Maurice Courant

Maurice Courant

Résumé

Portrait de Maurice Courant Maurice Courant Revue des Deux Mondes

Le Chinois, en effet, est essentiellement sociable ; la naissance le met dans une famille étroitement unie, seule agissante et dont il n’est qu’un fragment ; la terre qu’il possède le fait membre d’une commune rurale ; l’émigration le jette dans une association de compatriotes, nés dans la même province, souvent dans le même district ; l’empreinte dont le marque l’apprentissage en fait le membre d’une classe et, s’il est patron, d’une corporation, non pas un homme vivant par soi et pour soi. Il n’a pas l’habitude de l’indépendance, il n’en a pas l’idée.
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Portrait de Maurice Courant Maurice Courant Revue des Deux Mondes

Un culte spécial est sinon l’une des raisons d’être, du moins l’un des liens de la corporation. Chacune a son patron ; pour l’une, c’est le dieu de la richesse, pour l’autre Koan Yu, dieu de la guerre ; pour d’autres un esprit de compétence plus limitée, tel que Lou Pan, merveilleux mécanicien du temps de Confucius, aujourd’hui patron des charpentiers. Adoré dans chaque boutique par tous les patrons et commis, le génie protecteur a ses fêtes célébrées par toute la corporation à dates fixes.
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Portrait de Maurice Courant Maurice Courant Revue des Deux Mondes

Isolé, il ne vit qu’à demi ; une affinité puissante le soude à ses semblables, comme l’affinité chimique soude les molécules de l’oxygène et de l’hydrogène ; doué de plus de passivité que d’énergie, il vit, il pense en groupes. Aussi l’autorité de la corporation, loin d’être étrange pour le commerçant, est un besoin pour lui. Et par une conséquence de ce consentement universel, la corporation a le droit implicitement admis de requérir l’obéissance de ses membres, de contraindre ceux qui, par hasard, seraient récalcitrans à entrer dans son sein.
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