“ « C'est absurde ! » m'écriai-je. — « Sans doute, dit l'inspecteur. Évidemment M. Barnum, qui se croit très fin, ne me connaît pas. Mais je le connais. » « Et il dicta la réponse à la dépêche : « Offre de M. Barnum refusée. 7,000 dollars ou rien. « Inspect. chef, BLUNT. & — « Voilà, nous n'aurons pas à attendre longtemps la réponse. M. Barnum n'est pas chez lui. il est dans le bureau du télégraphe, c'est son habitude quand il traite une affaire. Dans trois... » « Affaire faite. P.-T. BARNUM... » ”
P.T. Barnum
Définition et enjeux
Citations sur “P.T. Barnum”
Various, L'Illustration, No. 2512, 18 Avril 1891
“ L'Amérique vient de perdre, en Barnum, un homme dont la célébrité, bien que n'étant pas de celles dont s'enorgueillit un peuple, durera autant que le nom--qui est immortel.Phinéas Taylor Barnum est né à Bethel (Connecticut) le 5 juillet 1810. Son père Philo Barnum était fermier, son grand-père Éphraïm capitaine dans l'armée fédérale des États-Unis. Son père mort le 7 septembre 1825, le jeune Barnum, qui jusque là était resté à l'école, ne dut plus compter que sur lui-même. ”
Édouard Garnier, Les nains et les géants (1884)
“ « C'est la plus grande curiosité que nous ayons jamais vue et nous sommes certains que tous ceux qui oublieront de rendre leur hommage au Général, au Musée américain, le regretteront toute leur vie. » Grâce à son puissant système de réclames et d'annonces, Barnum attira en quelques jours à son spectacle plus de trente mille visiteurs de tous rangs. Les personnages les plus élevés invitaient le petit général à dîner et les dames les plus distinguées allaient lui rendre visite dans de somptueux équipages, apportant pour lui des présents d'une valeur souvent considérable. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Tels sont les Américains : grossier ou raffiné, ils mordent avec la même voracité au plaisir qu’on leur présente; mais il leur faut un aliment pour apaiser la rage de divertissement qui semble les posséder, et qui a valu à M. Barnum sa grande fortune et ses succès. Ce fut quelque temps après l’achat de l’American Museum que M. Barnum fit la rencontre d’un enfant nommé Charles Stratton, qu’il devait rendre célèbre sous le nom de Tom Pouce. L’enfant avait cinq ans, M. Barnum lui en donna onze, et le montra comme un nain à toute l’Amérique. ”
Alfred Assollant,
Un quaker à Paris
(1866)
“ Crois-moi, tu auras le temps de te reposer 'quand tu mangeras l'herbe par la racine. - Yeux-tu savoir comment on fait fortune dans mon pays? Tu as entendu sans doute parler de Barnum, le fameux Barnum, le cornac de Tom Pouce et de Jenny Lind. * 1 Barnum était un pauvre diable du Connecticutqui, n'avait pas mille dollars vaillant. En revanche, il ne manquait pas d'éducation, sachant lire, écrire et calculer, — calculer surtout. ”
Édouard Garnier, Les nains et les géants (1884)
“ A partir de ce moment, il cessa de grandir et son poids n'augmenta guère que de soixante-dix grammes. dans le musée du Collège royal des Chunrgiens, à Londres; il mesure six pieds 9 pouces de haut (2m,05) . Barnum, auquel ce petit phénomène avait été signalé, se rendit à Bridgeport et, après avoir passé un traité avec ses parents, il le conduisit à New-York où il le montra d'abord au Musée américain (old American, museum) , dont il était le propriétaire directeur. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Les Barnums ne sont acceptables qu’à la condition d’être des œuvres d’art; un charlatan bien effronté, à l’esprit subtil, fertile en ressources, cela figure bien dans l’histoire d’un siècle; mais M. Barnum n’est pas une œuvre d’art, il appartient au monde de la plus triste prose. Il n’est pas un grand homme; il n’est, comme beaucoup de ses confrères modernes, qu’un homme heureux. Cela étant, pourquoi donc ne consentait-il pas à vivre tranquillement du fruit de ses travaux dans son bizarre palais d’Iranistan? ”
Alphonse Esquiros,
Revue des Deux Mondes
“ Barnum n’est point Anglais, il est né dans l’état de Connecticut; mais il séjourne depuis quelques années en Angleterre, et il donne en ce moment à Londres, devant un auditoire nombreux et brillant, des leçons (lectures) sur l’art de gagner de l’argent, money making. Sous quelque aspect qu’on l’envisage, M. Barnum est certainement un type, et il mérite, à ce titre du moins, l’attention que lui prête depuis quelques années toute la presse britannique [22] . La Grande-Bretagne est la terre classique du puff. L’Américain Barnum devait y rencontrer des concurrens. ”
Antony Dessaix, Légendes et traditions populaires de la Savoie… (1875)
“ C' est l' Histoire des blagues par Barnum , l' homme du monde qui était le mieux fait pour traiter cette matière , car il est plein de son sujet . Ce livre dit quelque part que le comte de Saint-Germain n' était autre qu' un grand blagueur . L' auteur ajoute que le nom que ce personnage s' était donné n' est autre que celui d' un village situé en Savoie où il avait reçu le jour . Il n' appuie son dire d' aucune preuve , mais ce n' est pas quand il fait l' histoire des blagues que Barnum est sujet à caution . ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Dansées pages, M. Barnum raconte les bonnes plaisanteries que ses voisins se faisaient entre eux, les ruses de son grand-père, les farces en un mot de la population rustique au milieu de laquelle il a grandi. Ceux qui savent que la nature humaine est toujours identique à elle-même dans tous les temps et sous toutes les latitudes ne seront pas étonnés d’apprendre que les anecdotes de M. Barnum ont un air singulier de parenté avec certaines histoires des fabliaux et des livres populaires de la fin du moyen âge. ”
Jules Verne,
De la Terre à la Lune
“ Au milieu de son triomphe, Michel Ardan ne put échapper à aucune des corvées inhérentes à l’état d’homme célèbre. Les entrepreneurs de succès voulurent l’exhiber. Barnum lui offrit un million pour le promener de ville en ville dans tous les États-Unis et le montrer comme un animal curieux. Michel Ardan le traita de cornac et l’envoya promener lui-même. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ M. Phinéas Taylor Barnum, né en 1810, à Bethel dans le Connecticut, est donc venu au monde, ainsi qu’il le dit lui-même, dans une atmosphère de gaieté. Son grand-père était par nature un practical joker, autrement dit un farceur. J’admire ce mot de practical joker. Si le vénérable grand-père de M. Barnum n’eût été qu’un joker, c’est-à-dire un homme aimant à rire, il n’aurait été qu’un plaisant métaphysique, abstrait; mais il aimait à donner un corps à ses conceptions grivoises et à transformer un bon mot en espièglerie ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ En fin de journée on vit Jim Barnett un peu partout. On le vit qui examinait, une à une, les tombes du cimetière, qui visitait la chambre du curé. On le vit à la poste, où il téléphonait. On le vit à l’auberge Hippolyte, où il dîna en compagnie du patron. On le vit sur la route et dans les champs. Il ne rentra qu’à deux heures du matin. Le baron et l’inspecteur, serrés contre l’homme aux dents d’or, ronflaient à qui mieux mieux, comme si chacun eût voulu couvrir le ronflement de l’autre. En entendant Barnett, M. Vernisson geignit : « Qu’on n’avertisse pas ma femme... » ”
Emmanuel Domenech,
Souvenirs d'outre-mer. Mes missions au crépuscule de la vie…
(1884)
“ Certainement que l'Hudson a de très beaux sites; ceux de Rhinebek et Fishkill sont vraiment admirables, mais en France nous en avons de plus beaux encore. Pour moi, le type moral et national le plus parfait de l'Américain se trouve dans Barnum, l'entrepreneur par excellence des phénomènes vivants, de charlatanisme, de jonglerie et de curiosités excentriques. Ce n'est pas une statue colossale de « la liberté » qu'il fallait donner aux Etats- Unis, car cette statue est un faux emblème de la vérité, mais c'est celle de Barnum qu'il fallait couler en bronze et placer à l'entrée de l'Hudson. ”
G. Moulin, Notice biographique sur M. le baron de Barante… (1867)
“ Né à Riom, le 10 juin 1782, M. le baron Amable-Guillaume-Prosper BRUGIÈRE DE BARANTE, est décédé sur notre terre d'Auvergne, au château de Barante, le 21 novembre 1866. Dieu l'a fait ainsi vivre de longues années dans la période de temps la plus agitée, la plus orageuse, la plus féconde en luttes et en bouleversements de tout genre, qu'aient encore connue , que connaîtront peut-être jamais les sociétés humaines. Enfant, il avait vu s'écrouler l'ancien régime et la vieille monarchie française , éclater l'immense révolution qui allait ébranler et changer le monde. ”
“ Aucun ne sort violemment de l’ensemble, comme une curiosité qu’un Barnum pousse sur l’estrade à la face du public ; chacun d’eux se tient à sa juste place parmi ses compagnons, il n’attire que la part d’attention à laquelle il a droit, il ne retient le regard que par l’exactitude de son dessin et non par un écriteau aux couleurs criardes collé sur sa poitrine. C’est à peine si, pour animer l’action, elle fait saillir un peu plus que dans la vie ordinaire les sentiments et les particularités de ses personnages. ”
Jules Verne,
Cinq Semaines en ballon
(1863)
“ Comme on le pense, cet article eut un énorme retentissement; il souleva d'abord les tempêtes de l'incrédulité; le docteur Fergusson passa pour un être purement chimérique, de l'invention de M. Barnum, qui, après avoir travaillé aux États-Unis, s'apprêtait à « faire » les Iles Bri- tanniques. Une réponse plaisante parut à Genève dans le numéro de février des « Bulletins de la Société Géographique »; elle raillait spirituellement la Société Royale de Londres, le Traveller's club et l'esturgeon phénoménal. ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ BARNAC. Ah ! stop pour aujourd’hui... Merci !... Tu me prendras demain, dans un autre costume... Je me déguiserai en barman... J’apaiserai ta fringale. (Il s’est levé et est allé mettre finalement le chapeau dans le tiroir de son bureau.) MARTHE. Je ne sais pas si je t’ai en pyjama ? BARNAC. Tu vois que ton éducation est encore bien incomplète, et que tu as beaucoup à apprendre. (La porte s’ouvre. Entrent deux enfants, l’un de six ans, l’autre de huit, et leur gouvernante.) Scène V MARTHE, BARNAC, JACQUES, COLETTE, MISS, LA GOUVERNANTEBARNAC. Ah ! voilà tes enfants ! ”
Plutarque populaire contemporain illustré… (1870)
“ Il trouva là plus d'un Barnum, exploiteur de renommées, qui lui offrit des milliers de dollars pour donner des conférences annoncées à son de trompes avec ce luxe de réclames dont les yankees ont le génie. Mais l'ex-carme se refusa à jouer le rôle d'une Jenny Lind, d'une Rachel et d'un général Tom-Pouce, ce qui prouve qu'il ne pousse ni l'amour, ni l'orgueil de l'art jusqu'à lui sacrifier sa dignité. Il fut bien l'objet, nous disent les journaux des localités, l'objet d'une vive curiosité; on l'accueillit partout avec la plus cordiale sympathie ”
Eugène Delard, Revue des Deux Mondes
“ Au point d’orgue final, après un léger moment d’hésitation, les bravos éclataient aussi bruyans qu’unanimes, et aussitôt Dupourquet prenait son chapeau, faisant mine de se couvrir pour lever la séance. Avec son instinctive habileté de Barnum et de metteur en scène, il comprenait que les succès les plus vifs sont toujours ceux qu’on abrège, ceux qu’on arrête en plein essor ; parce qu’à l’admiration qui n’a pas eu le temps de s’exhaler tout entière, s’ajoute l’impression plus profonde et plus durable d’un regret. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ Maxime Tuillier était un garçon d’une trentaine d’années, serré dans sa veste, le menton glabre, un lorgnon d’or sur le nez, l’air maladif et inquiet. Jim Barnett fut cela. Il s’avança vers la rotonde lentement, d’un pas d’automate, avec une expression qui était tantôt dure et implacable, tantôt indécise et effarée, l’expression d’un homme qui va peut-être accomplir un acte terrible, mais peut-être aussi s’enfuir comme un lâche avant de l’avoir accompli. ”
Antoine Étex,
Essai d'une revue synthétique sur l'Exposition universelle de 1855…
(1856)
“ C'est dans une république seule que l'art peut prendre sa grande physionomie, son véritable développement. En attendant, aux États-Unis, le mauvais esprit des vieilles sociétés européennes y souffle ses impuretés. Là, au moins, à l'aide de la liberté, la monstrueuse stupidité moderne se montre dans toute sa laideur dans la maison-affiche de Barnum, qui est la chose la plus visible à New-York ”
Émile Bergerat,
Souvenirs d’un enfant de Paris
“ Le comte Barni était le type de celui qui régale. Il est du reste mort pauvre. L’aventure de Julia Grisi fut plus retentissante et plus longue. C’était une admirable tragédienne lyrique, supérieure à la Pasta et presque l’égale de la Malibran. Elle avait débuté à seize ans et elle s’en alla en 1869, au bout de quarante et un ans de carrière. Elle s’était, elle aussi, mariée avec un gentilhomme, Gérard de Melcy, dont la justice la sépara à la suite d’un procès à grand tapage. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ Tenez, je peux vous le dire, il sait qui a volé. C’est la concierge, oui, Mme Alain. Alors pourquoi m’a-t-il défendu de vous en souffler mot ? Et puis, pour les titres, il connaît la vérité. À preuve ce qu’il m’a dit : « Ils sont dans la maison, sans y être, et ils n’y sont pas, tout en y étant. » Méfiez-vous de lui, monsieur Béchoux... » Jim Barnett, qui en avait fini avec la dactylographe, empoigna Mlle Haveline et la poussa énergiquement vers sa chambre. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ Si cet homme n’est pas coupable, nous n’avons pas le droit de le retenir. Or, les dents en or de mon agresseur étaient à gauche. — À droite ! proféra Béchoux. — À gauche ! insista l’abbé. — Ni à droite ni à gauche, déclara Barnett, qui s’amusait follement. Monsieur le curé, je vous livrerai le coupable demain matin, ici, à neuf heures, et il vous indiquera lui-même où sont les objets précieux. Vous passerez la nuit dans ce fauteuil, le baron dans cet autre fauteuil, et M. Vernisson dans celui-ci, attaché. À huit heures trois quarts, tu me réveilleras, Béchoux. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ Très à l’aise, Jim Barnett pérorait, à ses côtés : « Comment, diable, n’as-tu pas discerné le vrai coupable, aveugle Béchoux ? Moi, j’ai tout de suite pensé que M. Vernisson n’avait pas pu monter une telle machination à raison d’un voyage par an, et qu’il fallait un homme du pays même — un voisin, de préférence. Et quel voisin que le baron, dont le logis a vue directe sur l’église et le presbytère ! Toutes les précautions du curé, il les connaissait. Tous les pèlerinages à date fixe de M. Vernisson, il y assistait... Alors... » ”
Th. de Moulidars, Grande encyclopédie méthodique… (1888)
“ Tout en racontant cette histoire Il dormir debout, le barnum donne de temps en temps de légers coups de baguette à son sujet, pour l'empêcher de se mettre les doigts dans le nez ou pour toute autre cause. Le nain lui répond par des gestos inenaçants, par des grimaces il manifeste sa joie par des bonds et par une pantomime expressive, quand on lui donne une dragée. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ Béchoux approuva le général Desroques. Impressionné par les événements, mettant de côté tout amour-propre, il renonçait à intercepter les documents que recherchait la police. Sa conscience d’homme l’emportait sur sa conscience professionnelle. Mais, comme le général se retirait dans sa chambre, il s’approcha de Barnett, lui frappa sur l’épaule et dit brusquement : « Je vous arrête, Jim Barnett. » ”
Oscar Comettant,
Trois ans aux États-Unis : étude des moeurs et coutumes américaines
(1857)
“ Comme i0 humbug se faufile partout en Amérique, M. Barnum, l'illustre puffiste, a eu, lui aus:;i, la pensée, dans l'intérêt de la morale, de fonder dans le Connecticut une association de buveurs d'eau et de légumistes. Mais les vertueux projets de ce grand homme auraient avorté, dit-on, par suite de la faillite qu'il se serait vu obligé de déclarer tout dernièrement. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ « Les voici ! Un ostensoir ! un flambeau ! un candélabre... six objets !... Sept ! — Il doit y en avoir neuf, cria l’abbé. — Neuf... ils y sont !... bravo, Barnett ! C’est vraiment chic ! Ah ! ce Barnett... » L’abbé défaillait de joie, pressant contre sa poitrine les objets retrouvés, et murmurait : « Monsieur Barnett, comme je vous remercie ! La Providence vous récompensera... » L’inspecteur Béchoux cependant ne s’était pas trompé en prévoyant un coup de théâtre, seulement il se produisit un peu plus tard. ”
Maurice Leblanc,
L’Agence Barnett et Cie
“ Toujours aussi digne, il refusa toute récompense et opposa le même désintéressement lors d’une visite qu’il fit au père de Paul Erstein. « L’Agence Barnett est gratuite, disait-il. C’est sa force et sa noblesse. Nous travaillons pour la gloire. » Jim Barnett régla sa note à l’hôtel et donna l’ordre que sa valise fût portée à la gare. Puis, comme il supposait que Béchoux retournerait à Paris avec lui, il passa par les quais et entra dans l’immeuble du Cercle. Au premier étage, il s’arrêta : l’inspecteur descendait. ”
