Résumé

Émile Saigey Les Sciences au XVIIIe siècle

Le mémoire d’Euler ne contenait sur la nature du feu aucune vue neuve ni aucune expérience intéressante. Il s’en tenait, suivant la méthode de l’ancienne physique, à de pures spéculations. Pour lui, la matière ignée est un fluide spécial emprisonné dans les molécules des corps, comme le serait de l’air fortement comprimé dans de petites bulles de verre ; les molécules éclatent à un moment donné comme le feraient les bulles de verre, et se brisent les unes les autres : c’est là la combustion. Si le mouvement ne va pas jusqu’à rompre les enveloppes, le corps s’échauffe sans brûler.
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Émile Saigey Les Sciences au XVIIIe siècle

La section de chimie nous présente un spectacle bien différent. À nos yeux, la chimie date de Lavoisier, et tout ce qui précède est comme non avenu. L’Académie, jusqu’au dernier quart du xviiie siècle, ne nous offre que des chimistes tout à fait surannés. Rien de puéril pour la science moderne comme leurs doctrines, rien de confus comme leurs recherches. Ce sont eux qui, dans les procès-verbaux de l’Académie, nous fournissent le mot pour rire ; Duclos, un chimiste de la fondation, un des seize membres choisis par Colbert, établit les principes des corps.
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Émile Saigey Les Sciences au XVIIIe siècle

La science perd ainsi ce qu’elle avait de froid, de terne, d’impersonnel ; elle devient vivante, animée, elle prend couleur humaine.
Par la force des choses, l’enseignement classique des sciences est amené à introduire dans la pratique quelques considérations historiques que les programmes universitaires ne lui imposent pas. Comment parler d’astronomie, par exemple, sans indiquer les principales étapes qu’a faites l’esprit humain, sans marquer comment les lois énoncées par Galilée et Képler ont été mises en œuvre par Newton et l’ont conduit à découvrir la gravité universelle ?
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