P. Thorel

Résumé

P. Thorel Satires et poésies (1851)

La haine vit encor quand sonne l'agonie, Et, réchauffant le cœur d'un semblant d'énergie, Elle a pour dernier mot un sarcasme odieux,
Et, tout près de finir, elle outrage les cieux I
Pitt demandait au rhum une brutale ivresse, Pour fuir un cauchemar qui l'obsédait sans cesse, Et narguer le destin qui proclamait vainqueur Ce peuple vainement proscrit par sa fureur.
Dieu l'avait fait semblable au tigre, dont la rage Ne s'éteint qu'en mourant et survit au carnage, Et son nom, en tout temps, maudit et détesté, Demeurera l'effroi de la postérité.
Source : Gallica

P. Thorel Satires et poésies (1851)

Si nous voulons enfin trouver la vérité, Il faut passer du prisme à la réalité.
Tel, que le sort traita toujours avec rudesse, Prend tout-à-coup les noms de Grandeur et d'Altesse Cet homme, qui vécut sur la terre d'exil, Et qui, pour s'élever, affronta le péril, Hier raillé, honni de la foule imbécile ; Aujourd'hui proclamé par ce peuple mobile , Dont l'aveugle faveur, le portant au pavois, Fait l'idole du jour du proscrit d'autrefois, Cet homme tombera, quand finira l'extase, D'un trône dans les fers, dû sommet à la base.
Source : Gallica

P. Thorel Satires et poésies (1851)

Si, l'orage fini, le temps se rassérène, Avec pompe on les voit tous rentrer dans l'arène ; Moins pour un saint devoir et pour délibérer, Que pour bâiller, dormir, et pour y digérer.
A l'appel d'un ministre, ils ont l'âme dévote; Sans le moindre contrôle ils lui donnent leur vote ; Dans toute enquête on porte un examen discret, On glisse prestement sur le budget secret.
Soulève les pavés, peuple aveugle, imbécille !
Pour toi seul sont les frais de la guerre civile; Ceux qui t'avaient promis un jour la poule au pot Se font héros du fisc et décuplent l'impôt.
Source : Gallica

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