Résumé

J. Erboville La Colonisation française

Le lieutenant dont on paie le patriotisme 500 francs par mois estime qu’il est quelqu’un : le simple soldat à qui l’on jette cent sous par mois estime qu’il a le droit de se rattraper. Et c’est l’indigène qui paie des deux côtés.
Quand du militaire on a fait un administrateur, quand à la force du sabre on a ajouté la puissance de l’autorité, qu’a-t-on bien pu faire, sinon légaliser l’emploi du sabre, sinon l’inviter à trancher violemment toutes les questions de droit et de fait, à renverser brutalement tous les obstacles matériels ou moraux ?
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J. Erboville La Colonisation française

En pays de protectorat comme en pays d’administration directe, au faîte de la puissance et des honneurs comme au dernier échelon de l’autorité, le chef indigène n’a qu’un devoir : la soumission passive, aveugle et sans bornes aux agents de la métropole ; qu’un droit, qui est aussi un devoir : l’autorité absolue sur ses administrés, la poigne. Nous n’admettons pas qu’un haut fonctionnaire indigène s’inspire des besoins de son pays pour nous faire des observations (certain prince cambodgien l’apprit naguère à ses dépens et d’autres l’apprennent tous les jours et de la même façon aux colonies)
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J. Erboville La Colonisation française

Si l’indigène réclame, il faut qu’il suive, comme le soldat, la voie hiérarchique. À Madagascar, on eut l’idée géniale de frapper d’un droit de timbre de vingt-cinq centimes toute requête écrite des indigènes. Pas de timbre, pas de requête à examiner, pas de temps perdu, pas d’ennuis.
Si le militaire déteste de tout son cœur le fonctionnaire civil, le fonctionnaire civil le lui rend bien : ce n’est pas que chacun deux s’élève contre la somme d’arbitraire permise à l’autre, c’est que tous deux se disputent la même somme d’arbitraire et le même troupeau misérable.
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