Léon Genonceaux

Résumé

Léon Genonceaux Le Tutu, mœurs fin de siècle (1891)

Hermine pensait :
— Il est très distingué, ce jeune homme, mais il louche quand il regarde sa mère !
Et Mauri était devenu rêveur. Appuyé dans un coin de salon, il songeait à la stupidité humaine, à la loi universelle de l’hypocrisie. Tous les invités du duc de la Croix de Berny avaient l’air contents d’eux-mêmes ; cela n’était pas vrai. L’homme véritablement heureux est celui à qui l’on a vidé le cerveau, coupé les jambes, les mains, les oreilles, arraché les yeux, et défoncé le palais. Il ne sent plus, il ne pense plus, il s’animalise, il est hors du monde.
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Léon Genonceaux Le Tutu, mœurs fin de siècle (1891)

Que l’on choisisse une bête humaine, n’importe laquelle ; en la tâtant, on est certain d’y remarquer au moins une tare, et cette tare est l’exhalaison, le produit, le ferment d’une décomposition de la conscience. Le sourire est toujours hideux, parce qu’il est le masque d’une tare. Mauri souffrait, il ressentait des coups de marteau dans la tête, et la proximité de ses semblables le mettait mal à l’aise ; il avait horreur de la foule, le fluide humain lui portait sur les nerfs, il allait partir, lorsque Madame Perle vint le secouer par le bras.
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Léon Genonceaux Le Tutu, mœurs fin de siècle (1891)

Une monstruosité humaine s’offrit à leurs yeux. C’était Mani-Mina. Une grossesse avancée arrondissait le côté droit ; par contre, le côté gauche, miné par une phtisie au dernier degré, ressemblait à un squelette. Mauri balbutia un commencement de confession.
— Il est des accidents qui surviennent inopinément... Tout homme a des faiblesses... Un moment d’oubli est si vite arrivé...
— En voilà une dégoûtation, s’écria Hermine. S’acoquiner avec une pareille horreur !
— Dites donc, protestèrent Mani et Mina, vous devriez bien vous regarder. Qu’est-ce que cela peut vous faire, après tout ?
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