André Delrieu

Élements biographiques

André Delrieu Virginité : roman. Tome 1 (1837)

Le voyageur prononça les derniers mots avec une émotion qui démentait l'assurance dont il s'était cru d'abord capable. A son trouble, Van Ullens tressaillit de méfiance et de jalousie; le geste dans ce moine de pierre ne résultait que d'une pensée violente.
— Il a peur ! dit-il en flamand à Giraud.
Télèphe entendit ; il n'en fallut pas davantage pour retremper son amour-propre et ce fut au moine de trembler.
— Voici bientôt une heure que je vous tiens là, mon frère, reprit-il négligemment. Le jour baisse, le parloir est sombre; je n'aperçois plus vos yeux. Nous les retoucherons demain.
Source : Gallica

André Delrieu La vie d'artiste. 2 (1843)

Réduit à se défendre, l'étranger le blessa au bras ; mais le peintre lui répliqua par un autre coup de pointe si bien ajusté que la rapière s'enfonça de plusieurs pouces dans le ventre de l'Anglais. Des flots de sang inondèrent le parquet. Le malheureux fléchit d'abord sur les genoux.
— Je meurs... Wilhelmine !... adieu!... Et il s'évanouit.
L'honneur, comme l'entendent nos idées sociales, était vengé ; la colère de M. Hasslinger fut éteinte. Il ne vit plus à ses pieds qu'un homme, jeune, beau et brave, dont son arme impatiente avait déchiré peut-être mortellement le corps.
Source : Gallica

André Delrieu Testament d'un vieux diplomate… (1846)

Frédéric-Guillaume, poussaient des acclamations confuses, barbares, où toutes les passions et tous les sentiments les plus nobles comme les plus sauvages, se trouvaient poétiquement mêlés.
Vers deux heures, Alexandre et le roi de Prusse laissèrent le grand duc Constantin achever le défilé, et s'acheminèrent du côté de la rue Saint-Florentin. M. de Talleyrand était à son balcon; il appelait l'empereur de Russie du geste et de la voix ; ses regards dévoraient impatiemment la distance; pour la première fois de sa vie, le cœur lui battait dans la poitrine.
Source : Gallica

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