Louis Delzons

Résumé

Louis Delzons Revue des Deux Mondes

Ce qui fit la grande force, l’originalité et l’on peut dire la beauté durable du régime de communauté, ce fut assurément que, produit anonyme des habitudes d’un peuple, il unit pour la première fois le souci d’un idéal à l’intelligence d’un intérêt. Les lois franques avaient donné le germe : ce fut, après l’avènement de la troisième race, la nation nouvelle qui le fit éclore. L’étroite union physique et morale qui résulte du mariage doit se réaliser dans les biens : c’est l’intérêt du mariage : c’est aussi l’intérêt de la femme qui profite du patrimoine créé par le mari.
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Louis Delzons Revue des Deux Mondes

La puissance maritale est absolue non moins que dans le pays de droit écrit. Elle comporte d’abord l’incapacité de la femme, parce que le mari ne doit jamais être inquiété ni gêné, et pour cela seulement. Elle crée ensuite au profit du mari un droit étrange de disposition : il dispose en toute liberté du patrimoine commun ; il peut l’aliéner comme il veut, et bien mieux, il peut le « donner » à qui il lui plaît. Ce n’est plus l’associé, l’administrateur qui veille sur le bien social : c’est le despote et, comme parlent les Coutumes, « le Seigneur et Maître de la communauté. »
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Le Code civil de 1804 n’est donc si sobre dans ses règles sur la puissance paternelle que parce qu’il s’en remet, suivant la tradition, au père et à la mère, à la famille même, du soin de l’exercer comme il convient. Voilà ce qui n’a pas changé au début du XIXe siècle et il semble aux rédacteurs du Code que les deux idées, l’ancienne et la nouvelle, se peuvent très bien concilier : le père reste libre comme par le passé dans ses droits de garde, d’éducation, de consentement au mariage ; la puissance paternelle est d’ordre public : pratiquement elle garde toute sa force
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