Résumé

Raoul Allier La liberté de conscience à Madagascar (1907)

Si j'avais l'honneur d'être gouverneur général de Madagascar, je redouterais beaucoup plus ces réunions occultes que le chant des cantiques dans des temples ouverts à tout le monde et les sermons que n'importe qui peut entendre. Quelques centaines de camisards, créés artificiellement à Madagascar, seraient autrement dangereux que les milliers de fidèles réunis dans des lieux de culte aisément surveillés.
M. Augagneur a l'air de craindre que le pastorat indigène ne soit accaparé par les anciens nobles du plateau central, que la conquête a dépossédés de leur
hégémonie.
Source : Gallica

Raoul Allier La liberté de conscience à Madagascar (1907)

Mais personne n'ignore à Madagascar combien il est facile à un personnage galonné, en interrogeant les indigènes sur un certain ton, de les intimider et de leur faire dire le contraire de ce qu'ils pensent. Sur vingt Malgaches, auxquels un agent du Fanjakana demande, avec un air de mécontentement et de blâme, s'ils ont vraiment mis leur signature au bas d'une pétition sollicitant l'ouverture d'un temple, il y en aura toujours quelques-uns pour prendre peur et pour murmurer qu'ils n'ont pas osé refuser leur nom.
Source : Gallica

Raoul Allier La liberté de conscience à Madagascar (1907)

Dès qu'il s'agit de la liberté de conscience, une seule attitude convient à un républicain : c'est celle d'une intransigeance irréductible. Or, cette liberté est mise en péril — pour ne pas dire : confisquée — à Madagascar.
On ne conteste pas au gouvernement le droit de surveiller de près ce qui se passe dans une colonie relativement jeune et de suivre attentivement les mouvements d'opinion qui peuvent s'y produire. A la rigueur, le régime de l'autorisation préalable, pour l'ouverture de nouveaux lieux de culte, est soutenable en théorie.
Source : Gallica

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