Mme Ève Félinska

Résumé

Mme Ève Félinska Le Tour du monde

J’ai dit, je crois, le mot printemps ; mais non, il n’y a pas de printemps, car tout ici est extrême, tout est violent... Hier, je m’enveloppais dans mon manteau de fourrures et j’avais froid ; aujourd’hui, j’ai une robe de mousseline et je demande de l’eau glacée pour étancher ma soif.
Dans nos contrées il y a le soir, la nuit, le jour et l’aube ; la nature a tout prévu, tout tempéré, tout adouci, pour protéger les organes de l’homme ; ici tout se produit par secousses, tout se manifeste avec excès ou avec parcimonie. Le soleil ne réchauffe pas, il brûle et il ne quitte pas le firmament
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Mme Ève Félinska Le Tour du monde

Une vaste forêt de cèdres encadre le tout.
À première vue, nous crûmes que la ville était en fête : il y avait tant de monde dans les rues, tant de costumes éclatants, tant de mouvement autour de nous, que nous demandâmes si ce n’était pas un champ de foire. On nous répondit qu’il n’y avait rien que de très-ordinaire dans ce que nous voyions. Après avoir traversé cette foule chamarrée, nous arrivâmes à notre nouvelle demeure, qui se composait de deux chambres assez claires et presque propres : propres pour les yeux, mais point pour l’odorat.
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Mme Ève Félinska Le Tour du monde

Où allez-vous ? que faites-vous là ? dit l’être surnaturel d’une voix tonnante.
— Nous tentons le hasard de la chasse, répondirent les chasseurs, mais le malheur nous poursuit et nous n’avons trouvé ni bois ni gibier.
— Dirigez-vous vers l’orient, reprit le géant ; quand vous verrez trois grands mélèzes et une grosse pierre qui sera à côté du tronc pourri d’un chêne séculaire, la fortune viendra à vous, le gibier vous surprendra par sa beauté, sa variété, son abondance.
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