Napoléon Legendre

Napoléon Legendre

Résumé

Portrait de Napoléon Legendre Napoléon Legendre Albani

Emma Lajeunesse avait débuté à Montréal, à l’âge de huit ans. « Elle recueille des couronnes sur nos théâtres, disait un journal du temps, comme elle cueillerait des fleurs dans les champs, plutôt pour s’en parer que pour en tirer un sujet de gloire. Elle ignore son talent et chante par instinct, par besoin, et rien ne l’étonne plus que l’enthousiasme qu’elle fait naître. Encore dans la première enfance, elle échangerait volontiers son cercle d’admirateurs contre les amusements de sa poupée. »
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Portrait de Napoléon Legendre Napoléon Legendre Albani

Voilà donc notre jeune musicienne rendue dans cette grande ville de Paris, berceau des arts, terre promise des chanteurs, foyer resplendissant où convergent tous les talents, et d’où repartent les réputations établies, comme autant de rayons chauds et lumineux qui vont répandre par le monde les lueurs et la flamme du génie.
Elle y trouva, dans sa retraite, Duprez, le roi des ténors, qui se consolait de la perte de sa voix en consacrant au service du talent novice encore les fruits de sa glorieuse expérience.
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Portrait de Napoléon Legendre Napoléon Legendre Albani

Elle chante avec un goût exquis, goût naturel et éclairé par l’étude. Autant que je puis en juger par cette seule audition, je pense que ce qui lui a surtout valu tant de succès, c’est ce tact, cette absence d’exagération, cette mesure qui, en toutes choses, est le trait distinctif des natures d’élite. Et cette qualité ressortait d’autant plus, l’autre soir, que mademoiselle Lajeunesse avait à interpréter de la musique de Verdi. Chacun sait combien la musique du compositeur lombard est rageuse, et combien elle prête aux intempérances de sonorité et d’expression.
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