“ Au fond s’élevaient contre la muraille les restes d’un autel, d’où était tombée, en se cassant, une grande Vierge de pierre, — des bras de laquelle l’accident avait, sans d’ailleurs l’abîmer, arraché l’Enfant Jésus. Un homme portant paletot et bonnet fourrés, que de loin nous avions vu errer à l’intérieur de l’énorme cage et qu’en deux mots Canterel nous donna pour l’un de ses aides, s’était, à notre approche, introduit par le côte béant dans la chapelle, d’où il venait de ressortir, allant vers la droite. ”
Raymond Roussel
Résumé
Locus Solus, publié en 1914 par Raymond Roussel, est un roman de science-fiction qui explore l'imaginaire scientifique à travers les inventions de Martial Canterel, un inventeur qui convie des collègues à visiter son domaine.
Là, des créations singulières, comme un diamant de verre contenant une danseuse vivante ou des personnages ressuscités grâce à un sérum, révèlent une fascination pour la technologie et l'existentialisme. Ce texte, marqué par des jeux linguistiques et des thèmes tels que les lentilles et les halos, a influencé des œuvres ultérieures, soulignant son rôle pionnier dans la littérature expérimentale.
Citations de Locus Solus (Raymond Roussel)
“ Sans cesse il regardait un miroir rond à orientation spéciale et inchangeable, établi un peu en avant de lui, à sa droite, au sommet d’une verticale tige de métal fixée au plancher. Ramenés par une progression de deux pas jusqu’à la paroi de verre, nous vîmes le malade donner les signes d’une extrême surexcitation, sans doute causée par l’action de la lumière bleue, — plus intense que partout ailleurs au lieu qu’il occupait, car c’était au centre de la geôle focale, judicieusement nommée, que tombait de façon flagrante le foyer de la lentille. ”
“ Jusqu’à la fin Kourmelen n’avait fait que suivre en tout les prescriptions de Jouël, dont il louait en lui-même la prévoyante pénétration. Destinée en effet à ne recevoir l’avertissement céleste qu’armée par l’âge contre ses antagonistes, Hello, en fouillant le coussin, qui vu sa provenance auguste ne risquait pas de se perdre, serait forcée de chercher quelque symbole dans l’insolite offrande faite à une adulte d’un simple jouet naïf. À la longue, l’habit rose et l’œil absent du fantoche évoqueraient fatalement dans sa pensée en travail le bouffon Le Quillec, qu’elle irait questionner. ”
