Lucien-Anatole Prévost-Paradol

Lucien-Anatole Prévost-Paradol

Résumé

Portrait de Lucien-Anatole Prévost-Paradol Lucien-Anatole Prévost-Paradol De la Liberté des Cultes en France

Une fois qu’il est bien établi que l’intérêt de l’état et non pas le droit des citoyens est le fondement de l’existence légale des cultes, que si l’état a la condescendance de ne point faire un patriarche et de ne point marier les prêtres, c’est parce qu’il voit dans ces changemens plus d’inconvéniens que d’avantages, il s’ensuit nécessairement que l’état a le droit de maintenir perpétuellement la religion telle qu’il l’a une fois comprise et acceptée, et d’empêcher qu’on altère sans son aveu ces croyances et cette discipline qui ont fait l’objet du contrat passé entre l’église et lui.
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Il existe une force fatale et mécanique qui fait tourner l’exercice d’un tel pouvoir au détriment de l’activité individuelle et du droit des minorités. En un mot, le système de l’autorisation préalable sera conciliable avec la liberté des cultes le jour où un maire ne craindra pas de déplaire à son préfet, où le préfet sera enchanté d’être en horreur à son évêque, où le ministre et le gouvernement s’estimeront heureux d’être en mauvais rapports avec la cour de Rome, c’est-à-dire le jour où la nature humaine sera refondue, où les fleuves remonteront vers leur source.
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On n’accusera pas la monarchie de juillet d’avoir été animée d’un esprit persécuteur, ou d’avoir cherché à se concilier les bonnes grâces de l’église la plus puissante en sacrifiant les droits des autres cultes à son intolérance. L’application de l’article 291 au régime des cultes avait donc alors ce caractère particulier, qu’elle se faisait sans arrière-pensée, sans intention malveillante, pour l’amour de l’art en quelque sorte, par cela seul que cet article existait dans nos codes, et que l’administration ne pouvait pas plus s’empêcher de s’en servir que les tribunaux de rappliquer.
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