Jean-Pierre Louis de Fontanes

Définition et enjeux

Jean-Pierre Louis de Fontanes Œuvres complètes

« La grande place est remplie, l’aïeul la tient. Il suffit que moi, qui viens tard, je ne sois pas indigne de lui, que je l’honore par mon goût dans un siècle bien différent déjà, et que jamais du moins je n’aie faussé son lointain et supérieur accord par mes accents. »
Dans cette sobriété et cette paresse même du poëte, se retrouve donc un sentiment touchant, modeste, et qu’on peut dire pieux. Je n’invente pas : M. de Fontanes le nourrissait en son cœur et l’a exprimé en plus d’un endroit.
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Jean-Pierre Louis de Fontanes Œuvres complètes

Ô suprême bonheur ! tous peuvent l’embrasser ;
Il ne faut pour le voir que sentir et penser :
Le méchant, toutefois, pauvre en son opulence,
Aveugle en sa raison, stupide en sa science,
À ce bonheur si doux ne saurait parvenir.
L’homme juste, sans art, est sur de l’obtenir :
Des maîtres de l’École il rejette l’empire ;
Son livre est la nature, et c’est là qu’il admire
Ces rapports dont la chaîne unit la terre au Ciel ;
Tous les mondes en chœur lui nomment l’Éternel :
Il entend leur langage ; il voit que, sur la terre,
Nul ne saurait jouir d’un bonheur solitaire
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Jean-Pierre Louis de Fontanes Œuvres complètes

Mais à l’instant la terre s’entrouvre, l’ombre de son père en sort et le rappelle à la raison, à la constance, à la vertu, lui montre une sœur chérie qui lui reste, et l’invite aux beaux-arts, à la poésie noblement consolatrice. Ce Cri de mon Cœur semble avoir exhalé en une fois toute cette ferveur troublée de la jeune âme de Fontanes, et on n’en retrouvera plus trace désormais dans son talent pur, tendre, mélancolique, et moins ardent que sensible [3] .
L’Almanach des Muses de 1780, le fit plus hautement connaître, en publiant la Forêt de Navarre.
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