Résumé

Portrait de Louis Lapicque Louis Lapicque Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris

Si nous considérons les origines géographiques, nous ne trouvons par tout le globe terrestre, d’hommes à peau noire qu’autour de l’Océan Indien.
Ainsi les Noirs du sud de l’Asie, jalonnant une communication interrompue des nègres d’Afrique aux nègres d’Océanie, apparaissent non seulement comme une curiosité en eux-mêmes, mais comme un document primordial pour la connaissance de toute une partie de l’humanité. Existe-t-il une race nègre avec des modalités diverses, ou bien des races nègres n’ayant entre elles qu’une ressemblance superficielle ? Les Noirs d’Asie sont la clef du problème.
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Aucune haine nationale, aucune interdiction religieuse, aucune distinction de caste n’empêche ce mélange.
Et comme il n’y a qu’une espèce humaine, ou s’il y a plusieurs espèces, que les croisements de ces espèces sont indéfiniment féconds, il se crée des races mixtes. On peut même dire qu’il n’existe à peu près pas de race pure. Il n’y a presque jamais non plus de limite tranchée entre deux races.
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L’Afrique et l’Océanie sont les deux domaines nègres classiques, se faisant pendant à droite et à gauche du tableau : l’Afrique, dont les habitants ont révélé le Nègre à notre antiquité ; l’Océanie, dont une division porte ce nom caractéristique, Mélanésie, îles des Noirs.
Une mer large de deux mille lieues sépare ces deux domaines, mais sa rive nord dessine de l’un à l’autre comme une arche de pont. Sur cette rive, parmi des races absolument différentes, nous trouvons des hommes qui ressemblent à des nègres : les Hindous, d’abord, population nombreuse à caractères ambigus
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