jamais nous n’avons eu plus besoin d’élites pour conduire notre force. Jamais enfin, par l’expansion civilisatrice de notre génie, nous n’aurons été appelés à faire plus de bien au monde. Dans toutes ces tâches, Nietzsche peut nous être un conseil, comme il le fut pour ceux de son pays.
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Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand Nietzsche et la Méditerranée

Quant aux hommes sains et vigoureux, la violence de ces climats ne fait qu’exciter leurs énergies. Après des périodes d’assoupissement et de paresse, la passion flambe plus dévoratrice, l’activité se relève plus conquérante.
Dans l’air pur et léger du Midi, l’âme du Nord se débarrasse de son vague. Elle se purifie de toutes ses brumes, de son mysticisme nébuleux et sans consistance, de sa sensiblerie humanitaire, « de sa religion niaise de la pitié, pestilence funeste propagée par le roman russe, dit-il. A Gênes ou à Cagliari, Tolstoï n’est plus possible. »
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