Karl von Custine

Définition et enjeux

Portrait de Astolphe de Custine Astolphe de Custine La Russie en 1839

Il n’est pas dans ma nature de douter de la parole humaine au moment où je l’entends. Un homme qui parle est pour moi l’instrument de Dieu : ce n’est qu’à force de réflexion et d’expérience que je reconnais la possibilité du calcul et de la feinte. Vous appellerez cela de la niaiserie, c’en est peut-être, mais je me complais dans cette faiblesse d’esprit parce qu’elle tient à de la force d’âme ; ma bonne foi me fait croire à la sincérité d’autrui, même à celle d’un Empereur de Russie.
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Portrait de Astolphe de Custine Astolphe de Custine La Russie en 1839

Dans l’administration russe les minuties n’excluent pas le désordre. On se donne une grande peine pour atteindre un petit but, et l’on ne croit jamais pouvoir faire assez pour montrer son zèle. Il résulte de cette émulation de commis, qu’une formalité n’assure pas l’étranger contre une autre. C’est comme un pillage : parce que le voyageur est sorti des mains d’une première troupe, ce n’est pas à dire qu’il n’en rencontrera pas une seconde, une troisième, et toutes ces escouades échelonnées sur son passage le tracassent à l’envi.
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Portrait de Astolphe de Custine Astolphe de Custine La Russie en 1839

Pendant mon séjour en Russie, comme pendant toutes mes autres courses, deux pensées, ou plutôt deux sentiments n’ont cessé de dominer mon cœur : l’amour de la France, qui me rend sévère dans les jugements que je porte sur les étrangers et sur les Français eux-mêmes, car nulle affection passionnée n’est indulgente ; et l’amour de l’humanité. Trouver le point d’équilibre entre ces deux termes de nos affections ici-bas, la patrie et le genre humain, c’est la vocation de toute âme élevée. La religion seule peut résoudre un tel problème ; je ne me flatte pas d’avoir atteint ce but
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