“ Un seul, le plus vaillant de tous, celui qui eût bravé sans pâlir tous les périls de la terre, comptait naïvement avec ses terreurs. Le Madgyar Yanos, fils d’un pays chrétien où la religion s’enveloppe encore dans les rêves brumeux de la poésie du moyen âge, sentait renaître en foule, au fond de son âme, les croyances oubliées. ”
Madgyar
Définition et enjeux
Citations sur “Madgyar”
Nicolas Martin, Mariska : légende madgyare (1861)
“ Le développement d'un même sentiment dans ses manifestations diverses, voilà toute l'unité de la composition, et dans ce genre de poème elle suffit. L'idée fondamentale du livre ainsi établie, il n'importe guère, on le comprend, que l'auteur se soit plus ou moins attaché à conserver le trait particulier, caractérisant la nationalité de son héros. Son Nimbsch est Madgyar, et soldat dévoué à l'indépendance de son pays; mais il est surtout amoureux; une passion profonde l'absorbe; il ne vit plus que de ses enchantements et de ses souffrances ”
“ Ceux qui avaient fréquenté le Madgyar Yanos Georgyi durant son séjour en Allemagne l’auraient reconnu d’un coup d’œil. Ces vingt ans écoulés n’avaient point opéré chez lui ce changement absolu que l’homme subit d’ordinaire dans un si long espace de temps. ”
Nicolas Martin, Mariska : légende madgyare (1861)
“ C'est son adorable folie qu'elle demande à tout de répéter. C'est son prestige qu'elle reporte sur tous les aspects des choses de la nature et de la pensée. Son expansion déborde en tous sens. Et si la poésie est un instrument à sa portée, elle en invoque ardemment toutes les cordes pour s'exprimer. C'est ainsi que Kimbsch, le soldat-poète de M. S. Martin, aime et chante. Il importe peu, après cela, qu'il soit Madgyar; que sa figure ait plus ou moins l'empreinte du pays où il vit et souffre de la passion combattue. ”
Nicolas Martin, Mariska : légende madgyare (1861)
“ Il est fougueux, vaillant, et prépare à combattre; Il allume à la lèvre une mâle chanson; 1 C'est la dernière des notes trouvées sur le cœur de Nimbsch. Il y a tout lieu de croire qu'il fut tué ce même jour. Il centuple le cœur : j'héritai ce flacon De mes aïeux, dont l'un servait sous Henri quatre. Hors du fourreau l'épée, et le verre à la main! Si l'on vous aime, amis, vivez encor demain; Mais moi, pauvre madgyar, c'est la mort que j'envie. Je bois à vos amours, buvez à Mariska; Dites-lui qu'en mourant tout mon cœur l'invoqua. ”
Nicolas Martin, Mariska : légende madgyare (1861)
“ Ce poème a été inspiré par des notes trouvées sur le cœur du poète madgyare Nimbsch de., tué en combattant dans les Karpathes. J'ai beaucoup connu Nimbsch à Paris en 1841. Il pouvait être alors âgé de vingt et un ans. C'était une vaillante et loyale nature, un peu farouche, un vrai cœur de Madgyar. Il professait une espèce de -- culte pour le grand poète (j'allais écrire le grand-prêtre) de la nationalité polonaise, Mickiewicz. Encore enfant, il avait couru sous le drapeau levé pour l'affranchissement de la Pologne. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ MADGYARS, une des tribus sorties de l'Oural qui furent conduites par Argad en Hongrie au Xe siècle, était probablement la principale. Son nom devint celui de toute la nation : c'est encore ainsi que les Hongrois se désignent eux-mêmes aujourd'hui. MADIAN, auj. Midian, v. anc. de l'Arabie, au N. E. de la mer Rouge et sur les bords du golfe le plus oriental de cette mer (golfe Élanitique) , était la capitale d'une peuplade de Madianites distincte de celle qui habitait à l'E. du lac Asphaltite. C'est à Madian qu'habitait Jéthro, beau-père de Moïse ; c'est là aussi que se réfugia le prophète. ”
André Delrieu, La vie d'artiste. 2 (1843)
“ Les Madgyars nomment deux tables ou deux chambres, la chambre des magnats et la chambre des nonces, lesquelles réunies constituent le parlement ou la diète. L'archiduc palatin, représentant de M. de Metternich et président de la diète, est le troisième pouvoir, la pensée immuable. Mais ce qui est curieux, c'est que la moitié de la population totale , six millions de Slaves, est comptée pour rien en politique. Et, ce qu'on ne sait pas, ce sont les engagemens réciproques qui peuvent traditionnellement lier les Madgyars pour la plus longue existence de cette singulière oligarchie. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ L'énergie de la jeune fille était trop grande pour qu'elle ne fût pas proche de la mort. Quand la surexcitation qui la soutenait serait tombée, elle se trouverait sans force pour résister. – Je vous remercie, lui répondit Madgy, par vous je quitterai la terre sans y laisser un – regret ; et, après un instant de silence : – Me reconnaissez-vous, colonel Otway, reprit-elle, reconnaissez-vous la petite fille qui vous présenta un jour à la porte de notre cottage une corbeille de fraises, et donna à la dame qui vous accompagnait une branche de chèvrefeuille en fleurs ? ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Elle répandait autour d'elle l'énergie qui la consumait. – Ayez bon espoir, ajouta-t-elle, ceux que le bonheur a unis ne doivent pas craindre, car ils sont les bien-aimés d'une misèricorde qui a pour eux des ménagements infinis. Prions Dieu de détourner ce calice, et votre voix sera entendue. Lady Dover anéantie par la douleur se mit à genoux. Quand elle eut fini de prier, Madgy se releva et lui prenant la main, l'embrassa au front. On eût dit en vérité l'une de ces saintes inspirées des premiers âges de la foi, marquant du sceau de la souffrance chrétienne l'élue admise dans le sanctuaire. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Vous marcherez dans son ombre, les battements de ce coeur vaillant vous feront tressaillir. Votre âme les aura entendus au loin. – Et, tenant toujours les mains de lady Dover, Madgy semblait oublier sa présence : – de longues journées vous seront données ; vous serez abreuvée aux sources de tendresse. Alors, n'oubliez pas que vous avez senti l'angoisse glacer le sang dans vos veines ; qu'à la vue de l'isolement s'approchant de votre amour, vous avez tremblé. Soyez miséricordieuse pour la souffrance et semez le sourire sous vos pas. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Madgy se tenait silencieuse auprès de cette grande douleur qu'elle comprenait si bien, et comme le regard désespéré de lady Dover la cherchait toujours : – La bénédiction de Dieu, lui dit-elle, a passé sur votre union. Relevez votre courage, vous avez l'honneur de porter son nom. Le parfum de certaines plantes rappelle la vie près de s'éteindre. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Cet entraînement vers la libre verdure, le grand air et la campagne, l'un des instincts du peuple anglais, se réveillait chez lady Dover et ses compagnons, au milieu de ce feuillage et du bruissement des bois doucement agités par le vent. Madgy elle-même partageait leurs impressions, et rafraîchie par ce bain délicieux, son âme apaisée éprouvait cette satisfaction singulière que donnent les pures jouissances de la nature – quand elles pénètrent le corps et rendent plus léger le poids qui l'accable sans cesse. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ L'âme triomphait encore une fois de la chair. L'on eût dit l'un de ces nuages qui troublent tout à coup la sérénité d'une belle journée, et qui, bientôt chassés par le vent, laissent au soleil couchant toute sa splendeur. Les brises fortifiantes qui viennent d'au delà du temps, et que les justes sentent aux approches des heures dernières arrivaient maintenant jusqu'à Madgy. Elle entra dans une tranquillité profonde. Les vertus de sa jeunesse, les espérances d'un coeur qui n'appartenait plus à la terre, l'entourèrent d'une auréole de paix glorieuse. ”
A. Földváry, Les Ancêtres d'Attila, étude historique sur les races scythiques… (1875)
“ Madigaria est la capitale du pays des Madigars au nord du septième climat. Les Madigârs sont un peuple de race turque ; quelques auteurs disent que leur pays est situé entre les Petchénègues et les Sékek (Koszak) , dans les provinces boùlgares. Les Madjars adorent le feu, du reste ils habitent des pavillons et des tentes, et recherchent les: lieux arrosés d'eaux et Couverts de pâturages. Ce pays a 100 parasanges de long sur autant de large ; il touche par une — 176 — de ses extrémités à l'empire romain, qui le borne du côté du désert. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Le trouble, l'agitation, le réveil soudain de toutes les colères contenues, le froissement de l'orgueil mis à vif éclatèrent tout à coup dans l'âme d'Otway et s'y livrèrent un violent combat, mais à mesure que Madgy parlait, sa voix si faible pénétrait en lui avec une puissance irrésistible. L'attendrissement, ce sourire des anges, s'emparait de lui et réveillait son coeur ; il hésita et sous le regard de la pauvre jeune fille mourante, impuissant à lutter plus longtemps, lui qui n'avait jamais cédé, trouva la force de se vaincre lui-même. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Si des hommes habitués aux dangers affrontés chaque jour subissaient l'action de ces terres, l'émotion ressentie par les deux jeunes femmes en approchant d'Inkerman se comprendra facilement. Prête à gravir ce calvaire, Madgy restait silencieuse et recueillie, pendant que lady Dover, radieuse et parée du reflet glorieux, dont le courage de son mari l'avait entourée ce jour-là, contenait à peine l'expression de son contentement. Pour elle, de ces lointains périls, il n'y avait plus que le danger noblement traversé, et son héros vivait pour la rendre heureuse. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Il y a des âmes, dont l'approche inspire ainsi cette force intérieure que l'antiquité appelait vertu et que la religion nomme ainsi, quand elle veut exprimer cette entière possession que l'âme chrétienne dans sa noble liberté, conquiert sur elle-même. Madgy avait l'autorité de la douleur supportée sans plainte, et la force de ceux qui espèrent l'heure prochaine ou quittant ce corps comme l'on quitte un vêtement usé, ils iront enfin se perdre dans la lumière bienheureuse du ciel. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ J'ai bien souffert depuis que je suis en Crimée, mais toutes ces peines me prouvent combien je l'aime, et je suis si heureuse de l'aimer. Madgy avait pris la main de lady Dover, et la serrant avec force : – Ah ! oui, dit-elle, il doit être bon de se rafraîchir dans la tendresse, de désaltérer enfin son coeur. Le Seigneur ne nous a pas donné en vain cette soif d'affection. La Providence miséricordieuse accorde parfois aux âmes qui supportent la souffrance sans se plaindre, un coeur ami et l'heure d'abandon qui les soulage du poids accablant de l'isolement. ”
Théodore Pavie,
Les Derniers Temps de l’empire mogol…
“ Quand on le releva, il respirait encore : son œil s’ouvrit, il jeta un regard mourant sur les hautes montagnes où les aigles nichent en liberté, et expira sans se plaindre. Il était mort à la manière des brahmanes, qui se vengent d’une insulte en se tuant eux-mêmes. Avant de mourir, Madhou-Naraïn avait dicté une requête dans laquelle il désignait pour son successeur Badji-Rao, son cousin, celui-là même avec qui il avait conspiré contre l’injuste oppression de Nana-Farnéwiz. Le régent, qui avait tout à redouter de Badji-Rao, supprima la requête dressée par le jeune peshwa sur son lit de mort ”
Édouard Thouvenel,
Revue des Deux Mondes
“ Dix siècles ont passé sur ce peuple sans effacer son caractère : le Madjyar d’aujourd’hui est le digne fils du barbare d’autrefois. Comme son père, il a une physionomie dure, mais pleine d’expression ; il unit la force nerveuse à une grande insensibilité physique ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Madgy, elle aussi, s'était attachée à cet enfant, et le vit partir avec émotion lorsqu'avec son petit bras en écharpe et une large cicatrice au front, il vint pour lui faire ses adieux. C'était un brave coeur, un garçon actif, intelligent, qui avait traversé bien des misères, et mêlait à une énergie au-dessus de son âge la naïveté que l'adolescence fait perdre si vite. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ D'une voix à peine intelligible, plutôt un murmure qu'un son, il dit : – Ma soeur, ma mère, je les aime ; mon frère aussi. – Puis il demeura absorbé, immobile, et, la mort revenant sur lui, il éprouva un mouvement convulsif, une contraction de la gorge, un soupir, et ce fut tout.. Le pauvre soldat avait cessé de souffrir ; mais la dernière pensée heureuse se montrait sur ses traits apaisés. Madgy ramena le drap sur la tête, et comme le frère pleurait : – Écrivez à votre mère, dit-elle, qu'il est mort consolé. ”
“ Le frère puîné de Haladhara, le premier des hommes réfléchis, le saint meurtrier de Madhou, respectant cetordre de Brahma, n’eut aucune envie de le rompre lui-même. Adhokshadja aux éloquentes paroles, incarné dans un fils d’Yadou, tint ce langage au roi Djarâsandha, de qui l’âme était résolue au combat : 889-890. « Avec qui des trois, sire, ton cœur aspire-t-il à combattre ? Qui d’entre nous tous doit se tenir prêt à cette lutte ? » 891. À ces mots, le puissant roi du Magadha, Djarâsandha à la grande splendeur choisit pour adversaire Bhîmaséna. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Son regard était ferme et tranquille, elle paraissait attendre, lorsque tout à coup, faisant signe à miss Nightingale, elle l'appela auprès de son lit. – Je n'ai qu'une seule grâce à vous demander, dit-elle, aidez-moi à remplir un dèrnier devoir. – Mais, chère enfant, vous êtes mieux, et le docteur assure qu'il n'y a plus aucun danger. – Ne croyez pas que j'aie peur, répondit Madgy ; vous le savez bien, la mort est pour moi une délivrance. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Tout en défendant leur race contre d’injustes et absurdes projets d’absorption, il ne parleront plus de se séparer des Maghyars, avec lesquels la nature paraît les avoir indissolublement unis. Comment, en effet, exclure ce peuple qui habite au centre même du pays, au bord du grand fleuve de l’Illyrie, avec Pesth pour capitale ? C’était se mutiler soi-même. Aussi, du moment que les Maghyars purent supposer chez les patriotes croates l’intention, même la plus vague, de se séparer d’eux pour former un empire à part, une grande Illyrie slave, un choc terrible entre les deux races fut imminent. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Le repos lui fera du bien. Vous ne sauriez croire, depuis que j'ai été témoin de son dévouement, à quel point je m'y intéresse. Dès que j'ai vu miss Madgy, ajouta-t-elle en regagnant avec le colonel Otway la voiture qui l'attendait au bas de la montée, j'ai ressenti une sympathie profonde qui est bien vite devenue de l'affection. Elle est si jeune et pourtant sa charité est si grande qu'il est impossible de ne pas éprouver un véritable respect. Sa beauté même a quelque chose de particulier. Le coeur et l'âme parlent seuls, on dirait qu'elle n'appartient plus à la terre. Qu'en pensez-vous ? ”
Paul Lacroix,
Les turquoises : poésies, contes et nouvelles
(1869)
“ Magdeleine priait, dans son oratoire, pour l'aîné de ses fils, qui combattait les Turcs avec autant de zèle qu'un héros de la croisade. Soudain la portière se relève, et Dinet, un rire infernal à la bouche, apparaît comme un démon, désignant d'une main la mutilation ê de son oreille, et tenant de l'autre main un masque de plâtre, défiguré par les contractions et les tortures d'une mort horrible. Magdeleine reconnaît à la fois ce masque de plâtre et l'homme qui l'apporte : elle embrasse son crucifix, et fond en larmes. ”
Tinco Martinus Lycklama à Nijeholt, Voyage en Russie, au Caucase et en Perse… (1872-1875)
“ Il n'y a maintenant là qu'un misérable hameau composé de quelques masures, bâties en basalte, qu'on rencontre partout; un seul palmier y ombrage une ruine qui paraît avoir appartenu à une forteresse dont la construction n'est sûrement pas antique. Ce hameau s'appelle Medjdel et l'on s'accorde généralement à y voir la Magidan de saint Matthieu et la Dalmanutha de saint Marc, appelée en grec, et par Flavius Josèphe, Magdala, d'où pour la grande purifiée le nom de Marie-Magdalena. ”
Pierre de Castellane, Madgy : souvenirs de l'armée anglaise en Crimée (1878)
“ Les hommes de garde qui s'étaient levés à son approche la saluèrent avec respect ; mais sa pensée planait sur ces espaces et elle s'assit, sans les voir, sur l'épaulement. Tobby qui ne la quittait pas, se tenait auprès d'elle attendant qu'elle lui parlât. Madgy se taisait, regardant toujours, et bientôt de grosses larmes tombèrent de ses yeux qui ne distinguaient plus rien. Sur un signe du sergent, les soldats pris de compassion à la vue de cette grande douleur, s'étaient écartés pour qu'elle pût pleurer sans contrainte. S'agenouillant alors, Madgy embrassa la terre. ”
