Résumé

Henri Danguy Le Nouveau Visage de la Cochinchine (1929)

Cet après-midi-là, j'ai vu le vrai Cholon, celui qui ravitaille le monde en riz, la Cochinchine en cochons, en canards et en alcool. C... m'a emmené, par le quai de l'arroyo chinois, et par des ponts invraisemblables, à Binh-Tay, à Rachcat, à Binh Dong. Plus de regards équivoques aggravés par les reflets des plateaux, des chandeliers, des brûleparfums, des gongs de cuivre, et les luisances discrètes des porcelaines. Plus d'ombres inaffirmées dans un jour filtré par les vitrines et les stores. Rien que des affirmations : du soleil et de la nuit ; d'un côté, la route, l'arroyo, les champs
Source : Gallica

Henri Danguy Le Nouveau Visage de la Cochinchine (1929)

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ni les hommes. L'eau lourde s'insinue entre les roseaux, et lasse, n'achève pas son baiser à la glaise. La proue d'une jonque est dans la poupe d'une autre. Des coolies fléchissent, se redressent, fléchissent, s'en vont, respirant du feu, marchant sur la terre en feu, crispant leurs mains sur des sacs surchauffés, chaîne de fourmis que la nuit des hangars absorbe chargés et vomit bras ballants, pectoraux mécanisés, gueule béante. Un troupeau de dix mille canards descend l'arroyo comme le ferait une île d'herbes.
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mites font beaucoup de bruit, mais une réserve grave subsiste dans leur maintien. Leurs yeux seulement reflètent la gaieté — une gaieté qui s'allume et décroît, comme celle des enfants, qui a besoin sans cesse d'aliments nouveaux : ils aiment qu'on les amuse.
Le gong a frappé le réveil des bruits et des lumières. Une frémissement parcourt la colonne des porteurs de lanternes. Le dragon s'étire, chavire ses yeux, bâille, se décide, se contorsionne. Pétards, trompettes, pétrole, cymbales. Le monstre exige autant de bruit pour son départ que pour son arrivée.
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