“ Née en 1899 de la réunion de quelques fervents de la musique, elle a grandi dans un patient silence, se développant peu à peu, progressant régulièrement, avec une tenace persévérance qui est tout à l’honneur de ses fondateurs. En 1899, la Symphonie Lyonnaise n’avait pas encore de nom, pas de chef, elle comptait tout au plus une dizaine d’amis, se réunissant chez l’un d’eux pour faire de bonne musique. Bientôt, elle atteignit le chiffre de 20 musiciens et dès lors, la Société nouvelle choisir pour directeur le sous-chef d’une de nos meilleures musiques d’infanterie, M. Ducousso. ”
Citations de Revue Musicale de Lyon ()
“ Le compositeur n’a vu de l’œuvre de Daudet que les côtés épisodiques ; il n’en a compris que l’extérieur. Son sens intime, sa profonde psychologie lui ont, la plupart du temps, complètement échappé. On sent que cette partition a été bâclée. Elle donne l’impression d’une improvisation continuelle exécutée, il est vrai, par un musicien d’une habileté rare, d’une sûreté prestigieuse. ”
“ « Ce qui importe c’est que dans cette œuvre belle et puissante, la vie circule constamment, c’est qu’à l’encontre d’autres œuvres de M. d’Indy, la sensibilité et l’émotion y tiennent la plus large place. « Ce qu’il faut dire encore, c’est que l’Étranger ne peut manquer d’ajouter à la gloire de la musique française contemporaine un beau rayon de plus. » ”
“ Jamais, dit-on, une mesure de valse sortit de son cerveau sans que les besoins de son orchestre n’aient rendu absolument nécessaire l’effort colossal qu’était pour lui la notation matérielle. Johann Strauss se considérait comme le protecteur naturel de tous ses musiciens. Autant on l’admirait comme artiste, autant on l’aimait, autant on l’estimait comme homme. ”
“ Tantôt en une page saisissante, l’invocation de Vita, — Mlle Bréval y est admirable — les voix humaines traitées à la façon orchestrale contribuent, chœur invisible, à l’ensemble symphonique ; tantôt en certains passages de drame intime, les instruments semblent parler avec la voix même et l’émotion des personnages, musique et poème, se pénètrent intimement formant un tout parfait, résultat d’une volonté puissamment logique et produisant un effet d’autant plus grandiose qu’il est obtenu par des moyens plus sobres. ”
“ À mesure que les voix se rapprochent et que la clarté du jour fait reculer les ténèbres de la nuit, les vibrations aériennes, qui ressemblaient tout-à-l’heure à la douloureuse lamentation des damnés, prennent peu à peu l’accent de la joie. Lorsque, enfin, le soleil surgit et que le cantique des pélerins s’élève comme un chant de délivrance, elles se répandent en nappes sonores, où l’on sent vibrer le ravissement de l’enthousiasme. ”
“ Nous sommes très heureux de constater les progrès de la Symphonie Lyonnaise et le succès qu’elle a remporté car cette excellente société, qui nous donne les seuls concerts d’orchestre que nous puissions entendre à Lyon, doit vivre et aussi se développer et s’améliorer tous les jours. ”
“ Ce programme était extrêmement intéressant parce qu’il présentait trois œuvres émanant de trois générations de musiciens de l’école allemande et, il faut bien le confesser, ce n’est pas l’école moderne qui est sortie victorieuse de l’épreuve. Schumann met toujours en œuvre des matériaux de premier ordre : il le fait quelquefois avec une certaine maladresse, mais sur ses pensées plane toujours une atmosphère de génie qui charme tour à tour et étreint. ”
“ Aucune hésitation dans la lente et mesurée évocation des sons qui naissaient sous les doigts de l’artiste. Comme les sonorités devenaient plus puissantes, je fermais les yeux car le spectacle d’un homme assis au piano avec un squelette avait quelque chose d’effroyable. ”
“ J’ouvris les yeux... plus personne au clavier, Chopin gisait à terre, et, à côté de lui, le squelette brisé. Le grand compositeur était anéanti, mais sa marche était trouvée. Le Théâtre de Bordeaux étudie les Maîtres Chanteurs de Nuremberg dont l’interprétation sera confiée à MM. Gibert, Séveillac, Boussa, Blancard, Hyacinthe (dans le rôle de David qu’il a créé à Lyon le 30 décembre 1896) , Mmes Bourgeois et Blancard. Il y a des métiers que l’on peut exercer sans les aimer, par nécessité simplement ; mais les arts, ceux qui les cultivent, le font généralement par amour. ”
“ Dans ce cas, il n’y a qu’une ressource : tirer de chaque partie, de chaque détail, en particulier, son maximum d’effets, sans se soucier de faire concourir ces effets de détail à un effet d’ensemble. C’est une maigre ressource, mais le plus grand génie ne pourra faire une œuvre d’art du personnage de Caravadossi. ”
“ Mme Bréjean-Silver n’a ni le physique ni la plastique désirée pour représenter avec illusion la belle Fanny, et elle n’a pas non plus le timbre de voix qu’on aimerait entendre dans ce rôle. Son talent, elle en a, est fait de longue pratique, d’acquis sérieux et aussi de ficelles. ”
“ Nous sommes heureux de signaler à nos lecteurs ces représentations de Noël parce qu’elles présentent un réel intérêt artistique. Elles sont dirigées par un musicien de talent, M. Maillot qui a réuni à la Mouche une importante maitrise, hommes et femmes, qui interprètent couramment à l’Église des œuvres très importantes comme la Messe de César Franck. Pour les Mystères de Noël, M. Maillot a réuni un orchestre de trente musiciens et soixante choristes et a soigneusement orchestré les vieux Noëls populaires qui forment la partie musicale de ces représentations. ”
“ Mlle Chapuy, (Micaëla) . Lhérie (Don José) , enfin Mme Galli-Marié qui réalisait admirablement le type de Carmen. Personne ne crut à l’avenir de l’œuvre et tout le monde approuvait un peu cette boutade d’un spectateur qui, apprenant que Bizet recevait la Légion d’honneur le jour même de la première de Carmen, disait : « On l’a décoré le matin parce qu’on savait bien qu’on ne pouvait plus le décorer le soir ! ». On sait que Bizet n’a pas pu assister au triomphe de son œuvre ; il mourut le 2 juin 1875, trois mois après la première de son chef-d’œuvre. ”
“ Le style, c’est l’application en détail de l’idée d’ensemble. Une œuvre de style, par exemple en architecture, est une œuvre où chaque ornement, chaque pierre, pour ainsi dire, est marquée d’un sceau, ne pourrait pas appartenir à un autre édifice. ”
“ Johann Strauss le père avait environ dix-neuf ans lorsqu’il fit connaissance avec Lanner. Celui-ci était son aîné, mais n’avait que trois années de plus, étant né en 1801. Il allait d’auberge en auberge, payant son écot en jouant une de ces valses lentes ou laendler dont nous admirons encore aujourd’hui le charme et la poésie. Lanner n’avait encore que deux compagnons ; avec Johann Strauss il forma un quatuor et la vie aventureuse continua quelque temps en commun. Mais bientôt Strauss voulut agir par lui-même ”
“ Non, non, non, dix millions de fois non, musiciens, poètes, prosateurs, acteurs, pianistes, chefs d’orchestre de troisième ou de second ordre, et même du premier, vous n’avez pas le droit de toucher aux Beethoven et aux Shakespeare, pour leur faire l’aumône de votre Science et de votre goût... ”
“ La Société nationale de musique a donné, samedi soir, dans le local de la Schola Cantorum, à Paris, la première audition de trois Sonatines d’Automne, Crépuscule candide, les Trois clefs, Caresses tristes, écrites sur des poésies de Camille Mauclair, par M. Mariotte, le distingué chef d’orchestre de la Symphonie lyonnaise, qui ont valu à l’auteur et à ses deux interprètes, M. Jemain, pour la partie de piano, et Mme Marguerite Mauvernay, professeur de chant à notre Conservatoire, le plus vif et le plus éclatant succès. ”
“ Joncières se donna alors une double originalité : il fut l’un des premiers à comprendre Wagner et à proclamer — sans palinodie subséquente — sa grandeur : et cependant il ne l’imita jamais. Il resta fidèle à l’esprit et à la forme de l’ancien opéra. ”
“ M. Henri Marteau est né en 1874 et commença la musique de très bonne heure sous la direction de sa mère et d’un professeur suisse et termina ses études de violon avec le maître Léonard. Depuis 1900, il est professeur d’une classe de virtuosité au Conservatoire de Genève ; les nombreux concerts qu’il a donnés l’ont rendu célèbre. En France, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, en Suède, en Russie, aux États-Unis, il fut partout acclamé à l’égal des plus grand violonistes. ”
“ Chez Strauss, le talent s’accentue et dépasse celui des deux autres mais aussi les qualités d’invention sont bien inférieures. Les motifs musicaux deviennent parfois, disons le mot, d’une banalité déconcertante et pourtant, Dieu sait si le compositeur est talentueux. ”
“ Faisant appel à ses souvenirs, le peintre Ziem, qui fut un intime de Chopin, raconte dans quelles circonstances vraiment étranges l’artiste composa sa marche funèbre. Chopin était dans son cabinet de travail. Dans un angle se dressait le piano ; dans un autre coin un squelette humain revêtu d’un voile blanc. ”
“ Le Salut Public du 12 avril trouvait la musique charmante, la mélodie abondante, neuve et originale ; l’orchestration, à part peut-être quelques excentricités, concessions faites à la peste wagnérienne, chaude, vive et entraînante ; l’ensemble lumineux et représentant une des plus brillantes créations musicales des vingt dernières années. ”
“ L’effet, ce soir, a été si puissant qu’il ne me souvient pas d’avoir jamais vu une foule possédée et comme envoûtée d’une émotion plus dominatrice ; l’admirable, c’est qu’une telle émotion soit due, non pas à quelque situation théâtrale, adroitement poignante mais à la parfaite et auguste Beauté. Il est des moments où, par une grâce spéciale, un grand artiste devient mieux encore qu’un grand artiste ”
“ Si bien que l’entendre parfois interpréter, Brahms me fait songer à ces messieurs redoutables, qui se donnent un air profond et mystérieux, parce qu’ils n’ont rien à dire, ou qui, s’ils se décident à émettre, par hasard, une idée, l’exposent de la façon la plus plate et la plus vulgaire du monde. Mais ces gens-là ont sur Brahms un avantage ; d’être plus brefs généralement en leurs discours. ”
“ La partition de l’Étranger n’est autre chose qu’une vaste leçon d’harmonie, ou mieux un traité pratique de modulation qui dure près de deux heures, ce qui est peut-être excessif pour un exercice de ce genre dont le charme est un peu subtil. Par exemple, quand on a étudié ça on sait à quoi s’en tenir sur la manière de passer de tonalité en tonalité sans courir le risque de s’appesantir un instant sur une seule. ”
“ De tout l’opéra de Gounod, il n’y a plus guère de vraiment intéressant, pour les habitués du théâtre, que le tableau de la prison, l’acte du jardin et le ballet. Je connais même des amateurs fort estimables et très considérés dans leur quartier, qui s’en tiennent au ballet exclusivement. ”
“ Tout cela finit au cabaret d’où ça n’aurait jamais dû sortir et sous prétexte de Sainte-Cécile, on festoie et on échange des propos sur l’art de chef-lieu d’arrondissement et sur la littérature de nos beaux orphéons français. Peut-être un jour, au risque de nous attirer de vertes réponses, dirons-nous la vérité sur l’action de l’Orphéon en France, sur cette sacro-sainte institution qui, paraît-il, nous a élevés à la hauteur des peuples les plus musiciens d’Europe... ... Pauvre Sainte-Cécile, artiste gracile, idéale et charmante, à qui l’on inflige de pareilles sérénades ! ”
“ Tous les Strauss qui ont obtenu une notoriété n’ont pas été des musiciens, et parmi ceux qui l’ont été ou le sont encore à l’heure présente, il y en a qui ne font point partie de la famille dite de Vienne, dont le chef, qui aurait aujourd’hui cent ans, a été, avec Lanner, le créateur de la valse viennoise. ”
“ Chacun d’eux jugera les œuvres en toute indépendance, selon ses goûts particuliers et son esthétique personnelle. Nous nous efforcerons ainsi d’être éclectiques et ne nous inféoderons à aucune école ou coterie, cherchant simplement à glorifier l’Art dans toutes ses manifestations même les plus humbles. ”
“ Puis, les assistants se sont rendus au tombeau de Berlioz (cimetière Montparnasse) , où M. Eugène d’Auriac, professeur à la Faculté des Lettres, a développé en un discours cette idée que Berlioz, enfant de l’admirable génération de 1830, fut, parmi les musiciens, le seul qui en ait exprimé l’idéal et n’en ait pas travesti l’esprit, ayant créé des œuvres d’une hauteur égale à celle des plus grands génies de la poésie et des arts que cette époque ait vus naître. ”
“ La direction du théâtre de Magdebourg annonce qu’elle donnera incessamment le Maître de Chapelle de Ferdinand Paër dans un arrangement nouveau de M. Von Kleefeld L’œuvrette de Paër jouée pour la première fois en 1821, à Paris, au théâtre Feydeau et restée au répertoire de l’Opéra-Comique, n’est guère connue en Allemagne. On sait que l’on en joue très souvent à Lyon, le 2e acte comme lever de rideau. ”
“ Le Berliner Tageblatt nous apprend qu’une nouvelle scène d’opéra doit se fonder à Berlin pour donner des interprétations dans le genre de celles de l’Opéra-Comique de Paris. L’entreprise aurait pour directeurs le docteur Schiller et Mme Yvette Guilbert. Quant au répertoire, on en dit naturellement peu de choses ; cependant on parle d’œuvres de Lalo et de Debussy. On ajoute que Mme Yvette Guilbert et son mari transporteraient leur domicile de Paris à Berlin. ”
“ Pour Le Roi Arthus d’Ernest Chausson que répète en ce moment le théâtre de la Monnaie de Bruxelles les chœurs, au lieu de prendre place sur la scène, seront placés dans l’orchestre, disséminés parmi les musiciens. C’est là une innovation dont nous attendons l’effet. ”
“ La grande saison lyrique du Metropolitain Opera House de New-York s’est terminée le 5 mars, à la fin de la quinzième semaine. La compagnie s’est mise en route ensuite pour accomplir une grande tournée d’un mois et demi, comprenant Washington (3 jours) , Buffalo (3 jours) , Chicago (deux semaines) , Cincinnati (3 jours) , Pittsbourg (3 jours) et Boston (deux semaines) . De retour à New-York le 23 avril, elle se dissoudra. Elle n’a pas joué à New-York moins de vingt-quatre opéras, dont douze italiens, huit allemands (tous de Wagner, à l’exception de Fidelio) et quatre français. ”
“ La partition est construite sur des thèmes empruntés aux chansons populaires de la Havane, où la scène se passe, et par suite, n’est pas très ferme et très homogène, mais l’œuvre est sauvée par une incontestable adresse dans le maniement de l’orchestre. M. Lambert est un élève de M. Massenet. Il fit d’abord, comme pianiste, des tournées de concerts en Amérique et en Europe. Il a déjà fait représenter deux opéras : Brocélyande (Rouen 1893) , et le Spahi (1897) et a écrit Prométhée enchaîné, scène lyrique et de la musique de scène pour Sire Olaf de A. Alexandre. ”
“ On ne peut mettre une technique plus forte, ni plus souple et plus homogène au service des développements, des compénétrations et des contrastes thématiques avec une instrumentation plus colorée, plus mouvementée plus diverse et plus fermement particularisée. ”
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