“ III. Le second sacrifice de Haoma. — Le zôhr melavvî. — Objet final du sacrifice. IV. Décomposition des textes du Yasna. — Les Staota yèsnya et le Stûd Yasht. I Le Yasna se compose de soixante-douze chapitres ou Hàs (Hâiti) qui se suivent dans un ordre dont le principe n’est pas apparent. Si on l’embrasse dans son ensemble en consultant, non le texte, mais les cérémonies, on reconnaît que cet ensemble peut se diviser en deux parties, et que le Yasna est en gros constitué par la répétition de deux cérémonies identiques, la préparation et l’offrande du Haoma. ”
Yasna
Définition et enjeux
Citations sur “Yasna”
“ Nous possédons du Yasna quatre séries de traductions : 1o pehlvie ; 2o sanscrite ; 3o gujratie ; 4o persane ; auxquelles il faut adjoindre pour les Gâthas une paraphrase pehlvie.1o Grâce à M. Spiegel, on possède depuis 1858 le texte pehlvi du Yasna d’après un des manuscrits les plus anciens du Yasna, le manuscrit 5 de la collection de Copenhague, écrit à Kambayat en 692 de Yazdgart ( 1323 de notre ère) par Herbad Rustam bìn Mihirvân. Malheureusement ce manuscrit n’est point le plus correct ”
“ Le Yasna Sadé, le Vispéred Sadé sont le Yasna, le Vispéred zend, avec ou sans nirangs, mais sans traduction pehlvie. Comme le livre du Vendidad ne fait jamais à lui seul l’objet d’un office, on entend par « office du Vendidad » l’office formé des trois livres Yasna, Vispéred, Vendidad, entremêlés suivant les nécessités liturgiques ; et le mot Vendidad Sadé désigne généralement, non le texte zend du livre du Vendidad, mais le texte zend des trois livres tels qu’on les récite dans l’office complet. ”
“ « Lorsque Ardéchir, fils de Babek, monta sur le trône, l’usage s’introduisit de lire un des chapitres (de l’Avesta) , qu’ils nomment isnâd ; encore aujourd’hui, les Guèbres se bornent à réciter ce chapitre » (II, 125) . Il est bien difficile de voir dans isnâd إِسْنَاد autre chose qu’une corruption orthographique de isn yasna ; et comme au temps de Maçoudi le Yasna était certainement ce qu’il est aujourd’hui, il est probable que le Yasna d’Ardéchir était déjà le Yasna classique. ”
“ Pour le Yasna et le Vispéred, la recherche semble d’abord mieux armée que pour les Yashts ; car elle dispose d’une série de traductions pehlvies, sanscrites, persanes, gujraties. Mais ces traductions nous laissent désarmés contre la principale difficulté, qui consiste en ce que le Yasna et le Vispéred sont des textes liturgiques, c’est-à-dire des textes récités dans l’accomplissement d’un certain cérémonial. Il est clair que tant que ce cérémonial est inconnu, les textes, qui en sont le reflet ou le commentaire, ou si l’on aime mieux, qui en sont l’âme, ne se suffiront pas à eux-mêmes. ”
“ À cette difficulté que les traducteurs du Yasna ne semblent pas avoir assez considérée, s’en ajoutait une d’un autre ordre et qui fait depuis longtemps leur désespoir : c’est l’énigme des Gâthas, ces mystérieux poèmes, qui forment la partie la plus archaïque et la plus sainte de l’Avesta, et qui sont aussi obscurs dans le fond des idées qu’ils expriment que dans la forme dont ils les revêtent. ”
“ III (§ !^ 17- 18) — elle est mutilée dans le Y’asht I et n’est pas assez claire dans le Yasht II, à cause du caractère composite de ce Yasht — se compose de deux parties. La première partie annonce le sacrifice offert à la Divinité spéciale du Yashl (Yt. III, 17) ; c’est le ahê raya (Yasna LVII, 3) suivi de la formule liturgique par excellence, le Yêiihê hâtâm. L’autre partie annonce les faveurs demandées en retour à la Divinité el reproduit les formules qui terminent le Yasna : elles font ainsi du Yashl un Yasna en raccourci, ce qu’il est en réalité, étant un Ynsnu spécial à tel génie. ”
“ Nous voyons seulement que c’est autour des Gàthas que se sont groupés les autres textes ; et nous ne pouvons pas séparer des Gàthas les Staota yêsnya dont elles forment la partie essentielle. Si quelquefois cette expression, qui littéralement signifie « paroles de louange et paroles liturgiques » ou « paroles de culte », désigne les Gàthas seules [3] , on voit indirectement, par les formules même du Yasna, et directement, par le témoignage formel du Cimî Gâsân, § 1, que les Staota yêsnya forment un groupe qui comprend d’autres textes encore que les Gàthâs. ”
“ Célébré seul, il prend le titre de Minô-nâbar. 2o Le Vispéred est un Yasna où certains chapitres sont plus développés ou remplacés par des variantes. C’est un Yasna plus complet et dont les énumérations divines sont plus larges. Il ne faut pas confondre le livre du Vispéred, qui est constitué par ces additions et ces variantes formant vingt-trois chapitres, avec le service même du Vispéred. Le livre du Vispéred n’a pas d’existence en lui-même : on ne le récite, on ne l’offre jamais seul : il ne répond à aucune réalité liturgique : ce n’est qu’une notation abrégée d’un service. ”
“ Zôt.Nous sacrifions à Ahura Mazda, saint, maître de sainteté 5 [5] ... Nous sacrifions au second Yasna Haptanhâiti, puissant, saint, de maître sainteté ; avec les vers, avec les stances, avec le sens ; avec les questions et les contre-questions ; avec les paroles qui se répètent deux fois ;récité avec bonne récitation, offert en sacrifice avec bonne offrande ;avec la connaissance, l’évidence, le désir, le pouvoir, la maîtrise, les faveurs que donne Ahura Mazda à l’esprit qui le confesse pleinement, dans le dévouement de la conscience. ”
“ Àfrîngân, mariages, funérailles, Nô-zûd. Il gardera le titre de Hêrbad, même s’il n’exerce pas, et quitte le bonnet blanc du sacerdoce pour le chapeau noir des laïques [16] .Pour accomplir les cérémonies du Yasna et du Vendidad, et pour initier d’autres candidats au Nàbar, il faut être Mobed et avoir pris le Marâtib. La cérémonie est d’ailleurs plus simple que celle du Nàbar. Le candidat n’a à subir qu’un seul Barashnùm : puis il accomplit le Yasna un matin, avec un prêtre qualifié. Le même jour ou le suivant, il accomplit le sacrifice des Fravashis ou celui de Srôsh. ”
Delphine Menant, Les Parsis (1898)
“ La Tour est entourée d'un pavi, et dans le puits central appelé Bhandar deux prêtres, pendant trois jours consécutifs, récitent l'office du Yasna au gâh Havan 1 et celui du Vendidad au gâh Ushahin2, en l'honneur de Srôsh, le guide de l'âme pendant les trois jours et les trois nuits qui suivent la mort. Le quatrième jour, qui est celui de l'ouverture de la Tour, on célèbre le Yasna en l'honneur d'Ahura Mazda, puis le Bâj et l'Afringan en celui d'Ahura Mazda, d'Ardâfarosh, de Spandârmat, l'Amshaspand qui protège la terre dont une partie va être occupée par les cadavres, enfin de l'Ized Srôsh. ”
James Darmesteter,
Le Zend-Avesta
“ Le Hâdhôkht 4 [10] est représenté par un chapitre sur l’efficacité de l’Ashem vohû (Yt. XXI) , par un chapitre sur le sort des âmes après la mort (Yt. XXII) , par la Srôsh Yasht Hâdhôkht. (Yt. XI) , par l’Afringân Gâhânbâr 5 [11] , par le Fshûsha-màthra (Yasna LVIII) , par un fragment cité dans le Saddar 6 [12] . Le Yasna même le cite par son nom, Hadhaokhta 7 [13] . Le Spand 8 [14] est consacré à l’histoire de Zoroastre, de sa naissance, de sa mission, de ses conférences avec Auhrmazd, de la révélation ; à la vision qu’il a de l’enfer avec ses châtiments et ses récompenses ”
“ Si le lecteur suit dans notre traduction le rituel gujrati et le compare dans son ensemble avec les indications rituelles du Yasna pehlvi, il trouvera un accord général dans l’ensemble et des divergences considérables dans le détail. La grande différence consiste surtout en ce que le rituel pehlvi, quoique moins étendu, est pourtant plus riche, c’est-à-dire qu’il contient nombre d’opérations inconnues au rituel moderne de l’Inde. La tendance continue des Parsis de l’Inde a été de simplifier et de réduire le rituel. ”
Philippe Berger, Revue des Deux Mondes
“ Le dualisme persan se présente ainsi à nous sous la forme d’une lutte constante du bien contre le mal, qui se poursuit dans le monde des esprits, dans les hommes, dans les animaux, dans les êtres inanimés. Il trouve son expression la plus absolue, mais aussi la plus élevée, dans un passage du Yasna, dans lequel Ormazd révèle à Zoroastre les vingt et une paroles qu’il a prononcées dès avant la création du monde. ”
“ Il consiste en la célébration de neuf Yasnas : six du Minô-nâbar en l’honneur des Yazatas ; les autres en l’honneur, l’un de Srôsh, l’un des Sîrôza, c’est-à-dire des trente génies du mois, le neuvième de Vispéred, c’est-à-dire de tous les Ratus [5] .8o Le Zanda Ravân est un Srôsh Darûn célébré pour le bénéfice d’un vivant, considéré comme en danger de mort. Chaque Parsi doit faire célébrer une fois en sa vie ce service pour le bénéfice de son âme. On le fait généralement célébrer les trois premiers jours de la fête des Férouers [6] .9o Le Hômàst est un multiple du Yasna et du Vendidad. ”
“ Aujourd’hui, dans l’Inde, au lieu d’un Barsom cueilli sur l’arbre pour chaque cérémonie, on se sert de tiges de métal qui servent indéfiniment et que l’on met, une fois lavées, avec tous les autres instruments, dans la grande cuve d’eau, la Kuṇḍî.Pour le Yasna on compte vingt-trois tiges de Barsom, dont vingt et une mises en faisceau sur le Mâbrù : une autre posée sur le vase à jivàm et doit servir à verser le jivàm sur le Barsom ; on l’appelle jivàm tâé « tige de jivàm », zôr tâé « tige de zôhr » ; ou simplement jivàm. ”
“ Les Sanjànas sont les plus anciens et c’est d’eux que dérivent les quatre autres familles ; car Sanjàn [108] est le premier établissement que formèrent dans l’Inde les Parsis fugitifs de l’Iran, et c’est de là qu’ils essaimèrent sur le littoral et dans les terres. Ceux de Nausârì sont les plus nombreux. L’ancêtre commun est un certain Shâpùr, fils de Shahryâr, qui aurait été le grand-père de Nériosengh, le fameux auteur de la traduction sanscrite du Yasna. ”
“ Cérémonies du culte ; Yasna ; Vispéred ; Vendidad ; Yasna-Rapithwin ; Gâhânbars ; Srôsh Darûn ; Âfringân ; Gîlî Khirid ; Zanda Ravàn ; Hômâst. CHAPITRE IV Paragra. Pages. IV. Les huit prêtres de l’Avesta. — Les deux prêtres du rituel moderne (Zôt et Râspî) . — Préparation au sacrifice : le Grand Khôb et le Petit Khôb. IV. Préparation du sacrifice : de l’eau pâdyab ; des tiges de Barsom et de l’Evanghin ; de l’Urvarâm ; du Jîvâm ; du Zôhr ; du Barsom ; du Hôm et du Parâhôm. CHAPITRE V Analyse de Yasna. ”
Conférences faites au Musée Guimet… (1908)
“ Celte révélation n'avait pas été du reste la ZOROASTRE 247 seule; la divinité apprend au prophète l'existence d'une révélation faite à un autre personnage auquel il s'était adressé, mais qui se déroba au périlleux honneur de la faire connaître. (IIe chapitre du Vendidad) . Trois versets du XXe chapitre du Yasna la résument : « Mazda a parlé. — A qui a-t-il parlé? — A l'homme pur, céleste et terrestre. — En quelle qualité a-t-il parlé? — En tant que Seigneur excellent. — A qui s'est-il adressé? — A l'être pur, excellent. » Voyons comment elle va s'accomplir. ”
“ Il relire de la cuve le filtre à neuf trous et le met sur la coupe à jivâm (cf. p. 196) en disant :« Nous sacrifions aux âmes des morts, aux Fravashis des saints. »Alors commence le pressurage du Hôm et de l’Urvarãm, tel qu’il est décrit dans les Hâs XXVII, XXXIII, XXXIV. Le résultat de l’opération est un liquide formé de Hôm, d’Urvarãm, de Zôhr et de Jîvâm et qui est le Parâhôm. C’est ce Paràhôm qui sera bu par le Zôt du Yasna au cours de la célébration du sacrifice (Hâ XI, 9-10) . ”
Delphine Menant, Conférences faites au Musée Guimet… (1910)
“ Puis, en guise de viatique, on fait avaler au mourant quelques gouttes de parahom, la liqueur consacrée pendant l'office du Yasna, en symbole d'immortalité et de résurrection ; on le revêt de l'habit blanchi à la maison tout exprès pour la cirsont cirsont d'autorité, quoique, dans certains cas, elles aien un cachet de naïveté et de sincérité qui n'est pas sans mérite. Pour les rites persaus, comme pour la construction des dakhmas, Anquetil a suivi tes coutumes et s'est reporté aux rivayals. ”
“ Il est difficile de séparer àonhairyêhé de âonhairyô, et il faut faire de l’un et de l’autre un dérivé soit de ah « être », soit de ah « lancer » ; dans un cas àonhairya sera la production, la naissance, dans l’autre l’acte de génération ; et âonhairyô (pluriel de âonhairi ?) signifiera soit « les producteurs », soit « les mâles ». ↑ 23. Voir LV, Introduction, et à l’Introduction générale, Analyse du Yasna. ↑ 24. Voir page 117, note 10. ↑ 25. Ces saints et ces saintes sont les Amesha-Speñtas, mâles et femelles (p. 115, n. 1) . Les Staota yêsnya leur servent idéalement d’aliment, de Myazda. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ « C’est certainement un sujet, et non pas un roi ; sans quoi il ne se lèverait pas comme ça pour quelqu’un qu’il ne connaît pas ! » Et il s’assit sur le siège ; et les rafraîchissements vinrent ; et il but et fut content. Alors il s’enhardit tout à fait, et demanda à la dame des Arabes, Yasmine : « Vous autres, quelle est votre qualité ? » Et elle sourit, et répondit : « Nous sommes des gens riches. » Et, parlant ainsi, elle tourna le couvercle du flacon, et, à l’instant, dix merveilleuses esclaves blanches en sortirent, qui dansèrent aux castagnettes. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Or, Yasmine ne parlait ainsi que parce qu’elle avait une idée. Aussi, quand le roi eut entendu ses paroles, il lui dit : « C’est bien, et la chose est aisée. Car, moi aussi, si tu veux me donner le flacon, je consens à ce que tu me fasses la même chose deux fois au lieu d’une ! » Et la dame des Arabes dit : « Non, deux fois, ce n’est pas assez ! Qu’Allah ouvre la porte du gain ! » Il lui dit : « Alors, viens, et fais-le-moi quatre fois, pour ce flacon-là ! » Elle lui dit : « Bien, lève-toi et entre dans cette chambre, pour cette affaire. » ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et le médecin monta, et examina Yasmine. Puis il descendit, et dit au roi : « Elle n’est pas habituée au séjour des villes, car elle est une fille de la campagne, et sa poitrine se rétrécit par manque d’air. » Et le roi demanda : « Et qu’est-ce qu’il faut faire ? » Le hakim répondit : « Fais lui bâtir un palais sur la mer, où elle pourra respirer le bon air ; et elle deviendra plus belle qu’elle n’était. » Et le roi donna aussitôt l’ordre aux maçons de bâtir un palais sur la mer. Et, lorsque le palais fut achevé, on y transporta la languissante Yasmine, dame des Arabes... ”
“ LE JASMIN DOUBLE Aïcha en a fait un collier qu’elle enroule à son cou, mais son doigt impatient a rompu le fil de soie. Les jasmins se répandent en pluie odorante ; l’un reste pris dans ses cheveux dénoués. l’autre a glissé à terre, un autre est demeuré entre deux seins plus fermes que les chelils du mois d’amardâd. Que ne donnerait Mansour pour être la fleur qui repose dans cette vallée d’amour ! Mais le cœur de la jeune fille est une source non encore épandue, et l’heure n’est point sonnée où des lèvres amoureuses mettront un collier de baisers au cou flexible d’Aïcha. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Alors Yasmine, cette dame des Arabes, prépara aussitôt un plat d’œufs, dans lequel se trouvaient trente œufs et beaucoup de beurre doux, et le remit à son père, avec huit galettes de pain, en lui disant : « Donne cela au voyageur, et dis-lui : « Ma fille Yasmine, dame des Arabes, te salue et te dit que c’est elle qui t’écrira le cachet. Et elle te dit en outre : « Le mois a trente jours à peine, la mer d’aujourd’hui est pleine, et huit jours font une semaine ! » ”
Isabelle Eberhardt,
Contes et paysages
“ T’es tout d’même rien gironde, la môme ! dit un Joyeux, enfant de Belleville exilé en Afrique, qui semblait en admiration devant Yasmina, quand, à son tour, elle descendit dans la salle. Sérieuse et triste comme toujours, enveloppée dans sa résignation et dans son rêve, elle dansait, pour ces hommes dont elle serait la proie dès la fermeture du bouge. Un brigadier indigène de spahis, qui avait connu Abd-el-Kader ben Smaïl et qui avait vu Yasmina, la reconnut. ”
