Johannes Mélanchthon

Définition et enjeux

P. Imbart de La Tour Revue des Deux Mondes

On a pu analyser les élémens divers et souvent hétérogènes de sa doctrine, retrouver ceux qu’il a pris à saint Paul ou à saint Augustin, à Occam ou à Huss, à Carlstadt ou à Érasme. Les faisant siens, il les recrée : matériaux qu’il forge à la flamme de sa passion, au souffle de son verbe fulgurant « comme un éclair. » Le génie mesuré et souple d’un Melanchthon était nécessaire au réformateur pour filtrer ses idées et condenser sa théologie. Seul, il a eu la vision claire et prompte des formules qui rallient et du geste qui entraîne
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François Laurent Études sur l'histoire de l'humanité… (1855-1870)

Loin d'ébranler les croyances sur lesquelles repose le christianisme, il les exagère pour leur donner une force nouvelle; il ne veut rien brusquer : pas de violence, la persuasion seule doit extirper les superstitions et les abus. Il avait à côté de lui un esprit plus conciliant encore et plus ami de la paix; le doux Mélanchthon fit tous les sacrifices pour maintenir l'unité de la chrétienté, et il échoua. Les conférences et les colloques d'Allemagne et de France ne servirent qu'à creuser plus profondément l'abîme qui séparait les catholiques et les protestants.
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Nisard Revue des Deux Mondes

Quoique ce portrait de Mélancthon ne puisse prévaloir contre la réputation de douceur qu’il avait de son temps, et à laquelle aucun historien n’a contredit, il est vraisemblable que sur la fin de la diète, épuisé par tant de vicissitudes, il dut s’irriter et s’endurcir. Comme tous les hommes chez qui la fermeté vient de l’intelligence plutôt que du caractère, et est moins une habitude qu’un devoir, Mélancthon put laisser voir de l’impatience, et blesser d’autant plus par son obstination qu’on en attendait moins de lui.
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