“ Et il fut interrompu par l’arrivée d’une femme énorme, madame Méchain, bien connue des habitués de la Bourse, une de ces enragées et misérables joueuses, dont les mains grasses tripotent dans toutes sortes de louches besognes. Son visage de pleine lune, bouffi et rouge, aux minces yeux bleus, au petit nez perdu, à la petite bouche d’où sortait une voix flûtée d’enfant, semblait déborder du vieux chapeau mauve, noué de travers par des brides grenat ; et la gorge géante, et le ventre hydropique, crevaient la robe de popeline verte, mangée de boue, tournée au jaune. ”
Méchain
Définition et enjeux
Citations sur “Méchain”
“ — Je vous expliquais donc, madame, reprit la Méchain, que Victor n’a pas eu de trop bons exemples sous les yeux, et qu’il serait temps de songer à son éducation, car le voilà qui achève ses douze ans... Du vivant de sa mère, n’est-ce pas ? il voyait des choses pas très convenables, attendu qu’elle ne se gênait guère, quand elle était soûle. Elle amenait les hommes, et tout ça se passait devant lui... ”
Wilfrid de Fonvielle,
La mesure du mètre : dangers et aventures des savants qui l'ont déterminée
(1886)
“ Mais Méchain, qui savait par une trop cruelle expérience à quelles excitations de corps et d'esprit se vouent les hommes qui sacrifient même aux Muses les plus utiles et les plus sévères, crut rendre service à son nouvel ami en employant toute son autorité morale auprès de l'adolescent pour l'engager à adopter la paisible carrière de son père. ”
F. Arago, Histoire de ma jeunesse (1854)
“ Méchain, membre de l’Académie des sciences et de l’Institut, fut chargé en 1792 d’aller prolonger la mesure de la méridienne en Espagne, jusqu’à Barcelone. Pendant ses opérations dans les Pyrénées, en 1794, il avait connu mon père qui était un des administrateurs du département des Pyrénées-Orientales. Plus tard, en 1803, lorsqu’il s’agissait de continuer la mesure de la méridienne jusqu’aux îles Baléares, M. Méchain passa de nouveau à Perpignan et vint rendre visite à mon père. ”
Léon Chauvin, Histoire du mètre d'après les travaux et rapports de Delambre… (1901)
“ Méchain ne put se rendre à Paris, comme il y était invité par l'article 5 ; il étaii encore à Marseille le 13 thermidor, et il s'embarqua pour Ven-dres, auprès de Perpignan, où il dut arriver dans le courant de fructidor, car, le 27 il observait à Forcerai. Son premier soin fut de parcourir les stations entre les Pyrénées et Carcassonne, pour y faire placer les signaux. Il m'écrivait à cette occasion qu'il lui paraissait bien difficile, dans les circonstances, de se servir des réverbères, qui inquiéteraient et alarmeraient les habitants des campagnes. ”
Wilfrid de Fonvielle,
La mesure du mètre : dangers et aventures des savants qui l'ont déterminée
(1886)
“ Méchain put partir, accompagné par son ami Lechevalier, bien connu par son voyage en Troade et par un grand nombre d'ouvrages intéressants. On consentit même à lui donner son fils comme adjoint. Méchain arrive sans perdre un seul jour à Barcelone. Mais oh sait combien de tout temps les autorités espagnoles ont été nonchalantes. Cet homme impétueux, concentré, tenace, qui sent qu'on l'observe, qu'on s'apprête à le critiquer, ne trouve rien de prêt. On a bien mis à sa disposition un brigantin pour le transporter aux Baléares, mais ce bâtiment est infecté -de la fièvre jaune.. ”
Wilfrid de Fonvielle,
La mesure du mètre : dangers et aventures des savants qui l'ont déterminée
(1886)
“ On accepta donc l'offre de Méchain et l'on se mit en devoir de procéder à son exécution. Ce n'est pas sans quelque difficulté que l'on procéda au choix des délégués qui devaient accompagner Tranchot jusqu'à Compiègne. En attendant le retour de la délégation, Méchain conçut l'idée d'inviter sans céré- monie le farouche municipal à partager son repas, qui fut assaisonné de quèlques provisions de bouche et de quelques bouteilles de vin qu'il avait dans les coffres de sa voiture. ”
Alcide de Beauchesne, Louis XVII, sa vie, son agonie… (1871)
“ Dans la journée, M. Méchain reçut une lettre de M. Bacher qui le priait d'informer Marie-Thérèse-Charlotte que le lendemain entre quatre et cinq heures il viendrait la prendre pour la conduire auprès du prince de Gavre et du baron de Degelmann, chargés de la recevoir au nom de Sa Majesté Impériale. M. Méchain répondit qu'il venait de communiquer cet avis à Marie-Thérèse-Charlotte, et qu'elle était prête à s'y conformer. A ce billet, Gomin en joignit un autre; c'était la prière de faire-prendre à la poste de Basle les lettres à son adresse. ”
Wilfrid de Fonvielle,
La mesure du mètre : dangers et aventures des savants qui l'ont déterminée
(1886)
“ Nomination de Biot. — Nomination d'Arago. — Arago au désert des Palmes. — Biot organise les autres stations. — Doutes. — Succès. — Lecture de la lettre de Méchain. — Derniers travaux. — Premier départ de Biot pour la France. La nouvelle de la mort de Méchain produisit un en'et lugubre à l'Institut et à l'Observatoire. Trois longues années s'écoulèrent sans qu'on lui donnât un successeur. Ce n'est qu'en 1807 que le Bureau des longitudes fit reprendre les opérations, interrompues d'une façon si tragique. ”
Charles Didier,
Revue des Deux Mondes
“ Le bacha de Tétouan m’avait refusé la licence et l’escorte nécessaires, et il m’avait renvoyé, pour avoir l’une et l’autre, au kaïd de Tanger. Celui-ci ne me les refusa pas, mais il répondit à M. Méchain, notre chargé d’affaires, qui les lui demanda pour moi officiellement, que le pays que je devais traverser appartenait bien en effet à son gouvernement, mais qu’il était en partie occupé par une tribu fort indisciplinée qui ne reconnaissait qu’à demi son autorité et qui était fort adonnée au brigandage ; qu’un soldat d’escorte ne me suffirait plus comme pour Tétouan ”
Léon Chauvin, Histoire du mètre d'après les travaux et rapports de Delambre… (1901)
“ ART. 5. — Le citoyen Delambre partira le plus tôt possible pour la continuation de la détermination des triangles, en allant vers le midi. Le citoyen Méchain fera les mêmes opérations en partant des Pyrénées, et venant à la rencontre du citoyen Delambre. Cependant le citoyen Méchain se rendra préalablement à Paris, et ce ne sera qu'après avoir conféré avec lui que l'assemblée des commissaires réunis prendra un parti définitif, relativement aux observations de la hauteur du pôle et à la mesure des bases. ”
Wilfrid de Fonvielle,
La mesure du mètre : dangers et aventures des savants qui l'ont déterminée
(1886)
“ Il a exécuté avec la régularité machinale d'un soldat dil devoir toutes les missions nombreuses dont il a été chargé pendant sa carrière académique, avant d'avoir obtenu celle qui faisait son orgueil et qu'il devait accomplir avec un dévouement poussé jusqu'à l'exaltation. Le collègue de Méchain était presque son compatriote, puisqu'il était né à Amiens; il était moins âgé de cinq années. C'était également le rejeton d'une famille peu fortunée, qui avait été élevé par le curé de son village et qui avait commencé par porter toute son activité sur la littérature. ”
Léon Chauvin, Histoire du mètre d'après les travaux et rapports de Delambre… (1901)
“ Le mien était composé de 380,000 toises que l'on compte de Rodez à Dun-kerque. La raison de cette répartition inégale fut que la partie espagnole était absolument neuve, tandis que le reste avait été déjà mesuré deux fois; nous étions persuadés qu'elle devait offrir bien de difficultés; nous ignorions que les plus grandes se trouveraient pour nous aux portes mêmes de Paris. Méchain en fit bientôt la triste expérience: arrêté dès la troisième poste par des citoyens inquiets, qui ne voyaient partout que complots et projets de contre-révolution, il eut beaucoup de peine à se tirer de leurs mains ”
Joseph Marie Gaston d' Arlanges, Lettres du général d'Arlanges à M. le président de la Chambre des Députés… (1837)
“ Ils ne prennent jamais de vivres que pour une dizaine de jours, et ils emportent leurs morts à leurs tribus, M. Méchain, consul à Tanger, m'a mandé depuis, que ces pertes les avaient tellement attérés,que, malgré leurs forfanteries habituelles, ils sont rentrés chez eux à petit bruit, sans réjouissances, sans étalage de têtes coupées,de dépouilles enlevées, etc. Peut-être M. le colonel de La Rue a-t-il eu les mêmes renseignements sur les lieux. ”
Wilfrid de Fonvielle,
La mesure du mètre : dangers et aventures des savants qui l'ont déterminée
(1886)
“ Le succès de cette grande et salutaire réforme doit donc être attribué aux hommes de cœur qui ont eu le courage de risquer leur tête pour terminer le règne de l'échafaud et pour regarder la Terreur en face, comme Neptune lorsqu'il s'adressa aux flots pour prononcer son Quos ego.... CHAPITRE XI Dangers et difficultés de Méchain sur la frontière d'Espagne. — Ses rapports avec le citoyen Arago. — Tranchot arrêté et garrotté par les miquelets. — Accident terrible arrivé à Méchain. — Il est fait prisonnier à Barcelone. — Sa misère. — Noble dévouement de sa femme. ”
Albert Viviès, L'âme de la Cochinchine (1924)
“ Survienne la plus petite marée, toute le région est inondée et c'est bien là sa richesse car le Mékong est, comme le Nil, un grand seigneur prodigue qui, trop lourd de sa fortune qu'il porte toujours en lui, l'abandonne en passant. ”
Alphonse de Lamartine,
Voyage en Orient
“ Mehanna-el-Fadel, fils de Melkhgem, à Scheik-Ibrahim et à Abdalla-el-Kratib, salut. Que la miséricorde de Dieu soit sur vous ! À l’arrivée de notre fils Nasser, nous avons été instruit du désir que vous avez de nous visiter : soyez les bienvenus, vous répandrez la bénédiction sur nous. Ne craignez rien, vous avez la protection de Dieu et la parole de Mehanna ; rien ne vous touchera que la pluie du ciel. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1858)
“ Méquinez ou Meknês, appelée aussi Meknasàh, dans la plaine, à 60 kilomètres au sud-ouest de Fez, a mérité par sa salubrité d'être souvent la résidence du sultan. Elle est située dans un vallon fertile; c'est une grande ville de 20,000 âmes. Renfermée dans une triple enceinte de murs de 3 mèlres de hauteur sur 1 d'épaisseur, elle présente un bel aspect, qu'elle doit principalement à ses nombreuses mosquées et au palais impérial, qui, avec ses fortifications, occupe près d'un tiers de la ville. ”
Édouard Guillaumet, Tableaux soudanais (1899)
“ Le boucher de la tribu est venu égorger le mouton blanc dont on m'a fait cadeau, et mis entier à la broche autour d'une perche d'un bois très dur, le voici qui tourne au-dessus d'un feu de branches très sèches dont la flamme sans fumée lèche la chair sans la brûler. C'est le méchoui, le repas de fête à la mode chez les tribus nomades, qui tout à l'heure assemblera autour du foyer éteint les enfants d'Allah et leur hôte. ”
Maistre de La Tour, Histoire d’Ayder-Ali-Khan, Nabab-Bahader
“ Il y avoit en ce moment plusieurs Officiers avec lui ; dès qu’il l’apperçut, il lui dit : Madame, le Père Provincial, votre adversaire, m’a fait hier sa confession ; il faut absolument que vous me fassiez la vôtre, & je crois que vous ne vous y refuserez pas. La Dame Mequinès, croyant triompher, s’y fournit volontiers. Tout le monde s’étant retiré, il lui tint ce discours : Comment avez-vous pu vous précipiter de gaieté de cœur dans l’abîme où vous êtes tombée. Vous jouissez d’un grand revenu par la bonté du Nabab, & vous osez en imposer à ce Prince que vous savez être si juste & si sévère. ”
Jean de Pontevès de Sabran, Notes de voyage d'un hussard, un raid en Asie… (1890)
“ A chaque instant, nous sommes en passe de chavirer dans ces charniers humides ou pierreux, où des gens agenouillés prient, — pendant que d'autres travaillent à l'empuanteur présente, — en attendant la peste future. C'est inepte et ignoble! Enfin nous sommes en pleine campagne. D'ici, c'est-à-dire de très loin, Méched a grand air avec son interminable ceinture (18 kilomètres) de murailles crénelées, ses portes brillantes et son groupe central de monuments en relief, dont les ors et les bleus scintillent au soleil couchant. ”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ « Le roi Mehaignié, » dit l’évêque, « a raison. Il est bien éloigné du temps où la mort le visitera ; nous ni les enfants de nos enfants ne lui survivrons. Près d’ici, à sept lieues galloises, nous trouverons le réduit d’un bon ermite qui l’accueillera et se réjouira de pouvoir le servir. C’est là qu’il convient de transporter le roi Mehaignié. » Quand fut disposée la litière sur laquelle on l’étendit, il partit accompagné du roi Nascien, du duc Ganor, des deux Joseph et de la reine Sarracinthe. L’ermitage où ils s’arrêtèrent était éloigné, comme avait dit Josephe, de toute habitation. ”
Duchesne de Bellecourt, La Colonie de Saïgon - Les Agrandissemens de la France dans le bassin du Mékong
“ Ainsi, tout imparfaitement qu’elle soit connue, l’histoire du pays où la France s’est établie nous apprend que pendant une longue suite de siècles tout le sud du bassin du Mékong, de la cataracte à la mer, a formé un état unique, et que les conquérans qui nous y ont précédés, après s’être arrêtés ainsi que nous à l’est du grand fleuve, n’ont pas tardé à considérer comme indispensable une extension de conquête qui, mettant entre leurs mains tous les débouchés du fleuve, les renfermât dans les mêmes frontières que sous les plus anciens possesseurs. ”
Louis de Carné,
Exploration du Mékong. — I. — Les ruines d’Angcor et les rapides de Khon
“ A l’endroit où débouchent un certain nombre de bras du fleuve, la vue gagne en étendue comme au rond-point d’une forêt bien percée. La nappe d’eau est immense, unie comme un lac; on dirait que le Mékong se recueille avant les grands désordres qui l’attendent plus bas. ”
Louis Vian, L'Algérie contemporaine (1863)
“ Bien mieux : M. Meignier est le plus honorable émigrant de l'Algérie et le premier cultivateur de la plaine du Nador. Un fermier de ses voisins, qui ne sème et ne récolte, au su de tous, que du blé, vient un jour le voir et lui « dit : J'ai fait à un de mes amis de France l'éloge de notre « tabac ; vendez-m'en donc quelques livres pour soutenir «mes prétentions. — « Non, répliqua M. Meignier, vu « le peu qu'il vous en faut et par amour-propre de colon, « Je désire que vous choisissiez la fleur de ma récolte. » ”
Émile Gaboriau,
Le petit vieux des Batignolles
“ Allons, me voilà encore sain et sauf pour cette fois, me dit M. Méchinet. Mille remerciements, cher monsieur Godeuil. Surtout, de grâce, ne parlez à personne de ce petit accident, et... bonne nuit.Bonne nuit!... Je songeais bien à dormir, vraiment!Quand je me rappelle tout ce qu’il me passa par la cervelle d’hypothèses saugrenues et d’imaginations romanesques, je ne puis m’empêcher de rire.M. Méchinet prenait dans mon esprit des proportions fantastiques.Lui, le lendemain, vint tranquillement me remercier encore et m’invita à dîner. ”
E. Pellissier de Reynaud, Revue des Deux Mondes
“ C’est la Méchiah, ravissante oasis où croissent mêlés le palmier, l’olivier, l’oranger, et tous les arbres et arbustes à fruits et à fleurs de l’Europe et de l’Afrique. Il n’y manque que de l’eau courante; mais les puits y sont extrêmement nombreux et peu profonds, de sorte que les moyens d’irrigation ne font jamais défaut. Le système de puisage est le grand seau de cuir à bascule, comme dans un grand nombre d’autres localités de l’Orient. La population de la Méchiah est un peu plus considérable que celle de la ville; elle est honnête, laborieuse et extrêmement polie. ”
P. L. Jacob,
Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours…
“ Meschinus et mischinus se trouvent, dès le dixième siècle, dans les cartulaires monastiques, comme Ducange en fournit plusieurs preuves: ils signifient jeunes serfs et par extension valets. C’est ce dernier sens que le [389] mot meschin affecte plus particulièrement dans la langue du douzième siècle; mais alors il ne se prend qu’en bonne part et il équivaut à jeune gars, à jouvenceau. Il revient souvent dans le roman de Garin et toujours honorablement; comme dans ce vers: Vous estes jones jovenciaux et meschins. Le féminin meschine, meschina, n’eut pas d’abord un emploi moins honorable ”
Alexandre Mérignhac, Précis de législation et d'économie coloniales (1925)
“ La région de Meknès comprend la ville et sa barilieue, l'annexe des Beni M'Tir, les circonscriptions territoriales d'Oulmès et d'Ould-jet-Soltane, les cercles des Zaïans, des Beni M'Guild et d'Itzer. Elle constitue le commandement central du pays, à cheval sur le Moyen-Atlas et est subordonnée au commandant de la région de Fez. la mission de ce dernier consistant à tenir le Maroc central et à faire face, du côté Nord, à la zone espagnole et, du côté Sud-Est, au Taffilet, avec les moyens politiques et militaires dont disposent les deux régions de Fez et de Meknès. ”
Gustave de Cougny,
Vie de saint Mexme, fondateur du monastère de Saint-Mexme…
(18..)
“ Trompé dans ses espérances, il résolut de s'enfuir et de retourner à Chinon, abandonnant cette dignité, qui lui était comme une lourde et pénible charge. Dieu voulut alors éprouver la foi de son serviteur. Comme il traversait la Saône, le bateau qui le portait fut submergé par les flots. Mexme, tenant suspendus à son cou le livre des Évangiles, avec la patène et le calice qui lui servaient pour la célébration quotidienne du saint sacrifice, fut englouti dans le fleuve. ”
