Résumé

Portrait de Marie Quinton Marie Quinton Le Journal de la Belle Meunière

Il était là, affaissé dans un fauteuil, l'œil creusé, le regard sans vie. Je lui ai annoncé que le déjeuner était prêt. Il ne m'entend pas! Il est comme en état de léthargie. Je répète, il n'entend pas davantage. Je prends alors le parti de crier avec toute la force de mes poumons:
«Mon général, le déjeuner vous attend!... Mon Dieu, est-il possible que vous vous laissiez tellement abattre? Elle est partie? Mais elle ne va pas tarder à revenir! Demain, à pareille heure, elle sera déjà à mi-chemin... Voyons, mon général...»
Source : Gutenberg

Portrait de Marie Quinton Marie Quinton Le Journal de la Belle Meunière

Elle passera peut-être encore un hiver, mais c'est le printemps qui est à craindre, le printemps où se réveille tout ce qui doit vivre et où, en vertu de je ne sais quelle attraction mystérieuse, les êtres condamnés à mort s'en vont vers le cimetière qui se couvre de gazon nouveau.
Et alors, un jour le général se trouvera seul dans la vie...
Miséricorde!
Vers onze heures du matin, Mme Marguerite est entrée chez moi. Elle apparaissait encore plus pâle et défaite, à la clarté du jour, que hier soir aux lumières.
Source : Gutenberg

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Mme Marguerite venait de se lever. Elle avait passé une nuit très pénible, et sa mine était plus mauvaise que jamais. En m'avançant vers elle, j'eus le pressentiment très net que je ne la reverrais plus vivante. Une sorte d'horreur surnaturelle, comme on en éprouve devant les mourants, me passa à travers tout le corps. Mes jambes fléchissaient. Sans une parole, je tombai à genoux et je fondis en larmes.
Elle aussi, comme si elle devinait ce qui se passait en moi, se mit à pleurer, avec de grands hoquets qui étaient presque des râles. Seul, le général s'efforçait de nous calmer.
Source : Gutenberg

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