“ Le voyage nous emporte joyeusement à travers les montagnes où se blottissent des lacs étonnamment calmes, où des glaciers d’apparence immobile nourrissent des rivières qui se rejoignent pour former les profondeurs d’un fleuve. Nous touchons la lutte du glacier et de la forêt. L’arbre a conquis la montagne jusqu’à mi-pente et le sommet se dresse, dénudé. Puis des monts en enfilade complètement dépouillés forment une longue chaîne morte, d’un gris mat, où l’on marquerait d’une croix le repos de quelque génie. ”
Monts-de-piété
Définition et enjeux
Citations sur “monts-de-piété”
Onésime Reclus,
France, Algérie et colonies
“ MONTS, PLATEAUX, PLAINES, RÉGIONS NATURELLES La montagne, les montagnards. — L’âme de la nature c’est la mer, fontaine des pluies, réservoir des eaux, outre des vents sonores. La montagne attire ces pluies, renouvelle ces eaux, divise et distribue ces vents. L’Océan, chaudière de vie, brasse et mêle courants, souffles et climats ; il porte au Nord la tiédeur du Tropique, au Tropique la fraîcheur du Nord. La montagne ne mêle pas les climats, elle les sépare suivant ses versants, elle les étage suivant ses hauteurs. ”
Eugène de Fauque de Jonquières,
Poésies d'un marin
(1911)
“ Par toi les blancs glaciers, la neige éblouissante Des monts couronnent les sommets, Réservant les trésors d'une eau vivifiante Aux arbres des sombres forêts; Par ses courants puissants, ta masse immense et tiède Porte au rivage glacial La chaleur salutaire et douce que lui cède Le brûlant climat tropical ”
Auguste Angellier,
À l’amie perdue
“ Où le vent des glaciers, qui guérit les poitrines, Dans l’atmosphère sèche et cristalline vibre, Viens retrouver l’azur limpide de tes yeux Dans le cœur bienfaisant des monts majestueux ! V 1 Vois ces monts éternels, le Temps les désagrège ; Cultivés à leurs pieds, boisés à leur milieu, Plus haut couverts de prés, enfin dans le ciel bleu Couronnés fièrement d’étincelante neige, Ils dressent leur sommet jusqu’au divin cortège Des étoiles ; le ciel les pénètre d’un feu Qui ternit tous les feux terrestres, et vers Dieu Ils montent par élans que la lumière allège. ”
Julien Combe, Mémoires du colonel Combe sur les campagnes de Russie… (1853)
“ De tous côtés, on ne voit plus que des monts d'inégale hauteur, des routes étroites et tortueuses, et, à mesure qu'on s'élève dans les gorges qu'elles parcourent, on est saisi par le froid produit par des pics couverts de neige, ou le vent qui s'engouffre et circule dans les vallées. ”
Timoléon Villebresme, Deux jours par monts et par vaux dans le duché d'Aoste… (1850)
“ Rien de plus délicieux dans un pays de montagnes, par un ciel pur, que cette heure bien-aimée des longs jours. La chaleur, moins suffocante, permet déjà de respirer de légères brises embaumées viennent rafraîchir les sens et bruissent doucement dans le feuillage ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo
“ Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées. Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ; Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ; Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit ! Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule Comme un hymne confus des morts que nous aimons. Et la face des eaux, et le front des montagnes, Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers. ”
Théophile Gautier,
Poésies complètes
“ LES YEUX BLEUS DE LA MONTAGNE On trouve dans les monts des lacs de quelques toises,Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises,Joyaux tombés du doigt de l'ange Ithuriel,Où, le chamois craintif, lorsqu'il vient pour y boire,S'imagine, trompé par l'optique illusoire, Laper l'azur du ciel.Ces limpides bassins, quand le jour s'y reflète,Ont comme la prunelle une humide paillette;Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux,Par lesquels la montagne en extase contemple,Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple, Dieu, l'ouvrier jaloux! ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ Si nous en croyons les voyageurs, il est un charme à ces régions : le soir, le soleil, touchant la terre, semble rester immobile, et remonte ensuite dans le ciel au lieu de descendre sous l’horizon. Les monts revêtus de neige, les vallées tapissées de la mousse blanche que broutent les rennes, les mers couvertes de baleines et semées de glaces flottantes, toute cette scène brille, éclairée comme à la fois par les feux du couchant et la lumière de l’aurore : on ne sait si l’on assiste à la création ou à la fin du monde. ”
Maurice Rollinat,
Paysages et paysans
“ UN JOUR D’HIVER Arqué haut sur les monts et d’un bleu sans nuages Qu’un triomphant soleil embrase éblouissant, Le ciel, par la vallée où la chaleur descend, Anime, en plein hiver, la mort des paysages. Il semble qu’ici, là, la mouche revoltige, Tourne dans la poussière ardente du rayon ; On va voir le martin-pêcheur, le papillon, L’un raser le ruisseau, l’autre effleurer la tige ! Le ravin clair bénit l’horizon rallumé ; Du branchage et du tronc l’arbre désembrumé Contemple, radieux, le luisant de la pierre. Et, dans l’espace, au loin, partout, les yeux surpris Ont la sensation d’un été chauve et gris ”
Karl Des Monts, Les Légendes des Pyrénées. 3e édition (1876)
“ Seuls , dans tout le grandiose et immobile panorama déroulé sous vos yeux , les nuages qui courent au ciel , rapides et heurtés , conservent de l' animation et de la vie !... Aussi , tout en les regardant s' enfuir vers d' autres pays , emportés par le souffle impétueux d' un vent d' orage , se surprend -on parfois à envier leur sort , tant elles vous pèsent sur la poitrine et vous étouffent presque , ces gigantesques barrières qui ne vous laissent entrevoir qu' un petit coin du ciel . ”
Karl Des Monts, Les Légendes des Pyrénées. 3e édition (1876)
“ Au loin , enfin , d' âpres rochers enfarinés d' éblouissantes neiges se dressent devant vous comme autant de points d' exclamation . De leurs flancs raboteux et sombres , brûlés par le soleil , desséchés par le vent du nord , crevassés en tous sens , fendillés par le souffle impétueux des orages , semblent de temps à autre s' élever de sinistres murmures qu' on serait tenté de prendre pour autant de blasphèmes adressés à la nature , qui ne cesse d' être pour eux une impitoyable marâtre . Plus on avance et plus le paysage prend d' attristants aspects . ”
Charles Baudelaire,
Œuvres posthumes
(1887)
“ « Sur ces monts où le vent efface tout vestige, Ces glaciers pailletés qu'allume le soleil, Sur ces rochers altiers, où guette le vertige, Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil, « Sous mes pieds, sur ma tête, et partout, le silence, Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver, Le silence éternel et la montagne immense, Car l'air est immobile et tout semble rêver. ”
Louisa Siefert,
L’Année républicaine
“ Au-dessus des glaciers qui découpent l’azur, Au-dessus des grands bois qui surplombent la grève, Dans ses frissons de vierge & ses blancheurs de rêve, Comme un camellia fleuri dans l’éther pur, La lune lentement & fièrement s’élève. Devant elle un air froid descend des monts transis, Une brume d’argent monte des lacs mystiques, Le givre aux arbres pend ses joyaux fantastiques, Et, mystérieux temple aux reflets indécis, La cascade gelée a des arceaux gothiques. C’est l’heure où les rameaux effilés & tendus Pleurent tout bas, vibrant comme des chanterelles Sous l’invisible archet des peurs surnaturelles ; ”
Charles Martins, Une station géodésique au sommet du Canigou en 1872
“ Esquissant à grands traits les phénomènes météorologiques, l’aspect du ciel et des montagnes pendant l’hiver, les nuits sombres et brumeuses suivies de journées radieuses où le soleil illumine les hauts sommets, tandis que la plaine disparaît sous une épaisse couche de nuages, les violentes bourrasques de vent interrompues par des intervalles d’un calme profond, il arrive au moment de la fonte des neiges. ”
慧立 Hui Li, 彦悰 Yan Cong, Histoire de la vie de Hiouen-Thsang et de ses voyages dans l’Inde
“ Le sommet de la montagnes’élève jusqu’au ciel. Depuis le commencement du monde, la neige s’y est accumulée, et elle s’est changée en blocs de glace qui ne fondent ni au printemps, ni en été. Des nappes dures et brillantes se déroulent à l’infini, et se confondent avec les nuages. ”
Charles Darwin,
Voyage d’un naturaliste autour du monde
“ Près du sommet, le vent, comme à l’ordinaire, est froid et impétueux. Nous traversons quelques champs considérables de neiges perpétuelles qui vont bientôt se trouver recouvertes par de nouvelles couches. Arrivés au sommet, nous nous retournons, et le spectacle le plus magnifique frappe nos regards. L’atmosphère limpide, le ciel bleu foncé, les vallées profondes, les pics dénudés aux formes étranges, les ruines entassées pendant tant de siècles, les rochers aux brillantes couleurs, qui contrastent si vivement avec la blancheur de la neige, tout ce qui m’entoure forme une scène indescriptible. ”
Ferdinand Denis,
Le Tour du monde
“ On a tout dit sur ce grand cône de verdure et de neige, qui n’a d’égal pour la majesté que le ciel, qui l’inonde de ses splendeurs. Après la tempête, un calme plat s’était fait tout à coup, la mer était encore émue, mais les vents ne soufflaient pas. Durant deux jours, les voyageurs se recueillirent devant la montagne. ”
Alfred de Musset,
Revue des Deux Mondes
“ L’homme supplie encore et regarde le ciel, Le voyageur, levant la tête, Vit les Alpes debout dans leur calme éternel, Et, devant lui, le sommet du Mont-Rose, Où la neige et l’azur se disputaient gaîment. ”
Frédéric Bourgeois de Mercey,
Souvenirs et récits de voyages…
(1857)
“ Si la chaleur est excessive, l'élasticité de l'air aide à la supporter, et certain vent tiède, au fond duquel je retrouve un peu de cette fraîcheur de montagnes si désirable l'été dans un pays de plaines, tempère agréablement les ardeurs du climat. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Ce que je dis des grands pics, s’applique de lui-même aux pics moins élevés, aux montagnes du second ordre ; celles-ci agissent moins vivement & d’une manière moins bien prononcée ; mais elles agissent, & on s’en convaincra si l’on prend la peine d’étudier la marche des nuages. D’ailleurs, l’expérience de tous les lieux a prouvé qu’il pleut & neige beaucoup plus dans la région des montagnes que dans la plaine. ”
Prosper de Pietra Santa, Essai de climatologie théorique et pratique… (1865)
“ Les montagnes agissent sur les plaines voisines par l'inclinaison de leurs parties, l'ombre qu'elles projettent aux différentes heures du jour, et les inégalités qu'elles déterminent dans le rayonnement nocturne. ”
Edmond de Goncourt,
La maison d'un artiste, Tome 1
“ Puis des altitudes, où la pluie raie le ciel et le paysage noyé, où se déchaînent sous la montagne toute blanche, de noirs orages balafrés d'éclairs, où des tourmentes de neige enferment, dans des anfractuosités de roche, des gens qu'on y voit blottis comme des bêtes. ”
Karl Des Monts, Les Légendes des Pyrénées. 3e édition (1876)
“ Au sommet de la vieille tour de Marguerite croissent des violettes ; sur ce donjon à demi ruiné , les Fées viennent , pendant les nuits d' été , former des danses où nul mortel n' est admis . Sous leurs pas entrelacés naissent ces jolies petites fleurs des monts dont les suaves exhalaisons se répandent dans la pittoresque vallée que les flots de l' Ourse traversent avec rapidité en bruissant . Au dernier jour de décembre chaque famille de cette région presque ignorée attend les Fées avec anxiété . ”
James Fenimore Cooper,
Les Lions de mer
“ Les montagnes de glace brillaient de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à mesure que le soleil se reflétait sur leurs cimes ou sur leurs flancs, ou qu’elles se trouvaient cachées par des nuages épais et sombres. ”
Louis Bailleul, Les Grimpeurs de montagnes, par L. Bailleul (1882)
“ Chacun voulait saluer les premiers rayons du soleil. Mais c'est à peine s'il y a place pour cinquante personnes sur le sommet de la montagne, et souvent le brouillard, la pluie, la neige causent bien des déceptions. ”
Paul Güssfeldt,
Mont Blanc, ascensions d'hiver et d'été…
(1899)
“ Le soleil étincelle dans un ciel sans nuage. Ses ardents rayons, réfléchis de tous côtés par le sol immaculé et par les flancs de neige de la vallée, semblent converger sur nous et nous sommes baignés dans un océan de feu et de lumière. Pendant la nuit et à l'aube nous avons eu. jusqu'à onze degrés de froid. Au sommet, le veut et l'immobilité nous ont glacés jusqu'aux moelles. Actuellement le contraste est aussi fort que lorsque, au coeur de l'hiver, on entre tout à coup dans l'atmosphère surchauffée d'un appartement bien clos, après un long séjour en plein air. ”
Amélie Chevalier, Les voyageuses au XIXe siècle
“ À l’approche du lever, du soleil, ils se remirent en mouvement ; car voir lever le soleil du sommet d’une montagne est un spectacle splendide dont on a rarement l’occasion de jouir. Depuis le pic glacé qui les dominait, avec ses neiges éternelles et ses forêts vierges de sentiers, jusqu’aux plaines qui s’étendaient au pied de la chaîne comme un océan sans vagues, tout subit une étrange et merveilleuse transformation lorsque le soleil, dans la plénitude de sa splendeur, dépassa la ligne de l’horizon ”
Louis Étienne, Une nouvelle forme de poésie dramatique en Angleterre…
“ Avez-vous vu, lorsque le printemps lance des rayons que rien n’arrête plus au passage, une montagne, dernier obstacle qui lui résistait, tandis que la vallée riante était tout en fleurs, garder encore sur sa poitrine de pierre la neige d’une année attachée à ses flancs comme une cuirasse? ”
Auteur : Jules Leclercq, Revue des Deux Mondes
“ Nous rencontrons, çà et là, de grands amas de neige qui ont la dureté de la glace. Nous atteignons, tout en nage, à une heure du matin, un plateau de 360 mètres d’altitude, balayé par un vent glacial, sec, pénétrant, qui fige la sueur sur le corps. La température est de 1°,9. De là nous planons sur une terre de désolation, déserte et nue, d’un caractère dantesque, qui représente l’aspect du globe à l’époque glaciaire, avant que l’homme et la végétation n’y eussent fait leur apparition. Ce paysage est d’une telle grandeur qu’il nous arrache à tous des cris d’admiration. ”
Charles Martins, Deux Ascensions au Mont-Blanc, études de météorologie et d’histoire naturelle
“ Des nuits passées dans les chalets ou sous une pierre près de la limite des neiges éternelles, les difficultés réelles et les dangers sérieux des glaciers, les obstacles imprévus de rochers verticaux barrant l’accès de la cime désirée, le froid, les effets de la raréfaction de l’air, des nuages enveloppant subitement la montagne dans une brume épaisse, les orages dont la foudre frappe si souvent les sommets, l’obscurité surprenant le voyageur au milieu de ces déserts de neige et de glace, voilà des fatigues dignes de la vigueur et des aspirations d’une jeunesse virile et bien trempée. ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
“ Chaque vallée, chaque réduit avec ses lacs, ses rochers, ses forêts, devient un temple de silence et de solitude. En hiver, les montagnes nous présentent l’image des zones polaires ; en automne, sous un ciel pluvieux, dans leurs différentes nuances de ténèbres, elles ressemblent à des lithographies grises, noires, bistrées : la tempête aussi leur va bien, de même que les vapeurs, demi-brouillards, demi-nuages, qui roulent à leurs pieds ou se suspendent à leurs flancs. ”
Charles Lefebure, Mes étapes d'alpinisme (1900)
“ Ici se place l'objection que j'ai présentée, en déclarant que la montagne est aussi changeante que la mer. Le moindre mauvais temps, la brume qui en mer coupe notre horizon, fonce, verdit, brunit ou grise les flots, ce mauvais temps, ces nuages se mouvant sur les flancs des montagnes les ont coupées en mille aspects; enfin l'horizon a disparu pendant que la neige tombe sur les sommets et que la pluie arrose les alpages. Mais les buées passent et il reste un nouveau paysage. Toute la chaîne des montagnes est saupoudrée, silhouettée de neige, merveilleux décor ! ”
Alphonse de Lamartine,
Voyage en Orient
“ C’est un de ces nombreux chefs-d’œuvre de la création, que Dieu a répandus partout comme pour se jouer avec les contrastes, mais qu’il se plaît à cacher, le plus souvent, sur les cimes impraticables des monts escarpés, dans le fond des ravins sans accès, sur les écueils les plus inabordables de l’Océan, comme des joyaux de la nature qu’elle ne découvre que rarement à des hommes simples, à des bergers, à des pêcheurs, aux voyageurs, aux poëtes, ou à la pieuse contemplation des solitaires. ”
Louis Marius Astouin,
Perles de rosée : poésies
(1855)
“ Tout est inerte, l'air, les fleurs, l'homme, l'espace, Jusqu'à ce que, perçant ce suaire de glace, Le jour rende à l'éther son éclat radieux. Mais un vent glacial du nord-ouest s'élance, Et son souffle vainqueur, de cette brume immense Disperse les vapeurs qui flottent sur nos toits; Un soleil faible, mais dégagé de nuages Paraît; son doux sourire anime ces rivages, Et rend à la nature et la vie et la voix. ”
