Résumé

Charles Martins Une station géodésique au sommet du Canigou en 1872

Nous vîmes alors l’ombre immense du Canigou, qui se prolongeait dans l’ouest jusqu’aux cimes les plus éloignées ; elle diminua peu à peu en se rapprochant, et s’évanouit enfin dans la vallée de la Têt. Le jour était venu, précédé d’une aurore prolongée, et le soleil en quittant la callina était assez élevé au-dessus de l’horizon pour illuminer à la fois la plaine et la montagne.
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Charles Martins Une station géodésique au sommet du Canigou en 1872

Le touriste confiant gravit courageusement la montagne dans l’espoir de jouir au sommet de la vue étendue promise par son guide. Après plusieurs heures de fatigue, il arrive au sommet : ô déception ! au-dessus de sa tête, le ciel est toujours pur, pas un nuage n’en trouble l’azur, les objets rapprochés sont parfaitement visibles ; mais plus loin, à quelques lieues et surtout à l’horizon, une fumée rougeâtre enveloppe tous les objets, les contours des montagnes sont indécis, et les cimes semblent surgir d’une mer de brouillard.
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Charles Martins Une station géodésique au sommet du Canigou en 1872

Les noires forêts se dessinent sur le flanc des montagnes, les pentes gazonnées reparaissent, la végétation renaît, les troupeaux s’apprêtent à monter dans les pâturages. L’été règne enfin, et les hauts sommets, devenus accessibles à l’homme, appellent le touriste pour réjouir les yeux, le poète pour l’inspirer, et te savant pour lui révéler des secrets que la nature dérobe à celui qui l’interroge entre les murs étroits d’un laboratoire ou dans les limites de l’horizon borné des villes et des plaines habitées.
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