Albert Viviès

Résumé

Albert Viviès L'âme de la Cochinchine (1924)

Derrière les villages, c'est la rizière qui sert de trait d'union entre les eaux et la forêt. Elle s'étend, de plus en plus large, fertile et riche, et voilà bien la vraie BasseCochinchine, toute la Basse-Cochinchine même car l'Annamite, ce fils du Mékong, est en perpétuelle tutelle comme le Fellah fils du Nil. Avec sa charrue, de bois dur mais léger, il sillonne, aidé par le buffle, cette vase immonde et pourtant bienfaitrice : il la fouille en surface, comme s'il avait peur de l'écorcher trop fort.
Source : Gallica

Albert Viviès L'âme de la Cochinchine (1924)

Par bonheur, il arrive que de grandioses peintures redonnent, à la pensée lourde des fumées imaginaires du vice évoqué, l'envol libérateur; et l'espérance naît de découvrir enfin la beauté réelle de notre Cochinchine, quand une promenade, même à peine hors de la ville, conduit vers la campagne se profilant sur un ciel chargé des feux, restés sanglants, d'un soleil qui fut, pendant le jour, implacable de pureté; car c'est de la campagne que s'élève l'âme du pays.
Source : Gallica

Albert Viviès L'âme de la Cochinchine (1924)

Comme l'Arabe vénère le chameau à la force gracile, l'Annamite affectionne le buffle, géant fragile. Pour lui, c'est le labour, pour lui, c'est la moisson, pour lui, c'est le salut. Hélas, ce vaste corps au poil rare et boueux, ce massif encorné aux épaules puissantes, ces pattes lourdement incrustées dans la vase font croire à la santé qui n'est qu'illusoire. Cette force asservie est des plus susceptibles.
Source : Gallica

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