“ En effet, à ne considérer que l'état actuel de l'économie politique, à ne voir que les données présentes de cette science, nous y rencontrons un fait unanimement avéré : l'impôt devient toujours un impôt de consommation, et c'est le consommateur qui le paie. N'en ressort-il pas déjà comme conséquence forcée que la gestion de la chose publique appartient à tous les citoyens? car tous sont consommateurs, et tous, à ce titre, concourent à payer l'impôt. La plupart des économistes, il est vrai, ont ajouté que l'impôt était payé par les consommateurs en proportion de leur fortune. ”
Résumé
Qui paie l'impôt, et accessoirement quelles sont les conséquences de cette question économique sur le principe de la réforme électorale ? Par un électeur est un texte anonyme analysant la répartition des charges fiscales entre consommateurs, producteurs et propriétaires.
Il explore les liens entre impôt, richesse et pouvoir politique, soulignant que les travailleurs et les consommateurs portent majoritairement le poids des prélèvements, tandis que les détenteurs de capital en tirent indirectement des bénéfices. L'auteur interroge également l'effet de cette inégalité sur la démocratie, en dénonçant les contradictions entre la réforme électorale et la réalité économique. L'œuvre, malgré son anonymat, propose une réflexion structurée sur les fondements de l'État moderne.
Citations de Qui paie l'impôt, et accessoirement quelles sont les conséquences de cette question économique sur le principe de la réforme électorale… ()
“ Ce sont eux qui, par leurs bras et leur intelligence, par leur participation active à la production, procurent et fournissent cette richesse sociale que, sans eux, l'État ne trouverait pas pour percevoir l'impôt qu'il assure lui être nécessaire. Ces producteurs, qui, en élaborant et fécondant le capital, en font surgir tous les produits, sont la source intarissable de l'impôt. Le fisc est le récipient, le bassin qui reçoit ce prélèvement fait sur la production, et les maîtres propriétaires, quelque longue qu'en soit la chaîne, ne sont que les canaux conducteurs. ”
“ En voila bien assez, ce me semble, pour affecter sérieusement le possesseur sur l'extension progressive des contibutions, sur un fait si réel qu'il a permis de formuler ce désolant principe de droit fiscal : L'impôt va sans cesse s'augmentant et ne diminue jamais. Bien qu'en vérité il ne paie aucun impôt, son intérêt lui fait entrevoir tout ce qu'il doit redouter du résultat de leur élévation inconsidérée, soit pour le présent, puisqu'elle n'est pas acceptée sans contrainte et résistances, soit pour l'avenir, puisque l'oppression comme toute chose à ses limites. ”
