Édouard Garnier

Résumé

Édouard Garnier Les nains et les géants (1884)

J'aime mieux Tom Pouce quand il redevient gentleman, qu'il tire sa montre, voit l'heure qu'il est, vous offre des pastilles, une prise de tabac ou un cigare, le tout à sa taille. Je l'aime encore lorsqu'il s'asseoit sur un fauteuil doré, qu'il croise ses jambes et vous regarde d'un air fin et presque moqueur. C'est alors qu'il est amusant. Il n'est jamais plus inimitable que quand il n'imite rien, quand il est lui-même. Son originalité, au surplus, ne lui coûte pas de grands efforts ; il y a peu de frais à faire ; il n'a qu'à se montrer, personne ne lui ressemble.
Source : Gallica

Édouard Garnier Les nains et les géants (1884)

A Vienne, où l'on avait réuni des nains et des géants pour l'amusement de la cour impériale, les premiers, bien loin de céder et de se soumettre à leurs compagnons, ne craignaient pas de les provoquer par des moqueries, de les insulter, et de commencer ainsi des disputes dont l'issue semblait devoir être si redoutable pour eux. La querelle s'anima même un jour entre un géant et un nain au point que des injures on en vint aux voies de fait, et, nouveau David, ce fut le nain qui triompha de cet autre Goliath.
Source : Gallica

Édouard Garnier Les nains et les géants (1884)

Les nains sont de vrais singes qui font mille grimaces entre eux ou avec les muets pour faire rire le sultan et ce prince les honnore souvent de quelques coups de pied. Lorsqu'il se trouve un nain qui est sourd et, par conséquent, muet, il est regardé comme le Phœnix du palais : on l'admire plus qu'on ne feroit le plus bel homme du monde et ces défauts qui devroient rendre un homme très méprisable forment la plus parfaite de toutes les créatures aux yeux et au jugement des Turcs 1.
Source : Gallica

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