Tristan Bernard

Tristan Bernard

Résumé

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Visites nocturnes : roman (1934)

Il n'avait pas le droit de faire autrement et de donner à Marthe ce qui n'était pas à lui : la vie de Paula, la vie de Dmitri. La vie? Oui, la vie. Même convaincus du crime dont on allait les accuser, ces deux jeunes gens ne seraient pas punis de mort. Mais c'était leur existence d'êtres libres que la justice leur prendrait indûment, parce que le vrai coupable resterait dans l'ombre, dans une nuit dont personne ne pourrait le débusquer.
Marthe bougea doucement dans son sommeil.
Source : Gallica

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Visites nocturnes : roman (1934)

C'était une folie de descendre de ma voiture aussi près du château. Mais, à cet instant, je croyais avoir été trahi par Marthe. Je n'étais pas un meurtrier, mais un justicier, et je bravais le monde.
Non, décidément, rien ne me menace, en dehors de moi-même.
La seule chose qui puisse me perdre, c'est d'être pris soudain d'une crise de générosité.
Ou bien, tout à coup, je ne pourrai plus supporter la lourde fatigue de me taire.
Mais, tant que Léonce n'aura pas réussi dans son enquête...
Comment l'entraver? Il faudrait d'abord pouvoir le surveiller étroitement.
Source : Gallica

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Visites nocturnes : roman (1934)

Dans l'esprit du meurtrier, de vagues visions d'arbres et de routes s'étaient peu à peu déformées, muées en paysages de songes. Elles avaient entouré ce jeune homme étendu sur sa couche, elles l'avaient enveloppé doucement, soustrait à la vie réelle et entraîné sans heurt dans un néant bienfaisant.
Les durs soucis qui formaient son escorte l'avaient laissé entrer tout seul dans le royaume du sommeil. Mais ils l'attendaient sur le seuil, prêts à le reprendre à la sortie.
Quand le charme cessa, Robert, devant l'impitoyable lumière du jour, eut comme une crispation de douleur.
Source : Gallica

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