Résumé

Louis Histoire d'Albert, ou Les souvenirs d'un jeune homme (1802)

Moi, j'aimais Sophie Delano; elle voyait en moi un frère, un ami tendre et véritable ; plus nous grandissions , plus notre intimité prenait une force , une consistance , inconnues à l'âge que nous avions l'un et l'autre. Ce tems est déjà bien loin, et cependant je l'aime comme alors, je l'aimerai toujours de même.
Oh! non , ce n'est point dans l'imagination que sont mes sentimens ; je puis m'en rendre compte aujourd'hui, que je connais et les hommes et la société; je puis expliquer comment, dès l'âge le plus
tendre, je ne pouvais quitter Sophie.
Source : Gallica

Louis Histoire d'Albert, ou Les souvenirs d'un jeune homme (1802)

J'écoutai la plainte d'Eliskaë avec une peine mêlée de plaisir. Hélas ! m'écriais-je , l'aillour est aussi connu dans ces contrées desséchées ; il est plus brûlant que les feux de la saison; il fait seul le bonheur ou le malheur véritable ; la peine, la douleur , les travaux , sont inséparables de notre existence. Puisque je conserve encore ma Sophie , puisqu'il n'y a pas encore un an que son cœur, qui jamais ne connut la feinte, se complaisait agréablement dans l'idée de mon amour, je ne suis
Source : Gallica

Louis Histoire d'Albert, ou Les souvenirs d'un jeune homme (1802)

Une masse de fumée , longue et épaisse , s'élève d'Aboukir, semblable à un énorme aréostat; la terre tremble, nous sommes renversés sur le sable et les mai- sons sont ébranlées. Des cris unanimes de désespoir se fontentendre le long de la côte; le désert et la vaste mer étaient embrâsés comme si le soleil se levait de tous les côtés de l'horison. Le nuage éclata, et quoique bien éloigné, nous
distinguâmes, à la lueur enflammée de l'air, des voiles, des canons, des hommes, qui retombaient sur l'escadre
Source : Gallica

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