“ La communauté sociale est une idée ancienne, et les premières législations en offrent des applications remarquables. Dans nos sociétés modernes, les institutions les plus utiles, les plus conservatrices, les plus vigoureuses sont établies sur le principe de la vie commune. Ainsi, les armées, les maisons d’éducation publique, les hôpitaux, les prisons, les ordres religieux, etc. En général, partout où il faut une autorité robuste et absolue, pour soumettre une multitude à la même fonction, au même état, c’est le régime communautaire qu’il convient d’adopter. ”
Régime de communauté
Définition et enjeux
Citations sur “régime de communauté”
Auguste Comte,
Discours sur l'ensemble du Positivisme…
(1848)
“ La première consiste à proclamer , au nom de la masse sociale , les décisions spéciales dont tous les citoyens peuvent ordinairement apprécier assez les motifs essentiels , et qui intéressent directement l' existence pratique de toute la communauté , comme les jugements des tribunaux , les déclarations de guerre , etc. Sous le régime positif , ces nobles formules , inspirées par l' instinct familier de la solidarité universelle , deviendront encore plus imposantes , en invoquant l' ensemble de l' humanité , au lieu d' un peuple particulier . ”
Ernest Glasson, La journée d'un conseiller au parlement de Paris au XVIe siècle… (1898)
“ Clergé, noblesse, tiers-état, magistrature, corporations, corps de ville, formaient autant d'associations fondées sur la communauté des intérêts et qui tenaient lieu, tant bien que mal, et s'il est possible, des droits de l'homme et du citoyen. ”
Saturnin Truchet, Saint-Jean de Maurienne au XVIe siècle… (1887)
“ Les citoyens ont donc le droit de former, sans rompre l'unité, sans violer les lois de l'État ni celles de la communauté, des associations civiles, industrielles, religieuses, libres, indépendantes, souveraines sur leur terrain, comme l'État, comme l'Église qui est l'État religieux, comme la communauté, sur le leur, comme chacun des citoyens qui les composent, dans sa famille et sur le terrain de ses intérêts privés. ”
Anselme Bellegarrigue,
L’anarchie, journal de l’ordre
“ Maintenant, la nation, ou les communes, doivent-elles avoir un organe synthétique et central pour réglementer certains intérêts communs, matériels et déterminés, et pour servir d’interlocuteur entre la communauté et l’étranger ? ”
Henry Charles Carey,
Principes de la science sociale
“ De même que chez l’individu, le pouvoir d’association croit avec le développement d’individualité et que celui-ci marche avec le développement de l’habitude de combinaison, la tendance à l’action politique croit chez la communauté avec le développement de centres locaux et l’accroissement de leur indépendance, — et la subordination aux lois du droit et de justice parmi les nations croit avec l’accroissement du pouvoir de se diriger et de se protéger elles-mêmes. ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans : 1830-1840…
“ Le programme de la Société des Droits de l’Homme demandait : un pouvoir central, électif temporaire, responsable, doué d’une grande force et agissant avec unité ; — la souveraineté du peuple mise en action par le suffrage universel ; — la liberté des communes, restreinte par le droit accordé au gouvernement de surveiller au moyen de ses délégués les votes et la compétence des corps municipaux ; — un système d’éducation publique tendant à élever les générations dans une communauté d’idées, compatible avec le progrès ”
Paul Pradier-Fodéré, Principes généraux de droit, de politique et de législation (1869)
“ Pour qu'il y ait un Peuple, une Nation, un État, il faut que cette société d'hommes forme une communauté pourvue des moyens et des forces nécessaires pour se maintenir; qu'elle ait une volonté organique exclusive pour diriger la. réunion; qu'elle joigne enfin à une possession territoriale suffisante pour la communauté, des conditions de moralité et de capacité intellectuelle. ”
Anatole Bérard des Glajeux, De l'aliénation et de la prescription des biens de l'État… (1859)
“ Lorsque les hommes se furent agglomérés sur différents points du globe, poussés par ce besoin de société qui fait le fond de la nature humaine, les nécessités de la défense les obligèrent à mettre en commun leurs forces, et de cette communauté de forces unie à la communauté d'origine, d'intérêts et de territoire, naquit l'État. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ De ces deux traits, l’état, l’autocratie, a retenu l’un, le premier; la commune, le mir, a gardé l’autre, le second. L’état a non-seulement laissé tomber la communauté primitive, il a laissé s’obscurcir l’égalité conservée dans le mir. La commune, en gardant la communauté et l’égalité, a laissé dans son sein dépérir l’autorité ”
P. Gandon, Que serait une société sans Dieu… (1851)
“ Ou l'Etat sera le centralisateur de la fortune de tous les membres de la société, par conséquent l'arbitre responsable de chaque citoyen, et, dans ce cas, vous réalisez la communauté matérielle, qui est lanégation de toute individualité. ”
Abbé Desorges, De l'origine et de la nature du pouvoir (1869)
“ En confiant le pouvoir à une personne ou à une famille, la communauté parfaite lui en a transmis l'exercice, l'usage et non la propriété... Par conséquent, la transmission de la souveraineté d'une personne à une autre demande toujours l'approbation plus ou moins explicite de la communauté. ”
Alfred de La Guéronnière, La France et l'Europe, par le Cte Alfred de La Guéronnière (1867)
“ Dans cette communauté d'entente, de bonne foi à constituer, à reconnaître, à pratiquer une loi publique, on pouvait assurer la paix commune, avec la liberté pour chaque Etat séparé de se gouverner à sa guise. ”
Ferdinand Béchard, Droit municipal dans l'antiquité (1860)
“ Le triple lien qui résulte de la communauté des mœurs, des traditions et des intérêts, rattache la famille à l'État. Ceux qui croient à l'antagonisme de l'esprit de localité et de l'esprit national commettent une grave erreur. La commune est l'école élémentaire de la vie publique. Là se nourrissent et se fortifient les idées de patrie, de droit, de cité inaliénable, de concours du peuple à l'action du gouvernement, de communauté d'intérêts entre les sujets, d'aptitude des particuliers à s'occuper de la chose publique, d'indépendance nationale. ”
Honoré de Lourdoueix, De la Restauration de la société française (1833)
“ L'UNITÉ du territoire, l'agrandissement des villes, les liens du commerce qui les unissent, et les rapports de toute espèce qui s'établissent naturellement entre les habitans des mêmes contrées ; la communauté d'intérêts qui se révèle à leur esprit à l'approche des mêmes dangers, et sous le poids des mêmes infortunes; la profession de la même religion; enfin, les mêmes formes de gouvernement municipal, ce sont là autant de faits primitifs qui appellent les hommes à l'existence politique, et produisent en eux le besoin de l'unité nationale. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ Les mêmes droits se retrouvent, à un degré plus modeste, chez les autres classes ; mais les assemblées de ces dernières font peu parler d’elles. On s’y borne à traiter des affaires intéressant la communauté. Dans un pays où la vie publique serait active, où les citoyens seraient jaloux de se servir de tous les moyens d’influence laissés en leurs mains, une telle organisation, déjà presque séculaire, pourrait donner aux différens groupes de la population une singulière force avec une plus grande cohésion. ”
Frédéric Ancillon,
Nouveaux essais de politique et de philosophie…
(1824)
“ Il faut donc établir des règles qui déterminent , fixent, énoncent les droits et les devoirs de tous les membres de la société , ainsi que les circonstances où l'on peut demander la protection de la communauté tout entière. ”
L.-Y. Maillard, Les Villageois, leurs misères actuelles… (1848)
“ ÉGALITÉ, LIBERTÉ, ASSOCIATION, UNITÉ, COMMUNAUTÉ. Le COMMUNISME est l'opposé de l'Individualisme, l'anlipode de la loi agraire et du partage des terres; — C'est l'association, la plus étendue et la plus complète, basée sur la fraternité, l'égalité, la liberté, l'unité, fondée aussi sur l'éducation, le travail, le mariage et la famille. — C'est une assurance mutuelle et universelle ”
Fernand Passelecq, La question flamande et l'Allemagne (1917)
“ La communauté sociale et politique où les citoyens d'un État entendent que cette volonté se réalise doit évidemment être, avant tout, constituée de manière à pouvoir se conserver et se défendre contre les dangers du dehors. ”
Friedrich List,
Système national d’économie politique
“ Dans l’état primitif du genre humain, nous n’apercevons que des familles, puis nous voyons des villes, puis des confédérations de villes, puis la réunion de toute une contrée, puis enfin l’association de plusieurs États sous un régime légal. Si la nature des choses a été assez forte pour étendre jusqu’à des centaines de millions d’âmes l’association qui a commencé par la famille, on peut lui supposer assez d’énergie pour opérer la réunion de tous les peuples. ”
Jean-Baptiste Boichot,
La Question de demain, esquisse d'une nouvelle organisation politique et sociale…
(1869)
“ Le pouvoir central est chargé de relier les communes, de les maintenir sous le régime du droit commun et de sauvegarder l'application des principes de droit et de justice, base de notre système d'organisation sociale. ”
Pierre Henry, Étude sur le mouvement patronal catholique français… (1936)
“ Aux gouvernements, il appartient de prendre soin de la communauté et de ses parties. Ils doivent veiller au bien de la communauté parce que la nature en a confié la conservation au pouvoir civil. Ils ont à veiller également au bien des parties, parce que, de droit naturel, le gouvernement ne doit pas viser l'intérêt de ceux qui ont le pouvoir entre les mains, mais le bien de ceux qui leur sont soumis. ”
Arthur Arnould,
L'État et la Révolution, par Arthur Arnould
(1877)
“ L' Etat appuyé sur l' Unité et la Centralisation . Supprimez l' Etat , et la société , loin de s' écrouler , retrouvant son centre de gravité , nous rentrons aussitôt dans la logique et la vérité , – c'est - à - dire dans la justice . L' homme , en effet , étant un être social de , et tous les hommes étant solidaires par la communauté d' un certain nombre d' intérêts , de besoins , de passions et de sentiments , – il n' y a que faire de l' Etat pour les unir par ces points . – Ils s' uniront toujours d' eux - mêmes . ”
Alexandre de Laborde,
De la Représentation véritable de la communauté…
(1815)
“ Ils existent également dans la formation des sociétés, où le chef est le principe de justice, les pères de famille le principe de force, les guerriers le principe d'action. La réunion légitime et combinée de ces trois pouvoirs est donc ce qui constitue le meilleur gouvernement, qui offre la véritable représentation nationale , la véritable délégation de la communauté , et nous aurons occasion d'observer que les meilleurs gouvernemens existans sont également ceux qui possèdent la meilleure combinaison de ces trois pouvoirs. ”
Robert Owen, Le livre du nouveau monde moral… (1847)
“ Les devoirs du conseil général à l'intérieur seront de gouverner tous les arrangements dans les limites de la communauté; d'organiser la production, la distribution, l'éducation ; d'éloigner les circonstances défavorables au bonheur, et de les remplacer par les plus avantageuses qu'il soit possible d'inventer ou d'apprendre dans les autres communautés. ”
Clément Dumesnil, Réflexions préliminaires des vrais principes politiques
“ Pour parvenir à cette fin désirable, aux pouvoirs législatif et exécutif sont confiées les forces unies de la communauté, et ils sont autorisés à disposer d’une partie nécessaire de la propriété de chaque citoyen, pour. subvenir aux dépenses indispensables au fonctionnement de l’œuvre de la conservation de la communauté entière, de la défense des droits politiques et civils de tous ses membres en général, et de chacun d’eux en particulier, contre les empiètemens domestiques ou étrangers. Ici se trouvent les limites du pouvoir de l’autorité, qui trahit ses devoirs en les outre-passant. ”
Victor Considerant,
Bases de la politique positive
“ Ce n’est pas nous qui ignorons que le problème de l’Organisation sociale n’est complet dans son énoncé que quand, à l’Association des individus, des familles et des classes dans les Communes, on joint la condition de l’Association des Communes entre elles dans la Nation et des Nations dans l’Humanité. Mais il n’en est pas moins vrai que l’Association des individus et des intérêts dans la Commune est le fait élémentaire, le fait fondamental du problème social. ”
Barthélemy-L.-F. Mestrel, Une voix sortant des tombeaux (1871)
“ En somme, le système de la communauté est, toujours d'après les statuts des communistes, pour chacun et pour tous, la jouissance des droits naturels, matériels et moraux, plus, l'obligation rigoureuse de s'utiliser suivant ses facultés au service de l'intérêt général. ”
Claude Léouzon Le Duc, L'individu avec l'État : les leçons de la guerre (1918)
“ En premier, la cité; ensuite le citoyen. Il n'y a point à s'arrêter aux convenances particulières de l'individu, là où il a des convenances. Le torrent de la vie collective doit emporter toutes les résistances ; il ne saurait dépendre ni d'un individu ni d'un groupe de le détourner. Les besoins vitaux de la collectivité, qui se sont dans les sociétés primitives manifestés avec une telle énergie que la communauté, le clan ou la cité prenait l'homme tout entier, ne laissent point (1) BONALD. d'exister, essentiels et impérieux. ”
Alexandre de Laborde,
De la Représentation véritable de la communauté…
(1815)
“ L'action de la communauté est un individu moral qui dispose à son gré de toutes les personnes, de toutes les choses, qui s'avance avec toutes les volontés , tous les moyens pour renverser les obstacles; elle est la véritable souveraineté du peuple, qui se manifeste comme elle par délégation, délégation fixe et invariable dans la personne du Roi et des Pairs, délégation élective et amovible dans la chambre des représentans. ”
J. Édouard Horn, Liberté et nationalité (1860)
“ A leur communauté nationale, si cela leur convient, ils joindront le gouvernement de leur église, et de leurs écoles, et feront des statuts conformément auxquels ils administreront leur société. En un mot, jouissant d'une parfaite autonomie, ils arriveront au développement de tous les intérêts moraux et sociaux, dont l'ensemble comprend ce que l'on nomme la nationalité. ”
Léon Bourgeois,
Solidarité
(1896)
“ L’association des actions individuelles, disciplinées, soit par la force au temps des régimes d’autorité, soit par le consentement au temps des régimes de liberté, a seule pu établir et faire vivre les groupements d’hommes, familles, tribus, cités, castes, églises ou nations. ”
Frédéric Portalis, Discours, rapports et travaux inédits sur le Code civil (1844)
“ La communauté de lois et de langage resserre intimement les liens de la nationalité , elle accoutume les habitants d'une même patrie à se considérer entre eux comme membres d'une seule famille, et cette étroite confraternité qu'elle établit rend un peuple merveilleusement propre, s'il est d'ailleurs intelligent et actif, à se placer, en réunissant toutes les forces dont il dispose, à la tête de la civilisation et du progrès , à imposer son caractère particulier à une des grandes époques de l'histoire contemporaine, et à exercer une puissante influence sur les destinées du monde. ”
“ Cette nouvelle Confédération remplira dans l’humanité une mission très-importante ; elle répandra les nouvelles idées sur la Vie future, la Liberté individuelle, le droit d’examen, la solidarité des peuples. ”
Pasquale Fiore, Le droit international codifié et sa sanction juridique… (1890)
“ Droit de chaque peuple à la liberté. 402. Le droit reconnu à toute personne d'abandonner une communauté et de se rattacher à une autre appartient collectivement aux individus dont l'agglomération constitue un peuple. Leur droit de se séparer de l'État auquel ils sont rattachés, et de se réunir à une autre société politique vers laquelle les poussent leurs tendances naturelles, la communauté de race, d'intérêts économiques, ou d'autres causes d'ordre social et civil, n'est qu'une extension du droit naturel et originaire à la liberté. ”
Louis Rendu,
De la Liberté et de l'avenir de la République française…
(1849)
“ A côté de l'individu, premier élément social,, se forment d'autres individualités morales, jouissant d'une existence propre, et ayant des droits indépendants de la communauté. La famille, la commune, la province, sont autant d'individus qui ont un mouvement à eux, lequel doit se combiner avec le mouvement général et non le détruire. ”
Émile Zola,
Germinal
(1885)
“ Puis, quand le peuple se serait emparé du gouvernement, les réformes commenceraient : retour à la commune primitive, substitution d’une famille égalitaire et libre à la famille morale et oppressive, égalité absolue, civile, politique et économique, garantie de l’indépendance individuelle grâce à la possession et au produit intégral des outils du travail, enfin instruction professionnelle et gratuite, payée par la collectivité. ”
James Fenimore Cooper,
Eve Effingham
“ Le résultat en est nécessairement de laisser la communauté en possession d’une civilisation qui se conforme à celle de tout le pays, que le niveau en soit plus bas ou plus élevé, et il s’opère une division en castes qui est plus ou moins strictement maintenue, suivant les circonstances. ”
Jules Claretie,
Ruines et fantômes
(1874)
“ Qui ne reconnaissait, dans ces humbles et laborieux bourgeois du moyen âge, les vrais frères de la Commune libre, la Commune qui fonde, non celle qui détruit, pacifique Commune s'occupant du travail des citoyens, du négoce des marchands, des droits de tous; et non la Commune qui combat, qui lève les armées, contraint tout homme à prendre un fusil pour la guerre civile et attente ainsi à la liberté de l'individu autant qu'au droit de l'Etat? ”
