Résumé

René Schneider L'art français : moyen âge, Renaissance (1923)

C'est blasphémer, que réduire à la durée du Moyen Age la vertu vraiment créatrice de notre génie. La Renaissance n'a fait que se servir des formes étrangères, et dans un esprit français, pour des oeuvres qui sont des créations françaises. A vrai dire il n'y a pas duel, mais conciliation savoureuse, qui n'est qu'à nous, entre l'apport étranger et l'art que nous appellerons traditionnel. Au faîte de nos monuments classiques la pyramide n'est que l'ancien candélabre de la Renaissance, qui à son tour était l'ancien pinacle gothique.
Source : Gallica

René Schneider L'art français : moyen âge, Renaissance (1928)

L'architecture antique n'en avait pas eu l'idée parce qu'elle n'en avait pas eu besoin. L'art roman l'avait caché à l'intérieur sous diverses formes : en voûte en quart de cercle sur les tribunes comme dans les grandes abbatiales normandes, puis indépendant mais sous l'ombre des combles comme au déambulatoire de Saint-Martin-des-Champs. Enfin il se dégage, sort, et lance dans les airs sa trajectoire. Mais l'art gothique lui-même n'ose pas du premier coup le défi, puisque le premier chevet de Notre-Dame de Paris n'avait encore que des contreforts.
Source : Gallica

René Schneider L'art français : moyen âge, Renaissance (1923)

Jamais de perspective ni de paysage. Une gamme restreinte étale ses teintes plates. Presque jamais de modelé, ou à peine indiqué. Car le modelé, c'est la substance, la plénitude, la vie. La fresque romane est une miniature agrandie. Cet art, qui a déjà tant de grandeur sur le feuillet de parchemin, n'avait pas besoin de se guinder pour l'édifice. Une large et sereine harmonie s'en élève en sourdine. Idéogramme sans doute, mais surtout ample décor monumental, en accord parfait avec l'esprit religieux, avec les lignes de l'architecture, avec l'immuabilité du mur que l'on sent derrière.
Source : Gallica

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