“ Ces rochers, au sommet desquels commençaient les glaciers, d’abord resserrés en étroites coulisses et peu à peu disposés en vastes arènes éblouissantes, étaient les premières assises de la masse effrayante du Mont-Rose, dont les neiges éternelles se dessinaient encore en carmin orangé dans le ciel, quand la vallée nageait dans le bleu du soir. ”
Mont Rose
Définition et enjeux
Le Mont-Rose, sommet emblématique des Alpes pennines, incarne à la fois la grandeur géologique et l’inspiration artistique. Émile de Laveleye le présente comme un défi technique exceptionnel, en contraste avec le Mont-Blanc, tandis que Stéphen d’Arve évoque sa majesté au sein d’un paysage de glaciers et de cimes.
Alfred de Musset, dans une poésie lyrique, célèbre sa présence éternelle, et Louis d’Orléans-Bragance relate l’expérience sensorielle de son escalade. Ces approches, mêlant science, poésie et témoignage, révèlent une diversité d’interprétations du Mont-Rose, entre géographie et imagination.
Citations sur “Mont Rose”
Alfred de Musset,
Revue des Deux Mondes
“ L’homme supplie encore et regarde le ciel, Le voyageur, levant la tête, Vit les Alpes debout dans leur calme éternel, Et, devant lui, le sommet du Mont-Rose, Où la neige et l’azur se disputaient gaîment. ”
Stéphen d' Arve, Histoire du Mont-Blanc et de la vallée de Chamonix… (1876)
“ C'était, de tous les côtés, une succession indéfinie de montagnes, de glaciers, de vallées, de nuages. J'étais éblouis ; un frisson a passé par tout mon corps et deux larmes sont venues à mes yeux. J'avais autour de moi un panorama de plus de cinquante lieues de rayon : Ces grandes masses de la Suisse attiraient mes regards. Au nord-est, je voyais la Gemmi et la Yunfraug dresser leurs têtes blanches entre les Diablerets et le Finsteraarhorn ; à l'est, le beau massif du Mont-Rose, le rival du Mont-Blanc, flanqué du Mont-Cervin, du Mont-Velan et de la Furka. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ On le voit, l’ascension du Mont-Rose exige plus de force, plus d’adresse, plus de sang-froid que celle du Mont-Blanc ; mais elle est moins périlleuse, parce que l’on a moins à redouter les crevasses cachées, les avalanches et le glissement des neiges, ces dangers où peuvent succomber les montagnards les plus prévoyans et les plus aguerris. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ LE MONT-ROSE ET LES ALPES PENNINES SOUVENIRS DE VOYAGE Il n’y a pas longtemps que l’homme connaît ou plutôt qu’il a commencé de connaître le relief de la planète qu’il habite. Ce qu’il ignorait surtout jadis, c’était la direction des chaînes de montagnes, la hauteur relative de leurs points culminans, la forme de leurs massifs, les plis et les lignes de faîte qui en déterminent le contour. L’orographie est une science toute moderne. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ I Entre la vallée de la Dora-Baltea, en Piémont, qui court vers l’orient, et celle du Rhône, en Suisse, qui se prolonge dans une direction parallèle, mais vers l’occident, se dresse un puissant massif de montagnes qu’on appelle les Alpes pennines. Cette partie de la grande chaîne des Alpes qui forme l’enceinte de l’Italie de ce côté commence au passage du Grand-Saint-Bernard et finit au passage du Simplon. Le Mont-Rose en marque le point culminant. La structure de ce massif présente le type parfait d’une grande ride de soulèvement. ”
Louis d' Orléans-Bragance, Dans les Alpes, 1896-1899. Mont-Blanc… (1901)
“ Nous passons au sommet une charmante demi-heure, caressés par un délicieux soleil qui ne luit que pour nous et dont ne jouis- sent pas les habitants de la vallée : on ne se croirait guère à 4,600 mètres. Peu à peu le vide se fait autour de nous ; l'une après l'autre les caravanes partent. A notre tour nous disons adieu au Mont-Rose et nous nous mettons en route, non sans regret. La traversée de l'arête est maintenant bien plus facile qu'à la montée ; presque partout, en effet, le soleil a fait fondre la glace, et là où il y en a encore les marches sont taillées. ”
Paul Güssfeldt,
Mont Blanc, ascensions d'hiver et d'été…
(1899)
“ Les massifs les plus en vue sont les montagnes de Zermatt, dominées par le Mont Rose, puis les Alpes bernoises, le groupe du Grand Paradis celui du Pelvoux. Ils entourent le Mont Blanc comme des satellites et leurs bastions de neige émergent des teintes grises et violettes des régions inférieures. Ils font naître l'impression d'un calme sublime parce qu'ils apparaissent seulement dans leur masse et que leurs sommets, bien que très abrupts, n'inspirent plus aucun effroi. ”
George Mallet, Le Tour du lac de Genève (1824)
“ Au coucher du soleil, lorsque la plaine est dans l'ombre, les montagnes les moins élevées, frappées par ses rayons obliques, se couvrent d'une teinte violette ; les glaces des hautes Alpes, du Buet, du Mont-Blanc, des différentes aiguilles se colorent un instant de cette nuance rose, qui a été souvent admirée. Une belle vue est moins remarquable par le rapprochement d'objets agréables, par la variété de couleurs et d'effets, que par les impressions que ces tableaux laissent à notre esprit. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ Par un sentier en zigzag, on gravit la croupe où le propriétaire de l’hôtel du Mont-Rose, M. Seiler, a bâti une succursale de sa maison à 7,500 pieds au-dessus du niveau de la mer, c’est-à-dire à 2,000 pieds plus haut que le fameux Rigi-Culm. On y est aussi bien que dans la vallée, c’est-à-dire parfaitement, et le comfort de la vie civilisée, transporté sur ces sommets, aux limites des frimas éternels, est tout autrement apprécié qu’au sein des grandes villes. ”
“ Mais la nature est là qui t’invite et qui t’aime. disait Lamartine. Heureusement ! Nous quittons le Lac Louise, le soir, dans l’éclat du soleil couchant. Les monts dressent au loin la silhouette d’une ville que l’on dirait fortifiée : tours multiples, mâchicoulis illuminés de neige, amas de pierre étalés dans le ciel. Tout se colore en rose. Puis la nuit gagne que les pics illuminent encore. Je regarde une dernière fois ce spectacle que sans doute je ne reverrai pas. Le Mont Temple resplendit, son manteau de neige sur l’épaule. ”
Jacques Lermont, Les cinq nièces de l’oncle Barbe-Bleue
“ Les roches deviennent d’un rose admirable, on les croirait subitement recouvertes de bruyères fleuries. Le soleil semble un énorme ballon rouge perdu sur le haut du mont. Il glisse insensiblement de l’autre côté et disparaît. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ Nul sommet ne répond mieux, il faut en convenir, à l’idée qu’on se fait d’une montagne, et quand on l’a vu, son profil dur et fier se grave dans la mémoire en traits ineffaçables. Les autres sommités, la Jungfrau, le Mont-Rose, le Mont-Blanc, ne sont que les points culminans d’une haute arête qu’ils ne semblent guère dépasser, et d’abord il faut les chercher pour les reconnaître. Le Cervin au contraire s’élance dans les nues, isolé et dominant de plus de six mille pieds les champs de neige qui s’étalent à sa base. On a donné à certains pics aigus le nom de dent, nul ne le mérite mieux que lui. ”
Louis d' Orléans-Bragance, Dans les Alpes, 1896-1899. Mont-Blanc… (1901)
“ Grâce à la rapidité de notre marche, la traversée du glacier ne dure guère qu'une demi-heure, et bientôt nous atteignons les premiers rochers de l'Untere Plattje, une grande moraine triangulaire enclavée entre deux glaciers, juste au pied du Mont-Rose. Encore quelques pas, et nous sommes à la cabane du Club Alpin, dite Cabane Bétemps, où nous devons passer la nuit. Là une désagréable surprise nous attend : la cabane est bondée de monde, et il n'y a plus de place pour nous. ”
Stéphen d' Arve, Histoire du Mont-Blanc et de la vallée de Chamonix… (1876)
“ Le plaisir et la satisfaction d'avoir réussi dans une ascension du Mont-Blanc, du Mont-Rose, du Finsteraarhorn, etc., etc., s'achète donc non-seulement par une immense fatigue, mais bien encore par l'abandon d'une partie de la substance de notre corps que nous y laissons aux éléments ! ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ Les aspects étranges et imprévus de ces colosses du globe que l'on nomme montagnes, en général, mais qui, en particulier, s'appellent Mont-Blanc, Saint-Bernard, Cervin, Mont-Rose, Saint-Gothard, Simplon, Faulhorn, Pic du Midi, Dent de Morcles, Forclaz, Furca et Tête-Noire; les glaciers des Bossons, la poésie du verdoyant Montamert, la curieuse Mer de Glace, l'élonnant jardin sis au milieu des neiges, les Diablerets ; puis les lacs Léman, des Qualre-Canlons, et les splendides cascade de laStaubach, les chutes du G jebach, Pissevache, et Grindelwald ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ En un clin d'œil on est en mesure de gravir le sentier de la montagne qu'éclairent encore les splendides constellations des cieux. Il s'agit cette fois d'arriver au sommet du Moro avant six heures, alors que le brouillard des vallées ne s'élève pas encore et n'enveloppe pas le Mont-Rose de ses 1 voiles impénétrables. On gravit donc les talus avec une ardeur fébrile, en s'appuyant d'un côté sur l'alpenstock et de l'autre sur le bras de son guide. Alors, haletant, frémissant d'impatience, on traverse les dernières habitations endormies dans les ténèbres ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ Au-delà de la Cima-di-Jazzi, la crête s’abaisse de nouveau en un col qui est l’ancien Weissthor, aujourd’hui abandonné à cause des dangers qu’il présente. Une immense paroi de rochers noirs surgit ici des neiges et soutient une puissante masse à double cime : c’est là le Mont-Rose, avec deux de ses neuf sommets, les seuls visibles du côté du Valais, la Nord-Ende et la Höchste-Spitze, dont la première mesure 14,153 pieds, et la seconde 14,284. Vient ensuite une nouvelle dépression d’où descendent en cascades congelées les flots éblouissans d’un glacier, le Gränz-Gletscher. ”
Charles Martins, Deux Ascensions au Mont-Blanc, études de météorologie et d’histoire naturelle
“ Une cime culminante, comme celle du Mont-Blanc, permet d’estimer directement la distance angulaire de deux montagnes invisibles simultanément de tout autre point de la surface terrestre. Si le Mont-Rose n’avait pas été malheureusement caché par des nuages, Bravais aurait obtenu la distance angulaire de cette montagne au Mont-Pelvoux, par exemple, comme il mesura celle du pic de Belledonne, près de Grenoble, à la Roche-Melon, près de Turin, et du Becco-di-Nonna, qui domine la ville d’Aoste, au Pelvoux, près de Briançon. ”
Émile Levasseur,
Les Alpes et les grandes ascensions
(1889)
“ A. LEMERCIER, de Paris, vice-président du Club (C. A. F.) . 40 Ascension du Mont-Rose (4,638 m.) par Macugnaga, par Otto Zsigmondy (D. et Œ. A. V.) , le 14 août 1884. Aspect. — Le gigantesque demi-cercle du versant oriental du Mont-Rose, avec ses murailles escarpées d'où tombent de toutes parts des cascades s'échappant des glaciers, présente un des plus beaux spectacles des Alpes. ”
Amé Gorret,
Guide de la Vallée d'Aoste
(1877)
“ Le Mont-Rose. l'arête, on gravit quelques rochers sans difficultés pour arriver à un premier plateau, où l'on rencontre ordinairement de la neige. On peut de ce plateau tourner un peu à droite pour aller sur le Bec du Pinter, d'où l'on voit fort bien la vallée de Gressoney. Après avoir traversé le plateau en diagonale, on continue l'ascension par l'arête jusque vers la sommité, que l'on atteint en tournant un peu sur le versant de Gressoney pour traverser une corniche de rocher. C'est le seul point de l'ascension qui puisse exposer aux vertiges ; on doit améliorer ce passage. ”
Paul Güssfeldt,
Mont Blanc, ascensions d'hiver et d'été…
(1899)
“ Aujourd'hui nous ne sommes nullement tentés d'en faire autant ; nous cherchons au contraire à nous abriter sous les rochers voisins. Malgré la transparence de l'air, les chaînes éloignées ne montrent que leurs profils grisâtres; la clarté de la lune n'est pas assez vive pour permettre aux regards de s'étendre au delà de cinquante à soixante kilomètres. Nous parvenons à reconnaître les deux Mischabel, le Mont Blanc, le Mont Rose, le Cervin et la Dent Blanche, parce que précédemment nous les avons vus de jour. Ce que nous distinguons le mieux, c'est la chaîne du Mont Blanc. ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ Les bases colossales du géant sont couvertes de sombres forêts de pins et de mélèzes. Et comme le firmament est bleu, que le soleil rutile dans l'espace, que la verdure de la base étant bronzée, sert de repoussoir aux neiges et aux glaces du sommet, le Mont-Rose devient une apparition sublime, magique, étrange, à laquelle on ne peut rien CUlH !Jarer. 1 L'ensemble de cette scène grandiose, infinie comme son auteur, ! incommensurable quant à l'espace qu'elle occupe, donne une idée de l'immensité et fait naître dans l'esprit du touriste d'inefr ; fables émotions. ”
Louis d' Orléans-Bragance, Dans les Alpes, 1896-1899. Mont-Blanc… (1901)
“ Voici d'abord à côté de nous les nombreuses sommités du Mont-Rose : Nordend, Balmenhorn, Ludwigshoehc, Punta-Gnif- fetti (avec la cabane de la reine Marguerite) , Zumsteinspitze, etc., simples boursouflures de l'énorme massif; puis, partant de ce nœud puissant, les deux bras immenses de neige et de rocher qui enlacent la vallée de la Viège; Au Nord, les grandes masses du Dom, l'Allalinhorn, l'Alphubel, le Rimpfischhorn, les Mischabels toujours rouges; A l'Ouest, la corniche argentée du Lyskamm que sépare le Felikjoch, de Castor et Pollux, jumeaux par la similitude de leurs blanches rotondités ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ Mais ce n'est pas le Simplon que je prétends vous montrer dans ces parages alpestres. Le Mont-Rose, après le Mont-Blanc, telle est la grande curiosité que je vous réserve et vers laquelle je vous conduis, chers lecteurs. Donc, traversons Sierre, puis Leuk ; acheminons-nous vers Tourlemagne, Turris magna sans doute, etallons prendre notre couchée à Visp, misérable petit village assis au confluent de la Visp et du Rhône : c'est de là que nous allons entreprendre notre ascension du Mont-Rose. ”
Louis d' Orléans-Bragance, Dans les Alpes, 1896-1899. Mont-Blanc… (1901)
“ Déjà, là-bas, sur les parois de la Barre des Écrins, de longues traînées blanches indiquent la neige, et, autour de nous, de gros nuages massés en formes fantastiques semblent ne plus attendre qu'un signal pour nous donner l'assaut. Soudain, un coup de vent, venant on ne sait d'où, nous enveloppe : c'est le commencement de la tourmente. En un instant, avant que nous puissions nous en rendre compte, une infinité de petits nuages, sortis comme par enchantement de la montagne elle-même, nous entourent, nous débordent, montant, redescendant, tournoyant dans une danse échevelée. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ Les habitans d’origine germanique qui occupent les quatre vallées aboutissant au massif du Mont-Rose sont très actifs et très intelligens. Ils ne se contentent pas des produits de l’économie pastorale et du revenu de leurs alpes ; tous les hommes ont un métier qu’ils vont exercer loin de leurs hameaux, où ils ne reviennent que l’hiver, et chaque vallée a son métier spécial. ”
Timoléon Villebresme, Deux jours par monts et par vaux dans le duché d'Aoste… (1850)
“ Mais le Mont-Rose n'est pas seulement remarquable par sa forme il l'est encore par la structure de sa charpente, de son squelette, si je puis m'exprimer ainsf tandis que le Mont-Blanc et tous les hauts sommets de sa chaîne ont pour base un noyau énorme de granit à couches verticales, le Mont-Rose au contraire, est composé de gneiss, de granits veinés et de roches feuilletées de différens genres à couches horizontales ou inclinées au plus de trente degrés ”
Louis d' Orléans-Bragance, Dans les Alpes, 1896-1899. Mont-Blanc… (1901)
“ Le cœur joyeux, nous nous engageons sur le glacier; le chemin d'ailleurs est aujourd'hui facile, la neige nouvelle a rempli la plupart des crevasses, et seules, les plus grandes, faciles à contourner, nous montrent leurs fonds aux teintes bleues, vertes, effrayantes. Nous longeons ici des séracs magnifiques dont les uns ont plus de 10 mètres de hauteur, énormes blocs de glace aux nuances vertes, prêts à s'écrouler sous la poussée du glacier dont ils symbolisent la puissance et à broyer tout ce qui se trouvera sous eux. ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ On voit-beaucoup moins d'excursionnistes faire l'ascension; du Mont-Rose, parce qu'il est beaucoup moins connu, exploré et apprécié que le Mont-Blanc. 11 offre en outre plus de dangers que son frère. Toutefois, depuis quelques années il a fixé d'avantage l'attention des curieux, et on commence à voir des caravanes de voyageurs s'empresser de l'escalader et de l'étudier.Il ne m'est pas possible de chercher à vous peindre les merveilleux horizons qui se déploient sur la Suisse, l'Italie et la Savoie, des cimes du Mont-Moro, par conséquent du Mont-Rose. ”
Johann Philipp von Wessenberg, La Route du Simplon
“ À Viège, on découvre la cîme du Mont-Rose, dont les formes saillantes, se détachent majestueusement au-dessus de l’immense chaîne de glaciers qui forment la frontière entre l’Italie et le Valais. Rival en hauteur du Montblanc, le Mont-Rose lui est bien supérieur pour l’effet pittoresque. C’est un géant qui a l’air de balancer sa tête dans les airs, et dont on reconnaît la physionomie à plus de vingt lieues de distance. Vers Brieg, le pays s’élargit, et la vallée du Rhône qui depuis St. ”
Émile de Laveleye,
Le Mont-Rose et les Alpes pennines…
“ Pour comprendre à quel point l’on ignorait la structure véritable des massifs et des rides de soulèvement qui constituent le relief de la croûte terrestre, il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte qui date du siècle dernier. Les chaînes de montagnes sont représentées par une série de petits monticules isolés, vus de profil, ayant chacun son ombre portée, sans lien qui les rattache les uns aux autres et présentant une série de dépressions qui forment autant de cols qu’il y a d’intervalles entre deux sommets dessinés au hasard. ”
