Maxime Rude

Ida Lenfant (1881)

Résumé

Maxime Rude,  Ida Lenfant (1881)

“ Blanche songeait, enfouie dans sa pelisse.
Si elle n'avait pas eu d'enfant, elle n'eût rien tant désiré à cette heure que la rencontre rapide et formidable de deux trains culbutant l'un par-dessus l'autre et où, mourante ellemême, elle eût distingué d'un dernier regard les deux traîtres de sa vie couchés dans le même écrasement.
A la gare du Nord, elle tarda exprès à descendre de wagon ; elle les vit, filant le long du quai, Ida marchant sur les pas de Louis Félin. Évidemment, ils allaient se rejoindre
un peu plus loin, à la sortie, dans l'obscurité fourmillante de la rue de Dunkerque.
”
Source : Gallica

Maxime Rude,  Ida Lenfant (1881)

“ Puis, venait l'avoué Poubaud, tête de fouine aux yeux de couleur incertaine et obliquant dans la ligne grossière et le cartilage épais
du nez, mais dont le regard, comme celui des gens d'affaires, avait coutume de s'égarer pour échapper à l'observation d'autrui; le teint blafard, les lèvres coupantes, le menton fuyant.
Ce petit homme, chez qui l'on devinait, du reste, un ressort singulier, conduisait madame Cellière, la sœur d'Ida, que l'on disait « une des plus jolies femmes de la ville, » grande, svelte et bien plantée, avec plus de fraîcheur de teint que de finesse de traits.
”
Source : Gallica

Maxime Rude,  Ida Lenfant (1881)

“ J'en appelle à vous, madame Poubaud, avez-vous jamais rien vu de semblable?
— Ma chère amie, s'écria l'avoué, je t'ai toujours dit que ta madame Longuet crevait d'envie et de méchanceté. En as-tu la preuve?
- De méchanceté, répondit madame Poubaud qui, selon son habitude, eut voulu tout apaiser, c'est aller trop loin. Je t'accorde une petite pointe de jalousie. Personne n'est parfait.
— Mettons au moins la fureur de l'envie, je le répète. Je la connais mieux que toi, ta bonne Sophie!
— Le fait est, reprit madame Lenfant, que je ne trouve pas moi-même d'autre explication.
”
Source : Gallica

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