Résumé

Louis Bouvier Du Molart De l'Insuffisance des subsistances en France et de la nécessité de modifier le système d'agriculture et la base alimentaire… (1848)

De sensibles philanthropes s'apitoyent à tort sur le malheureux sort des hommes réduits à cette nourriture, comme si la bouillie de sarrasin à l'eau des Bretons, les châtaignes de l'Auvergne et du Limousin, le grossier pain d'orge des meilleurs provinces de la France, étaient des mets bien délicats. Comment ne savent-ils pas qu'en Angleterre, en Hollande, en Belgique, dans toute l'Allemagne, on ne sert pas, même sur les tables de l'opulence, un plat de poisson ou de viande sans présenter en même temps des pommes de terre cuites à la vapeur, que l'on mange au lieu de pain ?
Source : Gallica

Louis Bouvier Du Molart De l'Insuffisance des subsistances en France et de la nécessité de modifier le système d'agriculture et la base alimentaire… (1848)

C'est à cet assolement, qui y est généralement suivi, que la Prusse, avec son mauvais sol, doit la progression dépopulation la plus rapide de tous les pays de l'Europe. Ce ne serait peut-être pas un paradoxe de dire que c'est la pomme de terre qui a élevé les arides marches de Brandebourg au rang des grandes puissances.
Partout où deux personnes peuvent vivre il se fait un mariage. Or, l'étendue de terre cultivée en blé nécessaire à la subsistance de deux individus peut en nourrir huit planté en pommes de terre.
Source : Gallica

Louis Bouvier Du Molart De l'Insuffisance des subsistances en France et de la nécessité de modifier le système d'agriculture et la base alimentaire… (1848)

En France on a toujours traité la terre comme une fabrique de blé, qui l'épuise sans rien lui rendre; tandis qu'en Angleterre, en Belgique, en Hollande, dans le Hanovre, en Prusse, etc., on pivote, pour me servir du terme technique, sur les fourrages, au lieu de pivoter sur les grains. On a compris dans ces pays , à l'égard desquels notre agriculture est si déplorablement arriérée, qu'avec des fourrages on peut entretenir des bestiaux, qu'avec des bestiaux on a du fumier, et qu'avec du fumier on fait rendre à la terre tout ce qu'on veut.
Source : Gallica

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