Résumé

C. Nagel Voltaire et la Révolution française… (1839)

Vrais amis de la France, eh ! quoi ! souffrirez-vous Qu'on exile ces dieux de ma noble patrie, Et que des grands auteurs la majesté flétrie Dans les ruisseaux impurs soit traînée à genoux ?
Non, non ; il faut lutter contre le faux goût du siècle ; il faut réduire au silence l'envie et son armée glapissante ; il faut défendre Racine sur la brèche; mais je vous recommande surtout Voltaire ; c'est lui qu'il faut élever sur le pavois.
Ce'fils aîné de l'harmonie, C'est votre frère en poésie ; C'est le roi de nos grands auteurs ; Que les flots de votre ambrosie Guérissent ses vives douleurs !
Source : Gallica

C. Nagel Voltaire et la Révolution française… (1839)

Ami de la civilisation, Voltaire détestait la licence et l'anarchie ; il la flétrit partout, en vers, en prose ; il veut qu'on s'élève, qu'on s'avance, mais avec une gloire pure, mais avec sagesse et prudence ; il veut qu'on serve les hommes sans répandre leur sang à longs flots. Aussi ne déguise-t-il pas son horreur pour la manie des conquêtes, si prodigue de l'or et du sang des peuples, si féconde en barbarie sous des apparences de grandeur. Il ne pardonnait pas ces sanglantes erreurs d'une politique égoïste même à ce Louis XIV dont il a célébré magnifiquement le siècle et la gloire.
Source : Gallica

C. Nagel Voltaire et la Révolution française… (1839)

Que sont devenus tant de poètes, qui de leur vivant, sur la foi de leurs contemporains, ont rêvé l'immortalité ? Parmi les esprits superbes qui dédaignaient l'allure de la poésie et croyaient les suffrages futurs réservés à leur seule prose, combien ont vu leur renommée périr ou s'altérer ? Dans nos temps d'inconstance, le Télémaque n'apparaît plus que comme un amas de brillantes rêveries, que comme l'édifice d'un style sans sève et sans nerf; s'il trouve encore quelque grâce, c'est dans les pages où respirent et l'amour et toutes ces fables que la poésie antique a parées de toute sa magie.
Source : Gallica

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