Résumé

Various L'Illustration, No. 2519, 6 Juin 1891

A considérer ces richesses, Amyle avait cru cent fois mourir de chagrin et de dépit. Hélas! que pourrait son pauvre bâton contre ces incroyables merveilles? Voyant l'indifférence d'Ydoine, il reprit courage.
--A mon tour! s'écria-t-il, c'est à mon tour, n'est-ce pas?
Le baron Thiébault, infiniment désolé, n'eut même pas la force de lui répondre. Amyle, au milieu de la stupeur générale, fendit la foule et disparut pour aller quérir son bâton. Dans un mortel silence on attendit.
Enfin la porte s'ouvrit et Amyle parut portant le bâton piqué dans le vase plein de terre.
Source : Gutenberg

Various L'Illustration, No. 2519, 6 Juin 1891

Alors, devant le peuple rassemblé, en présence des jeunes seigneurs dont Ydoine avait refusé la main, le baron parla en ces termes:
--Nobles et vilains, voici que ma fille Ydoine est en âge d'être fiancée, mais ses lèvres ne s'ouvrent que pour soupirer et jamais pour sourire. Écoutez donc mes volontés. Je prends devant tous, au nom du seul Dieu qui me voit et me juge, l'engagement de donner ma fille et la moitié de mes biens à celui d'entre les jeunes hommes qui déposera dans la corbeille nuptiale le bijou, la parure, le talisman, capable de mettre ma fille en joie et de la faire sourire...
Source : Gutenberg

Various L'Illustration, No. 2519, 6 Juin 1891

Amyle crut en ces paroles et rentra au village d'un seul temps de galop. Une fois arrivé, il piqua le bâton en un vase plein de terre grasse et se présenta au Château-de-Velours.
--Voici ce que j'apporte pour votre belle Ydoine, dit-il au baron.
--Quoi? ce vilain bâton noir, tortu et noueux! Tu mériterais, insolent, qu'il te fût rompu sur le dos!
--Gardez-vous-en bien! Il n'est point pour frapper, mais pour faire sourire et mettre en joie votre belle Ydoine, assura hardiment Amyle. J'ai le droit de concourir comme les autres, et vous devez suspendre tout jugement jusqu'au jour fixé.
Source : Gutenberg

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